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Littérature
« Je suis gay ... et alors ? » de Sébastien Jubin Nicolas Verdan reçoit le « Prix du public de la RTS » pour Le (...)
D’ombres et de lumières
d’Olivier Postel
par  la rédaction, le mercredi 30 novembre 2011, vu 214 fois

Un roman initiatique narrant les aventures d’un jeune gay en quête du grand amour. Fruit de l’imagination d’un jeune auteur lausannois, ce livre propose une réflexion personnelle sur ce sentiment si particulier qu’est l’amour à travers les rencontres qui vont jalonnées le parcours sentimental du héros.

Dans le train qui l’emmène pour Paris, Antoni rêve de la nouvelle vie qui l’attend. Avec un hypothétique travail d’agent de call-center comme prétexte, mais des rêves de célébrité en tête, notre héros va démarrer une quête frénétique et désorganisée de l’amour. D’abord spectateur d’une vie injuste qui le condamne à perdre très jeune son père, puis à découvrir son homosexualité et à développer une attraction-répulsion pour le sexe, il choisit de devenir l’acteur d’une vie fantasmée, l’amenant sur le chemin de ses propres errements. Bientôt apprenti comédien, son obsession pour l’amour va l’emmener dans des sphères oniriques avant que la dure réalité de la vie ne le rattrape et ne l’oblige à se remettre en question pour enfin comprendre qui il est vraiment : le nouveau Messie venu souffler un vent d’amour sur Terre ou juste un homme en quête de revanche contre la vie ?



Extrait 1

Après plus d’une demi-heure à subir les questions et le regard de ce satyre, j’arrivai enfin à quitter son appartement et à retrouver l’air libre. Une fois à l’extérieur, ma tête se mit à tourner. Je ressentis alors un profond malaise. Le ciel était très chargé et il m’était impossible d’apercevoir mon astre chéri. Je me retrouvais esseulé, vide, démuni. Pire, j’étais pris par l’horrible sensation d’avoir été violé. Pas au sens physique du terme, puisque ce tyran au membre gluant ne m’avait que très peu touché. Mais plutôt au sens moral. Ce roquet, cet animal pervers, ce chacal à la bite tordue n’était pas du genre à se contenter de simples attouchements physiques. Au sommet de sa malfaisance, il avait profité d’un moment de faiblesse de ma part pour s’immiscer dans mon âme et me violer de l’intérieur, me déchirant l’esprit et mettant à jour toutes mes blessures. La carapace qui me protégeait avait volé en éclat et mon cerveau était soudain à vif. Ma fausse réalité s’était effondrée, soufflée par le vent de son vice. Il avait mis à nu mon âme et posé un miroir face à moi, m’offrant le spectacle de mon propre effroi. Dans ce miroir, je vis un jeune homme blême et recroquevillé. Je vis un jeune homme au regard méprisant, au visage fermé, à la bouche pincée, qui toisait les hommes et les jugeait tous de la même manière. J’entrai en lui et découvris son âme meurtrie. Je perçus son manque d’estime pour les hommes, pour les autres. Je sentis ce sentiment de haine et de justice, ce besoin de détester pour mieux s’aimer. Mais au final qu’avait-il construit ce gosse immature ? Sa tour de Babel n’était qu’un leurre et il avait enfermé son cœur dans une prison de verre. Il se rendait compte soudain qu’il s’était fabriqué une image pervertie des hommes, à tel point que ceux-ci le révulsaient au plus haut point. Il n’avait jamais laissé aucune chance à qui que ce soit. En choisissant de se protéger, il s’était au contraire détruit. Et plutôt que de le préserver, ses prétendues valeurs avaient brisé son innocence. Il avait émis des jugements péremptoires et, bloqué dans ses idées reçues, avait amalgamé ses doutes et ses peurs, avec les rencontres qu’il avait faites. Obsédé par sa soif d’amour, il était allé au plus bref, au plus rapide, au plus facile. Il n’aurait pas dû être étonné des scènes qui s’en étaient suivies, des rencontres qu’il avait vécues. Involontairement, il avait déclenché cela, en croyant être plus fort que le système, plus malin que la moyenne. Mais il s’était mis tout seul dans la gueule du loup et maintenant il allait payer cher ses errements. Il avait diabolisé le sexe au nom de l’amour. Par maladresse ou par curiosité malsaine, il était allé là où il ne devait pas aller. Il avait perverti ses valeurs en répondant à ses propres pulsions. Il avait cru écouter son cœur mais ce n’était qu’à son sexe qu’il avait répondu.


