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Société
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Buju Banton
en concert en Suisse
par  Frédéric Gloor, le samedi 17 juin 2006, vu 264 fois
Tags : - Homophobie - Musique

Bien que Banton se soit engagé à ne plus servir de contenus homophobes, ses apparitions sur scène engendrent des controverses. Le concert du musicien jamaïcain prévu pour le 24 juin à la Berner Reithalle aura finalement lieu au National. Les organisateurs s’engagent non seulement à ce qu’aucun débordement homophobe ne puisse avoir lieu, mais aussi à collaborer avec Pink Cross en vue d’un forum de discussion entre les amateurs de reggae et les gays.

En début de semaine dernière, l’organisateur, Gideon-Production, avait appelé PINK CROSS à l’aide, après que la perspective d’une opposition massive soit devenue très sérieuse - une opposition que les gens à l’intérieur de la Reithalle elle-même n’étaient pas les derniers à alimenter. En coordination avec l’ organisation suisse des lesbiennes - LOS et l’Arbeitsgruppe Bern - HAB, PINK CROSS a étudié la proposition de l’organisateur, à savoir d’être présent au concert avec un stand d’information.

De Buju Banton lui-même, on a cette déclaration faite en 2004 :

"Comme pour chaque réalisateur de film normal qui montre de la violence dans ses films, mon intention n’est pas que des actions contenues dans mes textes soient exécutées à la lettre par la public. Ni moi-même, ni ma musique, ni mes textes ne veulent y inciter ou exciter quiconque dans ce sens, de même que je ne suis pas pour le meurtre ou le fait de battre à mort des innocents simplement parce qu’ils seraient différents d’une manière ou d’une autre."

"En tant qu’artiste, je tiens cependant au droit, dans une société démocratique, d’exprimer mon art sous la forme qui me semble appropriée. Comme toute personne libre, je respecterai le droit de vivre, le droit à la liberté d’expression et la liberté pour tous, et je me bats pour ces droits."

Position de PINK CROSS

Des artistes de music-hall renommés, parmi lesquels Buju Banton, et de grandes organisations lesbigaies américaines et britanniques, se sont mis d’accord en 2005 pour que les artistes n’amènent plus de contenus homophobes sur scène. En contrepartie, les organisations renoncent à poursuivre des campagnes contre les concerts.

PINK CROSS serait prêt en tout temps à soutenir un musicien injustement diffamé, et même à prendre position officiellement en sa faveur. Toutefois, les documents auxquels nous avons accès actuellement laissent penser que ce sont des motifs essentiellement commerciaux qui ont amené à la conclusion de l’accord mentionné ci-dessus.

PINK CROSS est extrêmement intéressé à avoir des contacts qui pourraient améliorer la situation. Et ce, pas seulement parce que nous sommes par la nature des choses contre toute sorte de discrimination et d’intolérance, mais aussi parce que nous reconnaissons pleinement la culture musicale jamaïcaine et ses fans dans le monde entier, une culture pour laquelle nous avons un grand respect.

PINK CROSS : « Nous remercions l’organisateur d’avoir pris contact avec nous et nous le remercions en particulier de nous avoir proposé d’être présent au concert avec un stand d’information, au lieu de poursuivre la polémique. »

FG + un communiqué de Pink Cross


La prestation sur scène bernoise de Buju Banton du 24 juin aura quand même lieu. Le Swiss Reggae Splash a été déplacé de la Reithalle au National.

L’invitation faite aux organisations gaies et lesbiennes de tenir un stand demeure inchangée.

En outre, l’organisateur, Gideon Production, propose une large discussion pendant cette semaine. Il s’engage, en collaboration avec la Reitschule de Berne, Reggae.ch et tous les autres groupes, à mettre sur pied ces prochains jours un forum et démarrer différentes actions, qui vont contribuer à l’information et à la sensibilisation.

En plus de cela, l’Organisation PINK CROSS est invitée à tenir un stand au Swiss Reggae Splash.

Les organisateurs du concert se partent garants de ce qu’aucune représentation homophobe n’ait lieu pendant l’événement. « Nous ne voulons en aucun cas faire de la provocation, mais, au contraire, comme nous l’avons mentionné, favoriser la communication et nous assurer que ni du côté des homosexuelle-s, ni du côté des fans et des musiciens de reggae, on puisse tolérer sans mot dire la moindre discrimination. »