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Suisse & Romandie
Homos et hétéros, tous à l’Oblò ! Coming Out Day 2009 - 2/3 Église : l’un et le multiple
Coming Out Day 2009 - 1/3
Prayers for Bobby
par  Florent - Vogay, le dimanche 18 octobre 2009, vu 325 fois
Tags : - Cinéma - Coming Out Day - 11 octobre - Suicide - Coming-out

Dans le cadre du Coming Out Day, les associations faîtières Pink Cross et LOS ont coordonné une soirée Ciné/Débat dans une ville de chacun des 6 cantons romands avec le concours des associations LGBT locales (Juragai, Sarigai, HappyGays, Alpagai, la Fédération Genevoise des associations LGBT , ainsi que Vogay, Lil !th et Plan Queer.

Mais qu’est-il possible d’en retirer ?

 Un public nombreux et cosmopolite.

J’ai pu assister à deux de ces soirées, à Lausanne puis à Neuchâtel. Dans les deux cas l’évènement a été un franc succès et les échos que j’ai pu avoir m’indiquent qu’il en a été de même dans les autres villes.

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Oblò - Lausanne

ou comment placer 120 personnes dans une salle de 60 places.

Certes la majorité de l’assistance était constituée d’homosexuelLEs mais il était aussi possible d’y rencontrer des hétéros de tous les âges. Le plus souvent il s’agissait de parents ou d’amis de LGBT mais aussi de personnes simplement venues s’informer.

Cet objectif de l’évènement semble donc avoir été atteint.

 Un film entre rire et larme.

Après une brève introduction, les soirées ont réellement débuté par la projection du film Prayers for Bobby (curieusement traduit en France par Bobby seul contre tous ).

La première partie du film a été égrainée par les rires de l’auditoire. Il faut dire que la présentation des personnages était l’occasion d’évoquer tous les préjugés, même les plus grotesques, vis-à-vis des homosexuels ainsi que les réactions des membres de cette famille très croyante suite au coming out du fils puîné.

Certes l’histoire se déroule à la fin des années 1970 / début des années 1980, mais certaines situations n’ont pourtant pas manqué de faire écho à ce qu’ont eux-mêmes vécu certaines personnes présentes dans la salle.

Tous les stéréotypes y passent, chacun tendant à démontrer qu’un jeune homosexuel est forcément différent de ses camarades. Efféminé, maniéré, rêveur, il est plus intéressé par le cinéma et la littérature que par le sport. Les homosexuels, vêtus de tenues trop courtes et trop moulantes, passent leurs soirées à errer dans des bars glauques ou les toilettes publiques et à racoler les adolescents pour avoir des rapports sexuels aussi compulsifs que bestiaux (dans le sens zoophile du terme). L’homosexualité est à la fois un péché qui condamne à l’enfer et une maladie contagieuse contre laquelle il faut lutter par tous les moyens.

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D’après l’une de ses sœurs, Bobby, archétype du “garçon parfait” studieux et aimant, avait toujours été le “chouchou” de la famille et de sa mère en particulier dont il était très proche. Pourtant, suite à l’annonce de son homosexualité, il a du jour au lendemain été vu comme un pécheur et un malade. Sa mère fera tout pour le “guérir” (sic). Par la religion principalement mais également en recourant à une psychiatre qui expliquera que l’homosexualité est une pathologie due à un père absent et une mère castratrice (sic).

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Mary Griffith offrant une Bible à Bobby

Pendant des mois, Mary Griffith va tout faire pour ramener son fils dans le droit chemin : randonnée entre hommes avec son père et son frère, rendez-vous arrangés avec un « maximum de filles », participation à un groupe de paroles de jeunes chrétiens mais surtout rabâchage systématique d’extraits de la Bible. Tout cela développe chez Bobby un sentiment de honte et de culpabilité. Culpabilité car il entend sans cesse que l’homosexualité est un choix et qu’il doit tout faire pour ne pas succomber à “sa nature déviante et pécheresse” (sic). Bobby s’enfonce alors peu à peu dans la déprime, renonçant à tous ses projets d’études universitaires pour devenir écrivain.

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Bobby et David

C’est alors qu’une porte de sortie s’ouvre devant Bobby en la personne de sa cousine. Cette dernière lui permet le temps d’un été de quitter sa petite ville de Walnut Creek (nord de la Californie) et de s’extraire de la pression sociale et familiale. La ville de Portland (Oregon) sera une révélation pour Bobby, en particulier grâce à sa rencontre avec David. Ce jeune homosexuel bien dans sa peau et parfaitement accepté par sa famille permettra à Bobby de comprendre que l’homosexualité n’est pas un choix et encore moins une condamnation et qu’il lui est parfaitement possible d’être heureux comme il est et que nul n’a le droit de lui dire le contraire.

Fort de ces nouvelles certitudes et de la conviction du soutien de son compagnon, Bobby décide d’affronter sa mère. Il lui annonce qu’il a rencontré quelqu’un : un garçon, qu’il aime et qui l’aime. Mais le rejet n’est que plus brutal, jusqu’à la phrase fatidique :« Je ne veux pas d’un fils gay ». Face au rejet de sa mère et à l’omerta que celle-ci impose au reste de la famille, Bobby retombe dans la mélancolie et fuit à Portland pour y rejoindre celui qui est désormais son seul soutien.

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Le suicide de Bobby

Mais un soir, Bobby broie du noir et ne parvient pas à joindre David au téléphone. Lorsqu’il surprend ce dernier sortant d’un bar avec un autre garçon, il se sent non seulement trahi mais également privé de la dernière chose qui le raccrochait à cette vie. Il décide donc d’en finir avec cette souffrance et se jette d’un pont au dessus de l’autoroute.

La famille Griffith est anéantie par la nouvelle. Mary éprouve alors une très grande culpabilité et un besoin irrépressible de comprendre. Comprendre ce qui est arrivé à son fils et surtout comprendre pourquoi Dieu a laissé les choses en arriver là. Elle va alors entièrement remettre en question tout ce que lui ont appris sa mère et son église, tout ce en quoi elle a toujours cru envers et contre tout.

Elle découvre d’abords le journal intime de Bobby qui lui permet de prendre conscience de toute la souffrance qu’a pu éprouver son fils, incapable de changer conformément au désir de sa mère et au sien.

Elle fera ensuite la rencontre d’un pasteur qui lui proposera une lecture toute différente de la Bible, bien plus actuelle que ce qu’elle avait pu entendre jusque là.

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Mary Griffith parmi les parents de PFLAG lors de la GayPride de San Francisco

Enfin, grâce à l’association PFLAG, elle fera la connaissance d’autres parents d’homosexuels. Des hommes et des femmes qui ont été confrontés à la même situation, qui ont éprouvé les mêmes doutes et ce sont posés les même questions mais qui ont eux réussi à voir au-delà et à accepter leur enfant tel qu’il est.

Mary finira par comprendre que l’homosexualité n’est pas un choix et que dieu aime tous les Hommes, comme ils sont.

Malheureusement, il est trop tard pour Bobby. Mary Griffith décide alors de s’engager afin de sauver tous les autres Bobby. Tous ces jeunes homosexuels qui envisagent la mort comme la seule issue à leurs souffrances.

Mais le film n’était qu’une introduction. Après les applaudissements et après avoir essuyé les dernières larmes, la soirée s’est poursuivie par un échange entre le public et divers intervenant (parents, enseignants, pasteurs, membres d’association...).

 Coming Out Day 2009 - 2/3 : Église : l’un et le multiple

 Coming Out Day 2009 - 3/3 : Famille & Ecole : il reste beaucoup à faire.