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Société
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Elevée par des homos, et alors !
par  la rédaction, le mercredi 16 septembre 2009, vu 215 fois
Tags : - Suisse - Homoparentalité

HOMOPARENTALITÉ - En Suisse, les couples homosexuels qui élèvent des enfants sont de plus en plus nombreux dans les familles recomposées. Témoignage de Sandra, élevée en partie par deux mamans, et avis de spécialistes.

A 62 ans, Elton John et David Furnish ont entrepris de longues démarches pour devenir papas d’un petit Ukrainien et la presse se délecte de la nouvelle. En Suisse, les couples homosexuels n’ont pas le droit d’adopter. Mais il n’est pas rare que les enfants nés d’une précédente union se retrouvent confrontés à l’homosexualité d’un de leurs parents. C’est le cas de Sandra, 19 ans, dont l’allure et l’attitude ne la distinguent en rien des jeunes femmes de son âge.

« Après le divorce de mes parents, ma mère a tout de suite commencé à fréquenter Lisa, sa compagne. Elles ne se sont pas posé de question sur leur homosexualité. Ça a juste été une histoire d’amour plus forte que tout ! » Et qui dure depuis une dizaine d’années.

C’est donc à l’âge de 9 ans que Sandra et sa sœur aînée ont accueilli la copine de leur maman. Une situation qui est de moins en moins exceptionnelle, à en croire Olivier Halfon, chef du Service de psychiatrie de l’enfant et de l’adolescent du CHUV : « On voit surtout des hommes de 50, 60 ans qui quittent leur femme pour un autre homme. Ces cinq dernières années, j’ai reçu plusieurs enfants dont l’un des parents était devenu homosexuel. »

  • Insultes et mépris

Sandra parle ouvertement de son expérience, des réactions de certains amis et de la discrétion dont elle doit encore faire preuve : « L’homosexualité n’est pas encore acceptée par tout le monde. Les réactions de certains de mes amis le montre. Ma sœur s’est même fait traiter de fille de gouines dans son école… Alors je n’e le crie pas sur tous les toits. D’ailleurs, une copine m’a dit un jour : « Ouf, c’est ta mère qui est lesbienne, mais pas toi. » En entendant cela, je suis vraiment contente de ne pas être lesbienne ! »

Pour ce qui est du quotidien, cette jeune étudiante en psychologie à l’Université de Lausanne affirme vivre en harmonie sous le même toit que sa mère, sa sœur et Lisa. « Elle habite avec nous depuis cinq ans et tout se passe bien. Les gestes de tendresse entre elle et ma mère ne me choquent pas. » Une vie de famille banale, en somme…

  • Figure masculine capitale

« Les choses ne sont pas toujours aussi simples, explique Pascal Roman, professeur de psychologie clinique, psychopathologie et psychanalyse à l’Université de Lausanne. Le lien homosexuel tend à abraser la notion de différence. Dans un tel contexte, l’enfant risque d’exclure tout ce qui est différent. La présence du père, entre autres, permet d’éviter cela. » Sandra en est bien consciente : « Ma sœur et moi voyons notre père régulièrement. Je ne suis pas contre l’adoption par des couples homosexuels mais je pense qu’il faudra toujours la présence de quelqu’un du sexe opposé dans la vie de l’enfant. »

Une réalité confirmée par les spécialistes. « L’existence d’une figure adulte différente est importante, tout comme dans le cas de familles monoparentales », précise Pascal Roman.

Que dire des enfants adoptés par des homosexuels (comme l’autorise la France ou les Etats-Unis) ? « Les études faites en France ont montré que les enfants de couples homosexuels n’avaient pas de problèmes particuliers. Ils ont vu tellement de « spécialistes » avant de pouvoir adopter, que ce sont en général des parents très motivés. Ils risquent peut-être de vouloir faire trop de psychologie et de tomber dans les travers du parent parfait, précise Olivier Halfon. Or, ce qui permet à l’enfant de se développer normalement, ce sont aussi les failles des parents ! »

Source : Yseult Théraulaz - 24h