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- Films et débats à Genève -
Où sont les spectateurs ?
par  Frédéric Gloor, le mercredi 29 octobre 2003, vu 287 fois
Tags : - Genève - Conférence

Ces lundi 27 et mardi 28 octobre, deux soirées débat étaient organisées au cinéma CAC Voltaire. La première était dévolue à la Lutte contre l’homophobie à l’école ; la seconde aux Changements sociétaux induits par les partenariats de même sexe.

Deux sujets d’importance, on en conviendra, et qui touchent de près ou de loin tous les gays et lesbiennes du pays. Chacune des deux soirées n’aura pourtant attiré qu’une petite cinquantaine d’intéressés, alors que, dans les deux cas, deux professeurs parisiens, et non des moindres, avaient fait le déplacement (Daniel Borillo, auteur que Que Sais-Je sur l’homophobie ; Remi Lenoir, co-auteur de Au-delà du pacs), de même que des personnalités politiques (Suzette Sandoz, Philippe Granget) ou bien connues pour leur engagement pour les droits des gays et des lesbiennes en Suisse (Isabelle Vogt, Etienne Soltermann). Cinquante petites personnes !, et parmi celles-ci, les incontournables de toutes les manifestations. Effet pervers : la manifestation, qui se veut d’envergure, s’en voit réduite à une vitrine de Dialogai, qui réussit peut-être un beau coup médiatique au détriment des deux autres associations genevoises (L’Estime et 360°), qui seront apparues plus concurrentes que partenaires pour l’occasion…

En dépit de défauts de forme, tels le manque de micros ou la piètre qualité d’orateur de certains (l’un ayant apparemment besoin de concevoir sa pensée cinq bonnes minutes dans les méandres d’une langue absconse et creuse avant de pouvoir s’exprimer avec une clarté encore toute relative ; l’autre souffrant d’une timidité maladive le faisant se tortiller sur son siège), les débats auront suscité la réflexion et aidé à la saisie pleine et entière des enjeux.

Ainsi, si le débat autour de la lutte contre l’homophobie à l’école, qui suivait la diffusion du documentaire fort émouvant It’s Elementary, aura porté sur la manière et non sur le fond : aborder le sujet lors des cours d’éducation sexuelle ? lors des journées spéciales "respect" / gay pride ? l’intégrer aux cours d’histoire (nazisme), de langue et littérature (Gide, Wilde, Mann), de droit ou de civisme (art. 4 Constitution) ?

La discussion autour du partenariat aura, quant à elle, permis de mettre au jour l’argumentaire pseudo-juridique de l’invitée Suzette Sandoz, forcée de reconnaître explicitement que sa position a pour fondement des a priori culturels et religieux.

Deux débats instructifs, donc, mais souffrant du désintérêt manifeste de la base gay et lesbienne, plus prompte, apparemment, à faire de vaines rencontres éternellement renouvelées en boîte ou sur Internet plutôt qu’à s’engager sur des questions plus essentielles dans leurs associations ou sur la place publique.