Extrait 2

Il se lova contre moi et avec ses mains, il positionna mes cuisses sur ses fesses. Tout en caressant mes cheveux rasés, il m’embrassa de plus belle et fit tournoyer sa langue à toute vitesse autour de la mienne. De temps à temps, il marquait des petits sursauts qui faisaient se frôler à travers nos jeans, son membre dur et ma croupe. Il semblait surexcité, presque tremblant de désir. Je le sentis devenir de plus en plus brûlant au fil des minutes. Il n’y avait pas une seconde où nos langues n’étaient pas en contact. Nos salives ne faisaient plus qu’une, bientôt nos corps n’allaient faire plus qu’un. La chambre se para d’une moiteur chaude et douce. Sur son front et sur mes bras, des gouttes d’eau perlaient ça et là. La torpeur avait remplacé la moiteur et il entreprit de me délivrer de mes habits humides. Il arracha presque mon tee-shirt et se jeta sur mes tétons, qu’il lécha de toutes ses forces. Puis, glissant sa langue entre mes pectoraux durcis par le désir, il avala la sueur qui s’accumulait au bord de ma toison. Mon pantalon ne résista pas longtemps, et sans demander son reste, Cyril goba mon sexe tout entier. Lucifer avait pris possession de son âme. Il était bouillant, brûlant, incandescent. Il était sauvage, bestial, brutal. Mon corps ne trouvait jamais de répit. Mes sens étaient en émoi. Il parcourait de sa langue tout mon corps dans les moindres recoins. A peine une partie de mon corps brûlait de plaisir sous le feu de cet organe incandescent qu’une autre était déjà sollicitée. Le désir avait atteint son paroxysme. Les flammes de l’enfer jaillirent aux quatre coins de la pièce. L’atmosphère était irrespirable. Le prince des abymes me menait par le bout de sa queue. J’étais à sa merci, objet de tous ses désirs. Ceux-ci décuplaient les miens à des niveaux jamais atteints. Je voulais goûter à la queue du diable et avaler la lance de mon Belzebuth au plus profond de ma gorge. Je tentais vainement de reprendre mes esprits. Nu contre moi, il me serra si fort, si intensément, que je ne pouvais lutter. Le lion enragé me plaqua sur le ventre et fit glisser son glaive le long de mon dos avant de me poignarder l’orifice. Je fus comme brûlé de l’intérieur. Une vive douleur me saisit tout entier. Prisonnier de son corps, je sentis son souffle contre ma peau, et immobile de souffrance, je le ressentis en moi, m’assenant de multiples coups de poignard. J’étais paralysé, incapable de résister. Je me mis à crier de plus en plus fort, de plus en plus vite. Mais c’était lui, je l’avais désiré toute une nuit, toute une semaine et il venait de me transpercer de son amour. L’issue était irrémédiable. Je voulais reprendre le contrôle de mes sens, je voulais transformer ce mal qui me déchirait le corps en désir et en plaisir. J’essayai d’imaginer qu’il me faisait du bien, qu’il me voulait du bien. J’aurais voulu jouir de concert avec lui. Mais bientôt, il aspergea de son foutre l’incendie qui s’était déclaré plus tôt, m’éteignant en parallèle. La chaleur redescendit aussitôt. Puis il me délivra du poids de son corps et quitta la pièce. Je restai là, immobile et las, incapable de bouger.


