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Beat Feurer (UDC) :
« Les homos ne sont pas tous de gauche »
par  la rédaction, le mercredi 12 mai 2010, vu 698 fois

L’expert fiscal présidera l’aile homosexuelle de l’UDC. Comment peut-on prôner la famille traditionnelle quand on est pacsé ?

Le sigle UDC dans les couleurs de l’arc-en-ciel... Ce logo gay, emblème de l’association fondée par l’expert fiscal Beat Feurer, fait tousser plus d’un ténor du parti agrarien. « Les homos ne sont pas tous de gauche ! » justifie le quinquagénaire biennois. Le parti qui défend la famille traditionnelle aura prochainement une aile homosexuelle. Son président sera élu le 30 mai au Volkshaus de Zurich. Y aura-t-il un mouton gay sur les affiches ?

« Pour Christoph Blocher, la liberté individuelle est primordiale », suppose Beat Feurer, pressenti pour présider Gays dans l’UDC. Il feint d’ignorer le veto des ténors du parti, mais Gays dans l’UDC est une structure indépendante, pas une section du parti. « Je ne peux que secouer la tête », écrit un internaute déçu. Ambiance...

Tiré à quatre épingles, le Bernois Beat Feurer tient plus du Neuchâtelois Yvan Perrin que du Valaisan Oskar Freysinger. Il sait que le Valaisan s’oppose aux « groupes parallèles à l’intérieur du parti », surtout quand ils sont favorables au droit d’adoption pour les couples homosexuels... Mais il veut croire que « son cœur est ouvert ». Taxé d’homophobie, le Valaisan Grégory Logean est allé encore plus loin. « Je m’oppose à la banalisation de l’homosexualité », a-t-il déclaré. Mais le nom du président des Jeunes UDC du Valais romand ne dit rien à l’Alémanique Beat Feurer. Et la réticence du parti ne fait que renforcer sa conviction : « C’est précisément à l’UDC qu’il faut s’engager pour changer les mentalités. »

Côté homo, Beat Feurer admire la trajectoire de l’écologiste Bernard Pulver, ministre le mieux élu du gouvernement bernois. Mais il ne veut pas se simplifier la vie en changeant de parti. « Je partage les thèses UDC sur l’immigration ou la sécurité. » Ce qui ne l’empêche pas de prendre une famille tamoule sous son aile depuis l’époque lointaine où il travaillait dans un centre de requérants d’asile.

Quand il était engagé dans l’Église évangélique libre, Beat Feurer a bridé sa sexualité. Son entourage ne l’a pas aidé à libérer sa parole : « Je ne veux plus en entendre parler ! » lui a répondu son père, en apprenant son homosexualité. Son coming out, Beat Feurer l’a osé quand il avait 45 ans : « Mon seul regret est de ne pas l’avoir fait plus tôt. » Pacsé avec son compagnon alors que son parti s’est opposé à la loi sur le partenariat, il vit dans une superbe villa de briques rouges, à l’ombre d’un arbre cinq fois centenaire.

  • Statut revendiqué

Son statut, il le revendique : « Pacsé ou marié, je ne vois pas la différence. » L’adoption ? Il n’y pense plus à son âge : « Je pourrais l’imaginer si j’avais 20 ans, mais vous savez bien que légalement c’est impossible. »

L’expert fiscal a signé l’initiative « pour les familles », qui prône des avantages fiscaux égaux pour les parents qui gardent eux-mêmes leurs enfants et ceux qui les placent dans des crèches. Comment promouvoir la famille traditionnelle quand on est pacsé ? Papa au travail et maman à la cuisine, c’est un modèle qu’il n’a pas connu : ses parents ont divorcé quand il avait 5 ans. « On peut s’accommoder d’une famille recomposée, mais l’État ne doit pas la favoriser », dit-il.

Son idéal, c’est une famille unie, dans une relation « forte et stable ». « C’est mieux pour les enfants », dit-il. En prenant soin de préciser qu’à l’UDC « toutes les femmes ne sont pas à la cuisine ». A ceux qui voient une contradiction entre son discours et son vécu, Beat Feurer renvoie une question qui fait mouche : « Voulez-vous que j’épouse une femme que je ne peux pas aimer ? »

Source : Le Matin.ch

Image : Alain Germond