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Conférence mondiale
sur la recherche vaccinale
contre le Sida
par  la rédaction, le mercredi 21 octobre 2009, vu 229 fois
Tags : - France - SIDA - VIH

La conférence Aids vaccine 2009 se déroule jusqu’au jeudi 22 octobre à Paris réunissant 1100 chercheurs et spécialistes du monde entier...

Sous l’égide de l’Agence nationale de recherche sur le sida et les hépatites (ANRS) et de la Global Hiv Vaccine Enterprise, les plus grands spécialistes mondiaux dans la recherche vaccinale contre le VIH se réunissent depuis ce lundi 19 octobre à Paris pour 4 jours d’échanges sur leurs travaux. La conférence est présidée par Jean-François Delfraissy, directeur de l’ANRS, et co-animée par Françoise Barré-Sinoussi, prix Nobel de médecine 2008 et son collègue, le Professeur Yves Levy.

En prélude à la conférence, l’ANRS avait convoqué la presse, mardi dernier, pour sensibiliser sur les enjeux de cette rencontre : état des recherches en cours mais aussi nécessité du financement de la recherche vaccinale.

Ainsi, les chercheurs vont revenir en détail sur l’annonce faite le mois dernier par une équipe de chercheurs américains et thaïlandais relative à des résultats encourageant d’un candidat vaccin préventif contre le Sida. Ils vont également revenir sur l’arrêt en 2007 d’un essai conduit par le laboratoire Merck sur un candidat vaccin contre le VIH. On se résignait alors en partie à ce qu’un vaccin préventif puisse un jour être trouvé. Cet échec largement commenté lors de la dernière conférence mondiale contre le Sida qui se tenait à Mexico avait conduit à un appel à un retour à la recherche fondamentale, les chercheurs estimant comme plus probable la découverte d’un vaccin à visée thérapeutique, bloquant les effets du virus sur l’organisme, qu’un vaccin préventif empêchant la contamination même. Avec les résultats thaïlandais, comme ceux très préliminaires évoqués hier, d’un candidat vaccin contre le VIH testé en Tanzanie, il ne faudrait pas revenir aux annonces médiatiques et autres surenchères scientifiques sur le sujet.

Concernant l’essai tanzanien, Britta Wahren, professeur émérite à l’Institut Karolinska de Suède, a déclaré hier penser « que notre vaccin pourrait assurer une protection allant jusqu’à 50% » mais la faiblesse du corpus d’étude (60 policiers tanzaniens volontaires) comme la précocité de l’annonce doivent amener à la plus grande prudence.

Du côté français, la recherche vaccinale souffre d’un manque de moyens comme l’a affirmé Jean-François Delfraissy : « Nous manquons de budget pour porter les projets et souhaitons aborder 2010-2011 dans de meilleures conditions financières ». Au niveau international, les mêmes inquiétudes sont exprimées par Peter Piot, responsable de l’Institute for Global Health de l’Imperial College à Londres : « De nombreux pays coupent les budgets, l’intérêt pour la lutte contre le sida diminue alors même que nous avons de vrais résultats, avec quatre millions de personnes bénéficiant d’une thérapie antirétrovirale et des succès dans la prévention ».

La seule et véritable annonce est l’affirmation par Jean-François Delfraissy que « Nous n’avons pas le vaccin contre le VIH » et qu’au regard des 25 années de recherche écoulées, il se peut toujours qu’on ne l’ait pas avant de nombreuses années encore même si des dizaines d’essais de vaccins sont en cours dans le monde.

Rien qu’en 2007, on estime à 2,5 millions le nombre de nouvelles contaminations de par le monde et 2,1 millions de décès dû au VIH pour cette même année 2007. Plus de 33 millions de personnes seraient actuellement séropositives et 25 millions de personnes sont décédées des suites du Sida depuis l’apparition de la pandémie.

Pour plus d’information vous pouvez consulter le site de la conférence.

