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Société
Le culte du sexe est-il soluble dans le pacs ? Courriels des lecteurs Pride 04 : Alerte rose sur la (...)
Alerte rose sur la ville

La Pride diluée dans un fourre-tout ?
par  Steve , le lundi 2 février 2004, vu 256 fois
Tags : - Genève - GayPride

La couleur de la prochaine Pride, qui se déroulera du 5 au 11 juillet à Genève, est désormais connue. C’est en effet le rose qui «  donnera le ton de la manifestation », écrivent les organisateurs dans un courrier envoyé aux divers lieux et associations gay, bi et lesbiens de Suisse romande. L’alerte rose, y est-il encore précisé, sonnera un appel urgent à l’optimisme, au partage et à la fête, à une époque difficile sur les fronts de la sécurité, de l’emploi et de l’économie. On doit y lire une volonté de dépasser le discours communautaire et de rassembler bien au-delà. La Pride est-elle appelée à perdre son âme ?

De Delémont, la Gay Pride était déjà revenue dépouillée de son épithète, abandonnée à la grande satisfaction des lesbiennes qui, suivant la même logique que le rejet du masculin générique, ne se sentaient pas pleinement visibles dans cette désignation. Faisant fi du fait que, en anglais comme en français, gay désignait à l’origine aussi bien les femmes que les hommes, les organisateurs avaient ainsi rebaptisé la manifestation, mais s’étaient refusés à la franciser en « Marche des fiertés », comme à Paris.

Genève devait forcément faire mieux. Innover davantage. Elle avait même pour objectif inavoué de devenir un modèle pour les manifestations futures. Après moult cogitations, le résultat est à la hauteur des ambitions, puisque changement radical il y aura. Mais est-ce vraiment pour le mieux ? Si « Alerte rose sur la ville », qui n’est « un slogan, ni un mot d’ordre » (quoi alors ?), a le mérite de renouer symboliquement avec la dominante paillettes et drag queens des débuts du mouvement, ces dernières risquent d’être bien seules dans une manifestation qui veut réunir tout ce que Genève compte de mouvements plus ou moins assimilables : « mouvements anti-racistes, collectifs culturels, scènes artistiques, courants politiques, communautés religieuses et minorités en tout genre », c’est toute la Genève internationale et alter-quelque chose qui est ainsi invitée à sortir du placard pour « combattre la morosité ambiante à travers la création, la dérision et l’impertinence ». José Bové, l’abbé Pierre et Tariq Ramadan ont-ils eux aussi été conviés, aimerait-on demander si l’on ne craignait d’être un brin trop impertinent...

Les organisateurs font le pari d’associer tout ce petit monde à la Pride 2004. S’ils réussissent, ce qu’on ne peut que leur souhaiter au vu des efforts déployés, espérons que gays, lesbiennes, bi, trans et travestis y trouvent aussi leur compte et ne soient pas récupérés par des mouvances avec qui ils ont certes des points communs, mais aussi des différences. Gageons qu’il sera malgré tout possible de trouver un équilibre et que la population ne croira pas à un énième défilé de jeunes arborant des drapeaux PAIX/PEACE/PACE...