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5 juin : De retour de Berne
par  Jean-Paul Guisan, le dimanche 5 juin 2005, vu 177 fois

Je suis encore sous le coup. Alors que j’avais bon espoir, et que le score de 57.7% dépasse largement mes attentes, c’est maintenant que j’ai de la peine à y croire. J’étais cet après-midi à Berne, au QG de la campagne, au premier étage du restaurant. Juste dans la salle en-dessous, il y avait le QG du parti radical anxieux quant aux accords de Schengen/Dublin, qui ont passé avec 54.6%. Avant que les résultats ne soient sûrs, je me disais tout le temps que ce serait surréaliste si notre partenariat avait passé et pas les accords Schengen/Dublin.

Je garderai aussi le souvenir cuisant d’une intervention en direct sur la TSR en début d’après-midi depuis ce lieu. Certes, l’émotion étaient programmés, mais en plus, je n’étais absolument pas préparé à parler au milieu d’un tel bruit, d’une telle agitation, sans moniteur, donc sans voir notre Esther nationale au studio à Genève, que j’entendais à peine dans l’oreillette, entendant par contre ma propre voix avec un décalage de quelques fractions de secondes, sans savoir que je hurlais inutilement. On m’a demandé si j’allais me partenarier "dès le lendemain matin". J’aurais voulu pouvoir me tourner vers le principal intéressé, mais il était dans le train Genève - Berne pour me rejoindre. Et de toute façon, il n’aurait pas voulu apparaître à mes côtés, évoluant dans un milieu professionnel où la discrétion est de rigueur. Alors j’ai dit qu’il faudrait peut-être attendre l’entrée en application (entre-temps, j’ai appris que c’était pour le 1er janvier 2007), mais que oui, le partenariat serait une réalité dans ma vie. J’ai aussi dit que le score (45% de oui) du canton du Valais (catholique conservateur) était une bonne surprise, tandis que j’étais déçu que le canton du Jura (catholique frondeur) ait manqué d’accepter le partenariat de quelques 400 voix seulement, et que je pensais au fantastique travail accompli par les équipes locales. Mais l’une de mes premières phrases aura été de dire que j’étais fier de la Suisse. Et cette phrase-là, je suis très heureux d’avoir pu la dire.