Source : Citégay


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Têtu.com : Vaccin anti-VIH : les chercheurs au taquet

La conférence Aids Vaccine 2009 s’est ouverte hier à Paris. Dans un contexte où beaucoup craignent de manquer d’argent, des chercheurs tentent d’attirer l’attention. Une équipe suédoise a ainsi annoncé hier des résultats positifs pour un projet de vaccin testé en Tanzanie.


Des chercheurs suédois ont annoncé hier des résultats préliminaires positifs pour un vaccin contre le VIH testé en Tanzanie. Une annonce faite, avec deux jours d’avance sur le programme prévu, dans le cadre de la conférence internationale sur le vaccin contre le virus du sida, Aids Vaccine 2009 qui réunit actuellement 1100 chercheurs à Paris. « Nous pensons que notre vaccin pourrait assurer une protection allant jusqu’à 50% », a déclaré la chercheuse Britta Wahren, professeur émérite à l’Institut Karolinska de Suède. Un précédent vaccin testé sur des Thaïlandais diminuait d’un tiers les risques d’infection par le virus du sida. Hivis, le vaccin suédois, a été testé sur 60 policiers en Tanzanie. Il inclurait des souches plus diverses du virus –d’Europe, d’Afrique, des États-Unis et d’Asie– et assurerait une protection plus large.

Test à petite échelle

Mais, attention : ces essais ne visaient pourtant qu’à estimer la tolérance du vaccin et sa capacité à entraîner une réaction du système immunitaire. Rien ne prouve encore sa capacité réelle à protéger du virus. Le professeur Jean-François Delfraissy, directeur de l’ANRS , a fait valoir qu’il s’agissait « d’une étude de phase 2 menée auprès de 66 personnes, à petite échelle ». Britta Wahren n’a pas publié les résultats de ses travaux. Elle ne cache pas son manque de moyens pour mener un test à grande échelle. « Nous n’avons pas encore le financement pour ça. Mais nous espérons l’obtenir quand nous aurons présenté nos résultats. » La suite, ce sera donc… demain mecredi, jour où la chercheuse suédoise dévoilera l’ensemble de ses résultats devant ses pairs.

Mardi dernier, lors d’une conférence de présentation d’Aids Vaccine, le professeur Yves Lévy, en charge des vaccins à l’Agence nationale de recherche contre le sida (ANRS ) avait expliqué l’existence « de tests de candidats vaccins à l’innocuité garantie ». Ce spécialiste avait précisé que certains d’entre eux s’apprêtaient à être testés à grande échelle. Précisons qu’un candidat vaccin peut devenir un vaccin après vérification de son efficacité protectrice. Dans le cas du VIH, l’approche actuelle privilégie deux types de candidats vaccins. Les premiers, à ADN, sont conçus pour apprendre au système immunitaire à reconnaître un fragment du virus, leurs composés actifs ne sont pas des antigènes purifiés. Les seconds sont des candidats vaccins à vecteur recombinant : les virus utilisés comme vecteurs sont privés de leur capacité à proliférer ou sélectionnés pour leur innocuité. Prudente, Françoise Barré-Sinoussi jugeait, mardi dernier qu’il fallait « trouver de nouveaux marqueurs de l’efficacité des candidats-vaccins », incitant les chercheurs à rester humbles et à travailler. « Nous avons encore beaucoup à apprendre sur la réponse protectrice d’un vaccin », ajoutait le prix Nobel de médecine français.

Un climat d’inquiétude

Le président de l’ANRS , Jean-François Delfraissy, s’était quant à lui montré très clair : « Nous manquons de budget pour porter les projets et souhaitons aborder 2010-2011 dans de meilleures conditions financières. » Cette inquiétude a été soulignée hier, lors de la conférence introductive par Peter Piot, responsable de l’Institute for Global Health de l’Imperial College à Londres. Il s’est dit très soucieux de l’impact de la situation financière : « De nombreux pays coupent les budgets, l’intérêt pour la lutte contre le sida diminue alors même que nous avons de vrais résultats, avec quatre millions de personnes bénéficiant d’une thérapie antirétrovirale et des succès dans la prévention », a-t-il déclaré. Il a pointé du doigt la politique des pays riches : « Le sauvetage des banques a montré qu’il y a de l’argent, beaucoup d’argent, quand on en a besoin. »

Source : Têtu.com


Têtu.com : Dans les coulisses de la conférence Aids Vaccine 2009

Si la plus grande conférence jamais organisée sur le vaccin contre le sida attire tous les regards, c’est parce qu’elle offre un état des lieux de la recherche, en évitant toute annonce prématurée. TÊTU a recueilli les impressions des participants.

