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Epidémiologie VIH/SIDA : Suisse 2009.
par  la rédaction, le dimanche 2 mai 2010, vu 150 fois

En 2009, les déclarations concernant les nouveaux cas de VIH ont baissé de près de 17 %. Cette diminution notable intervient après plusieurs années durant lesquelles le nombre de nouveaux cas déclarés, élevé en comparaison avec les autres pays de l’Europe de l’Ouest, était resté pratiquement inchangé. Or, la relative stabilisation apparue entre 2003 et 2008 masquait deux tendances inverses : une diminution des infections par voie hétérosexuelle et une augmentation des cas chez les hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes (HSH). En 2009 toutefois, les nouveaux cas de VIH chez les HSH ont à nouveau enregistré un recul significatif.

Comme dans la plupart des pays industrialisés, le VIH a vraisemblablement commencé à se propager en Suisse dans les années 70. A partir de 1985, année où les premiers tests VIH ont été effectués, le nombre de séropositifs a rapidement augmenté. Entre 1992 et 2000, il a reculé en raison des nouveaux comportements préventifs adoptés. Par la suite, la tendance s’est inversée. En 2002, la hausse a même atteint 25 %. Elle concernait en premier lieu les HSH suisses ainsi que les personnes hétérosexuelles originaires de pays à forte prévalence de VIH.

Jusqu’à 2008, le nombre total de nouveaux cas de VIH est resté relativement stable. La hausse qui touchait les HSH (les chiffres ont presque doublé entre 2004 et 2008) était compensée par la baisse enregistrée dans les autres groupes (en particulier les cas de transmission par voie hétérosexuelle). En 2009 toutefois, le nombre de cas nouvellement diagnostiqués chez les HSH (et donc le nombre total de cas) a reculé de façon notable (-17 %).

Auparavant, la proportion de HSH se trouvant en phase d’infection aiguë au VIH (primo-infection) était particulièrement élevée en comparaison avec les autres groupes et ne cessait d’augmenter. Il en allait de même pour la proportion de HSH chez lesquels une autre maladie vénérienne avait été diagnostiquée durant les deux années précédant la découverte de leur séropositivité. Ces éléments indiquent que l’augmentation des nouveaux cas de VIH chez les HSH résultait d’une recrudescence des comportements à risque, comme cela avait aussi été constaté dans d’autres pays de l’Europe de l’Ouest. Or, en 2009, chez les HSH, ce sont en premier lieu les infections récentes, c’est-à-dire les cas dans lesquels l’infection est probablement survenue moins d’un an avant que le VIH n’a été diagnostiqué, qui sont en baisse. Cela montre que le risque d’infection chez les HSH a diminué. Chez les hétérosexuels, ce sont principalement les infections remontant à plusieurs années qui enregistrent une baisse. Ce phénomène pourrait s’expliquer par le fait que les hétérosexuels recourent davantage aux tests ou par les changements touchant à l’émigration ou l’immigration de personnes originaires de pays connaissant une forte prévalence de VIH, qui constituent une grande proportion des diagnostics VIH en Suisse.

Durant la première décennie, l’analyse de l’épidémie de VIH dépendait essentiellement de la surveillance du sida. En Suisse, le premier cas de sida (diagnostiqué rétrospectivement) est survenu en 1981. Très rapidement, le nombre de malades a dépassé les 700 cas par an. Au départ, la maladie touchait principalement les HSH et les consommateurs de drogue par injection (IDU). Ce n’est qu’à partir de la moitié des années 80 que les cas de sida transmis par voie hétérosexuelle ont commencé à augmenter.

La tendance à la hausse des cas de sida s’est inversée à partir de la moitié des années 90. Après 1995, les traitements antirétroviraux combinés hautement actifs ont permis d’endiguer fortement la progression de la maladie chez un nombre croissant de personnes souffrant d’une infection au VIH. Jusqu’en 2000, le nombre des nouveaux cas de sida et de décès liés à cette maladie ont baissé notablement. Entre 2000 et 2005, les nouveaux cas de sida se sont stabilisés à près de 210 par an. Depuis lors, ce nombre a enregistré une légère baisse. Selon les estimations, entre 140 et 170 nouveaux cas de sida seront répertoriés pour 2009. A noter encore que le nombre total de décès chez les personnes infectées au VIH diminue d’année en année (bien moins de 100 cas au total pour 2009). La proportion de décès dont la cause n’est pas directement liée au sida est en augmentation continue.

Source : OFSP