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-* Débat sur le PEPS -

Les opposants aux droits des gays dénoncent l’hétérophobie
par  Frédéric Gloor, le vendredi 24 décembre 2004, vu 199 fois

Le débat est lancé. Depuis l’accepation de la loi par le Parlement fédéral et le référendum lancé par les groupes conservateurs, la question se pose : pour ou contre la loi permettant l’enregistrement des couples homosexuels ? Maximilien Bernhard, principal opposant, entend mettre en garde contre l’hétérophobie.

« Ce n’est pas tout de traiter les opposants au pacs d’homophobes, vous devriez vous mettre à l’écoute de certaines personnes homosexuelles pour entendre comment elles traitent les hétérosexuels », avertit Maximilien Bernhard, interrogé à l’issue d’un débat à l’Université de Lausanne. Le secrétaire romand de l’Union Démocratique Fédérale (UDF) est la figure de proue de la campagne référendaire demandant que la loi sur le Partenariat entre Personne du même Sexe (PEPS) soit refusée. Il est l’un des principaux acteurs des débats qui sont organisés en Suisse romande aux côtés de Suzette Sandoz, juriste et ancienne conseillère nationale libérale.

Maximilien Bernhard ne se déclare pas homophobe mais défenseur de l’idée de famille traditionnelle au sens naturel : un homme, une femme et leurs enfants. S’il combat la loi sur le PEPS, c’est qu’il y voit l’ouverture à une nouvelle notion de couple qui perturberait les esprits et affaiblirait la famille «  naturelle ». Sa proposition est de refuser cette loi et d’adopter ultérieurement des modifications législatives pour que les discriminations soient combattues. Or, il semble impossible que tous les points puissent être traités séparément et cette promesse ne pourra pas être tenue, du moins pour ce qui concerne la loi sur les successions.

M. Bernhard avoue être confronté à « de plus en plus d’intervention agressives de la part d’homosexuels qui viennent assister à des débats ». Il mettra en avant l’hétérophobie de certains homosexuels aussi souvent que cela sera nécessaire.

Pour ma part, si je n’aime pas l’homophobie, qui est une haine primaire, je ne peux aimer l’hétérophobie, cela semble clair et je me dis qu’il est de mon devoir de la combattre. Or, comment peut-on combattre la violence, aussi verbale soit-elle ? Les propos hétérophobes ne sont pas le fruit du hasard : en admettant qu’ils soient aussi importants que M. Bernhard semble le dire, ils ne sont pas apparus par simple haine spontanée dans la communauté homosexuelle.

Comment un jeune Palestinien en est-il arrivé à jeter des pierres dans la rue contre les juifs ? Il ne connait certainement pas ce juif. Il n’a certainement pas entendu parler de l’antisémitisme et n’est pas un néo-nazi. Il jette une pierre contre une personne appartenant à une communauté qui refuse de lui donner une patrie et de le laisser vivre en paix comme un homosexuel jettera une pierre (verbale) contre un représentant de la société se prétendant au-dessus de lui et lui refusant des droits après des années de discriminations qui ont valu à beaucoup de devoir vivre cachés s’ils ne voulaient pas perdre leur statut social, leur travail, leur liberté ou leur vie dans certaines régions du monde. Si un homosexuel traite quelqu’un de « sale hétéro », ce n’est pas pour combattre son mode de vie, mais pour combattre son arrogance à se prétendre supérieur.

Comment peut-on donc combattre cette hétérophobie ? De la même facon que l’on pourra combattre la violence dans le monde : en admettant que nous sommes égaux et avons droit aux mêmes droits.