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GAY UDC : "Une tumeur qu’il faudra traiter par chimiothérapie (...) Barbara Schwickert sera-t-elle LA première maire de Bienne (...)
A l’UDC, l’ambiance n’est pas « gay friendly »
par  la rédaction, le mercredi 2 juin 2010, vu 484 fois

POLÉMIQUE | La création d’une nouvelle section "Gay UDC" dimanche à Zurich a suscité une vive réaction du jeune UDC valaisan Gregory Logean. Le président des "Gay UDC" lui conseille de se "faire soigner chez un psychiatre local".

La création d’une nouvelle section "Gay UDC" dimanche à Zurich a suscité une vive réaction des jeunes UDC du Valais romand. Leur co-président, Grégory Logean, a dénoncé une "infiltration du lobby homosexuel au sein du parti agrarien". En réaction, le président des "Gay UDC", Beat Feurer, lui conseille aujourd’hui de se "faire soigner chez un psychiatre local".

La psychologie a mis en évidence que les personnes, qui ont des sentiments homosexuels mais les refoulent, ont de vives réactions contre les homosexuels, a expliqué Beat Feurer dans un communiqué publié dans la nuit de mardi à mercredi. Les propos inadmissibles et blessant de Grégory Logean sont peut-être explicables de cette manière, a-t-il ajouté.

Le président des "Gay UDC" a donc demandé à l’UDC Suisse et aux Jeunes UDC du Valais romand de se distancier clairement des propos du jeune co-président. La nouvelle section fondée à Zurich va poursuivre son chemin et réunir les homosexuels qui votent UDC afin de défendre leurs intérêts à l’intérieur et à l’extérieur du parti.

Les propos de M. Logean montrent clairement que des organisations comme les "Gay UDC" sont encore nécessaires aujourd’hui, selon Beat Feurer. Ce dernier se réjouit d’autant plus d’avoir trouvé en Valais un représentant régional et interlocuteur. Il va donc l’inviter à la prochaine assemblée des "Gay UDC" afin de pouvoir battre en brèche ses préjugés.

Source :


La création d’une section gay trouble l’UDC

Pour le leader des jeunes UDC Grégory Logean, il faut éradiquer la « tumeur » GayUDC, créée dimanche à Zurich

Quels propos sont-ils les plus pénibles à entendre ? Ceux de Grégory Logean, coprésident des jeunesses UDC valaisannes qui envisage une « chimiothérapie » au sein du parti pour enrayer la « tumeur » que constitue la section GayUDC créée dimanche à Zurich, comme il l’a asséné avec aplomb à l’antenne de la radio locale Rhône FM ?

Ou ceux du président de l’UDC Valais Oskar Freysinger, qui, depuis son fauteuil de parlementaire fédéral, en plein brouhaha de session au moment des votes, répond au journaliste perplexe sur les excès de langage de son poulain que celui-ci « a en fait tout compris » ?

« Quelqu’un prononce une phrase et on lui cherche des noises, alors qu’on a des membres d’un gouvernement qui se sont comportés comme des nuls (ndlr, dans l’affaire UBS) et qu’il n’y a pas de suites politiques », vocifère le conseiller national pour prouver que le paradoxe est tel, dans cette « coquille vide qu’est devenue la Suisse », qu’on « s’intéresse plus à la forme qu’au fond ».

Autant en profiter : Grégory Logean, un peu effréné parfois, semble tout de même admettre son aîné au catogan, jonglerait habilement avec le système pour prendre la lumière.

Au sein de la communauté homosexuelle, on a plutôt tendance à considérer l’Hérémensard comme un homophobe récidiviste que comme un habile rhéteur. Son goût pour la provocation lui a déjà valu une trentaine de plaintes pénales.

A l’occasion de la Journée mondiale contre l’homophobie il y a tout juste un an, Grégory Logean avait taxé l’homosexualité de « comportement déviant ». Le Tribunal cantonal valaisan a jugé les plaintes irrecevables mais la cause a été portée au Tribunal fédéral.

L’avocat genevois des plaignants, Philippe Currat, garde le cap et continue de parier sur une atteinte à l’honneur. Peut-être les récentes déclarations du fougueux agrarien amèneront-elles de l’eau à son moulin. Me Currat promet de les joindre au dossier pour illustrer « le caractère systématique et généralisé de ses attaques ».

Des attaques qui, selon lui, « tendent à la persécution et laissent sous-entendre une volonté d’éradication » au point « qu’on se rapproche dangereusement d’un autre crime » – inconnu du droit suisse pour le moment mais sur lequel les Chambres fédérales se pencheront prochainement –, à savoir « le crime contre l’humanité ».

A ce stade, l’emballement de l’homme de loi contraste nettement avec la résignation des principaux intéressés, les membres de GayUDC. Beat Feurer, fondateur de la section, qui n’avait pas encore eu vent hier des propos du coprésident des jeunesses valaisannes, a d’abord hésité entre « les rires et les pleurs » en les apprenant. C’est le dépit qui a tranché.

« Je doute que Grégory Logean soit vraiment pris au sérieux en utilisant un langage pareil, même au sein de l’UDC. C’est presque ridicule. C’est peut-être même porteur pour nous », confie-t-il au Temps. Pas de quoi en tout cas justifier une contre-attaque, ni pénale ni politique pour le moment, « ou alors c’est le comité qui se prononcera. »

Il y a, à vrai dire, peu de chances que l’épisode ait des répercussions de nature politique au sein de l’UDC nationale, précisément parce que « GayUDC n’est pas reconnu par l’UDC Suisse », se félicitent Oskar Freysinger et Grégory Logean, fraîchement rassurés par le secrétariat central. Les premiers assurent pourtant qu’ils déposeront leur candidature auprès du comité central mais que « rien ne presse. »

Gregory Logean ne retire pas ses propos. Au contraire, il les clarifie : « GayUDC s’est constitué dans le seul but de mettre en avant l’idéologie homosexuelle, le mariage homosexuel et l’adoption par des couples homosexuels. Or, cela va à l’encontre des valeurs de notre parti, dernier rempart qui protège la famille traditionnelle. Cette attaque de l’intérieur est une trahison. »

Il planche également sur une « chimiothérapie » appropriée : « Retirer à ce groupe indépendant le logo UDC qui est une marque de qualité et de ligne politique claire. »

Source : Xavier Filliez pour Le Temps