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Drag  :
le dépistage rapide auprès des gays s’étend en France
par  la rédaction, le mardi 6 septembre 2011, vu 65 fois

Avec l’appui des autorités, des bénévoles d’Aides proposent à ceux qui se méfient de la blouse blanche un test rapide et gratuit. Des campagnes de dépistages lancée à Paris, Marseille et tout récemment à Nice.

Peur du jugement, de la condamnation, de la leçon de morale, de l’incompréhension. Manque d’affirmation aussi. Par crainte d’avoir à exposer leur vie homosexuelle, beaucoup d’hommes rechignent à fréquenter les centres de dépistage, même anonymes et gratuits. Surtout quand ils ont à des pratiques à risques. C’est le postulat de départ d’un programme de recherche mené depuis quelques semaines dans quatre centres en France : deux à Paris, un à Marseille et un à Nice.

L’idée de cette expérimentation est plus subtile que son nom de code : Drag, « dépistage rapide auprès des gays ». Pour dissiper toute angoisse de la blouse blanche, il s’agit de confier l’examen à des militants associatifs. Pas des médecins donc, mais des bénévoles dûment formés exerçant dans des conditions de sécurité optimales puisque l’opération se déroule dans des centres agréés, mais en dehors des créneaux ouverts au grand public. Ce n’est pas le dépistage traditionnel impliquant d’attendre une semaine pour obtenir le résultat qui est privilégié, mais son équivalent dit « rapide ». Verdict une demi-heure seulement après avoir prélevé une goutte de sang au bout d’un doigt. Ce test a deux inconvénients, de se cantonner au seul dépistage du VIH et de n’être absolument infaillible que pour les rapports datant d’au moins trois mois [1]. Mais il présente l’avantage, très utile pour ceux qui ont des pratiques à risques fréquentes, de déterminer au plus vite leur statut sérologique.

  • « L’enjeu, c’est de diversifier l’offre de dépistage »

« On sait depuis une précédente étude que le dépistage associatif est fiable. L’objet de ce nouveau programme de recherche est de montrer qu’il est pertinent. C’est-à-dire qu’il répond à un besoin jusqu’alors inassouvi. L’enjeu, c’est de diversifier l’offre de dépistage en France, car l’amélioration de son accès est une des clés de la réussite de la prévention », plaide Bruno Spire, responsable scientifique de l’étude. Il est aussi président d’Aides, l’association de lutte contre le sida qui a obtenu de mettre en œuvre cette expérimentation sous la responsabilité scientifique de l’Agence nationale de recherche sur le sida et les hépatites virales, l’ANRS.

Ce programme de recherche se limite aux seuls hommes ayant eu, au moins une fois, un rapport sexuel avec un autre homme, indépendamment de leur identité sexuelle [2]. Le rendez-vous dure deux heures puisqu’il s’accompagne d’un échange avec le militant associatif, de conseils de prévention et d’un questionnaire à remplir. Le dépistage est gratuit, son résultat est confidentiel. La campagne devrait durer sept mois. Si ses résultats sont concluants, le ministère de la Santé pourrait alors instaurer le dépistage associatif. A destination des gays, mais aussi à d’autres communautés qui se font rares dans les centres de dépistage : les gens du voyage, les migrants, les mineurs, etc.

Source : Têtu.

Notes

[1] Les tests à résultat rapide mixtes combinés de 3ème puis 4ème génération associent un dépistage des anti-corps (qui effectivement ne sont détectables par ce type de test qu’au bout de 3 mois d’infection) mais également des anti-gènes p24 ce qui permet un dépistage à partir de 15 jours après l’infection. ndlr

[2] Identité ou orientation sexuelle ndlr