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Amnesty International dévoile
un panorama mondial peu réjouissant
par  Frédéric Gloor, le jeudi 9 octobre 2003, vu 217 fois

Régression en Indonésie, répressions en Égypte, refus de décriminaliser en Inde, agressions en Ukraine et le triste sort des homos palestiniens sont au menu de ce petit panorama mondial peu réjouissant.

Le Ministère de la Justice indonésien veut punir de 12 ans de prison toute personne convaincue d’actes homosexuels. Le plus grand État musulman au monde cherche à modifier ses lois pour qu’elles reflètent mieux les sensibilités tribales et musulmanes. Les amendements envisagés touchent également les hétérosexuels, puisque proposition a été faite pour que la sodomie et le sexe oral soient punissables de 3 à 12 ans de prison. Il en serait de même pour les hommes qui engrossent une femme et refusent de les épouser dans un délai de 5 ans.

Tout le monde se souvient de l’Affaire des 52 Égyptiens arrêtés sur le Queen Boat au Caire. Le 28 août dernier, ce sont 62 hommes « présumés homosexuels » qui auraient été arrêtés à Qasr el Nil, lieu réputé pour sa drague nocturne au Caire. Contrairement aux « 52 », qui s’étaient vu jugés en une seule affaire, il semblerait que les 62 hommes aient reçu chacun un numéro de dossier au terme de trois jours de détention. Les audiences devraient avoir lieu à la fin de l’année. À noter que la presse locale reste muette sur le sujet.

En Égypte encore, le chef de l’Église orthodoxe, Chenouda III, a confié lors d’un entretien dans le magazine gouvernemental que « Les homosexuels sont des impudiques qui clament haut et fort leur homosexualité, s’en enorgueillissent et réclament des droits en tant qu’homosexuels. Ils sont prêts à s’en prendre à toute personne qui n’est pas de leur avis, et il était nécessaire que nous nous opposions à eux. »

Il était question que le gouvernement indien décriminalise l’homosexualité. Il n’en sera certainement rien. Dans un document remis à la Cour suprême, le gouvernement explique que « la société indienne ne tolère pas les pratiques de l’homosexualité et du lesbianisme » et que par conséquent, aucune dépénalisation ne peut être à l’ordre du jour. Plusieurs associations demandent depuis de nombreuses années l’abrogation de l’article 377 du Code pénal, qui punit les relations contre-nature. Si cet article mentionne clairement l’homosexualité, il n’est en réalité que rarement utilisé et sert principalement à punir les violeurs et les pédophiles (sic).

Le 21 septembre dernier, le Centre gay et lesbien de Kiev et le magazine gay ukrainien tenaient un stand lors d’une foire organisée sous l’égide des Nations Unies. Vers midi, un groupe d’une vingtaine de personne vêtues de noir ont agressé d’abord verbalement et grossièrement avant de chercher à détruire le stand. Peu après, une manifestation s’est mise en route : « Mettez le feu aux pervers » ; « Les gays méritent le sida » figuraient dans les slogans de cette violente protestation. La police a indiqué que la manifestation avait reçu une autorisation officielle, or cette incitation à la haine tombe sous le coup de l’article 161 du code criminel. « En autorisant cette action de protestation, l’État ukrainien s’est fait le complice tacite de l’homophobie et de l’hostilité envers les gays et les lesbiennes » a déclaré Andriy Maymulakhin, coordinateur du Centre gay et lesbien de Kiev.

A Tel Aviv, le sort des gays palestiniens ne tient qu’à un fil. Constamment sous la menace d’un rapatriement forcé en tant qu’immigrants illégaux ou parce que la police les considère comme un danger à la sécurité d’Israël, ils risquent leur vie en cas de retour en Palestine. « L’homosexualité, crime contre-nature, peut facilement être perçue comme un crime contre la nation », affirme Hassan Eid, membre d’une association des droits de l’homme en Palestine. Trois à dix ans de prison menacent ceux qui pratiquent la sodomie, mais ce sont les familles qui sont les plus dangereuses : bon nombre ont déjà battu à mort le fils gay. Les couples israëlo-palestinien vivent de véritables calvaires. Fait rare, un couple a obtrenu d’émigrer au Canada.

source : Homosexualité et Droits Humains, Amnesty International