Extrait 3

La porte de l’appartement d’Yves était aussi grise que le couloir, que l’immeuble, que la rue, que le ciel, que leur vie. Et toi qui transposes en cet objet l’immobilité mobile d’un quartier au souffle court, es-tu l’enfer ou le paradis ? Tu m’interpelles, tu me chagrines. Oh non, tu ne me séduis point. Mais joues-tu ta rebelle pour esquiver l’envie ? Caches-tu un trésor que peu connaissent ? C’était mon espoir et ma crainte. Que pouvait donc bien cacher cette porte austère ? L’Elysée ou les « Inferni ». Il se passa du temps avant que je sonnasse à la porte. Il se passa du temps pendant lequel je réfléchis à ce que j’allais faire sur l’instant : rester ou m’enfuir ? Dilemme qui n’avait pourtant qu’une seule issue. Reculer n’était plus possible. Vaille que vaille, coûte que coûte, tremblant de tous mes membres, j’appuyai sur le bouton de la sonnette, priant pour qu’elle égrène la mélodie du bonheur. C’était un Yves dans un étonnant look primaire qui m’accueillit de son entier sourire. Un tee-shirt trop large et un bas de survêtement défraîchi me semblaient une tenue trop lâche pour être honnête. Etait-ce encore une pirouette de mon coquin de sort, une petite pique, une taquinerie, la réponse allait venir l’instant d’après. Le spectacle que je découvris me coupa le souffle au point de me faire manquer d’air. Tentant vainement d’échapper à la vision d’un couloir sombre et encombré d’un amas de cartons, je pénétrai dans ce qui devait s’apparenter à un salon. Un canapé orné d’un plaid à fleurs délavé me faisait face au fond de la pièce, juste devant une grande fenêtre dont le volet semblait clos en permanence. Le mur de gauche était occupé par deux plateaux posés sur des tréteaux qui faisaient office de bureau. Sur les plateaux, s’agglutinaient nombre de fourbis en tout genre, du câble aux CD, le tout noyé sous la poussière et la crasse. Sous ces tables improvisées s’entassaient d’autres cartons jaunis et déchirés. Le mur de gauche répondait au mur de droite, noyé d’un capharnaüm cataclysmique masquant à peine une tapisserie à moitié déchirée. Le sol était éclairé par une ampoule nue de toute fioriture, luisante de crasse et de liquides collés. Un carton moins blême que les autres faisait office de table à manger. Dans le prolongement des tréteaux, une porte à coulisse semblait conduire à une chambre mais mon hôte m’indiqua que dans cette pièce je n’étais pas invité à entrer. Et sur l’odeur, la bataille entre renfermé et moisissure était déclarée. Je trouvai vite refuge sur le canapé, mes vêtements me permettant de créer une barrière naturelle entre ma peau et ce nid à microbes et autres acariens en tout genre. Et dire que c’était là que j’allais dormir. Je restai un long moment prostré et presque silencieux, maugréant de vagues syllabes en guise de réponses aux questions de mon hôte. Et dire que c’était là que j’allais vivre. Pour combien de temps ? Valait-il mieux rester dans l’antre d’un illuminé à la bondieuserie surdéveloppée ou rejoindre les limbes d’un enfer sur terre ? Mon imagination me faisait contempler des lymphes de déchets encombrant un parterre chaotique. Je n’osai pas me déchausser, de peur que mes pieds fondent au contact de ces rivières de souillures. A un moment de la soirée, m’y sentant obligé, j’opérai une expédition dans une des contrées les plus à risque de l’endroit, les commodités, qui sans l’ombre d’un suspense portaient bien mal leur nom. Le siphon était encrassé, rouillé et jaunis. La cuvette avait pris la même couleur. Le blanc maculé n’avait pas sa place dans ce lieu indigent au pays des dégueulasses. On osait à peine y faire quoi que ce soit de peur de mourir dans les minutes suivantes d’atroces douleurs consécutives à un empoissonnement par contact avec des substances hautement chimiques voire radioactives. Dans cet appartement, il y avait plus de moutons qu’en Nouvelle-Zélande, plus de mousses qu’en Irlande. Et la cuisine ne pouvait être qualifiée que de porcherie, alors même qu’un cochon n’y aurait même pas trouvé ses petits. De retour dans la pièce à survivre, je me retrouvai bientôt nez à nez avec un hachis parmentier surgelé qu’Yves arriva même à rater. Le ménage n’était visiblement pas son fort, pas plus que la cuisine. C’était donc cela la vie d’Yves : avaler un vulgaire hachis surcuit dans un taudis. Et dire qu’un temps il avait eu la belle vie, du côté de Lille ! Mais je n’osai pas lui demander comment il expliquait le délabrement de ce logement, le délabrement de sa vie, lui qui semblait trouver normal d’accueillir des gens chez lui. Les souvenirs d’un lointain passé l’avaient-il galvanisés au point d’accepter d’avoir à nouveau quelqu’un à héberger, ou était-ce par lâcheté ? Avait-il encore conscience de son sort ? Je n’osai rien lui dire. Peut être qu’au fond de lui, il était encore plus mal à l’aise que moi. Cela aurait été un supplice que de lui ouvrir les yeux. Ce n’était pas mon rôle, je n’avais rien à faire ici, ni dans sa vie. Cette rencontre n’était qu’un hoquet du destin, un vulgaire petit pet.



Ce roman de 550 pages, édité à compte d’auteur, via la plateforme lulu.com, est proposé au prix de CHF 30.-.

 Pour obtenir ce roman, deux solutions s’offrent à vous :

  • Si vous êtes sur l’arc lémanique ou que vous n’êtes pas à l’aise avec internet, il vous est possible de commander le roman directement auprès de l’auteur sur son mail olivierpostel gmail.com. Les modalités de paiement et de remises du livre seront discutés lors de votre prise de contact. En commandant via ce mail, vous pourrez obtenir un roman dédicacé personnellement par l’auteur.

Enfin, une personne sera tirée au sort parmi toutes les commandes reçues et le gagnant aura l’opportunité de rencontrer l’auteur lors d’une rencontre exclusive sur Lausanne.