À la veille de la clôture du congrès, les chercheurs ont continué aujourd’hui de partager leurs travaux, au rythme d’une présentation toutes les vingt minutes, de 8h30 à 18h30. 1.100 chercheurs ont fait le déplacement et un guide de 300 pages résume les interventions. Les journalistes, majoritairement étrangers, sont plus de 70 et on pourrait presque croire que le sida intéresse à nouveau la presse. Michel Sidibé, directeur exécutif d’Onusida a prononcé un discours magistral où il évoquait l’espoir comme moteur personnel, avant de féliciter les chercheurs qui ont donné « à la riposte au sida une impulsion immense ». Il a rappelé aussi que « l’histoire de l’épidémie de sida se distingue par une longue et riche tradition d’activisme scientifique ».

  • Refus des effets d’annonce

Président de l’Agence nationale de recherches sur le sida, le professeur Jean-François Delfraissy, qui préside aussi la conférence, a une fois encore refusé de jouer les experts en prospective financière. Pas question pour lui d’indiquer une somme qui servirait à trouver un vaccin. « Nous manquons d’argent, mais ce n’est pas qu’une question d’argent. Nous avons besoin d’idées, et notre milieu doit faire preuve d’ouverture. »

Au passage, Têtu l’a interrogé sur la Une de l’hebdomadaire L’Express de jeudi dernier (« Sida, enfin le vaccin ») et sur les certitudes du professeur Jean-Claude Chermann étalées à l’intérieur du magazine. « Pas de commentaires », a-t-il indiqué, avant de regretter les multiples effets d’annonce de la part de nombreux scientifiques. L’annonce d’un essai suédois mené en Tanzanie sur un tout petit groupe paraît décidément relever davantage de la course au budget que du respect des normes scientifiques, où l’on réserve le résultat de ses travaux à ses pairs, afin d’avancer ensemble.

  • L’avis des experts

Françoise Barré-Sinoussi, co-présidente de la conférence, a jugé pour sa part que l’objectif du congrès, dédié à certains aspects de la recherche fondamentale utiles à la recherche vaccinale, était atteint. Des travaux sur la réponse immunitaire après l’infection, ainsi que sur les cellules dendritiques et l’adénovirus ont soulevé un grand intérêt. Les cellules dendritiques ont une particularité ; elles « expriment » un large éventail de protéines permettant de détecter la présence de pathogènes. Elles font partie des cellules présentatrices d’antigène, une substance étrangère à l’organisme capable de déclencher une réponse immunitaire visant à l’éliminer (la substance, pas l’organisme). « C’est une nouvelle voie de recherche, un élément-clé pour moduler la réponse immunitaire dans la bonne direction », a commenté Jean-François Delfraissy.

Les adénovirus contiennent de l’acide désoxyribonucléique. Ils entraînent l’apparition d’infections bénignes mais graves quand l’immunité est affaiblie. Le président de l’ANRS a aussi évoqué les progrès technologiques en matière d’imagerie et l’hypothèse d’une « union des forces » avec les équipes qui cherchent de meilleurs vaccins contre la tuberculose, cause de millions de décès par an et souvent associée au sida dans les pays pauvres. En ce qui concerne les essais en phase 3 (c’est à ce stade que l’on compare le vaccin à un placebo), il a cité un seul essai à grande échelle. Mené par HIV Vaccine Trials Network, il vient de débuter et se terminera fin 2010.

Source : Têtu.com