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Prévention
Journée mondiale de lutte contre le Sida - 1er décembre 2009 (...) France - Santé gaie : "190" le centre de de santé sexuelle de (...)
France :
Enquête PREVAGAY
premiers résultats
par  la rédaction, le mercredi 18 novembre 2009, vu 190 fois

L’enquête PREVAGAY est une enquête de séroprévalence du VIH auprès des hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes (HSH) et fréquentant des établissements de convivialité gays parisiens.

Conduite par l’Institut national de veille sanitaire (INVS) et l’Agence nationale de recherches sur le sida et les hépatites virales (ANRS) en partenariat avec le Centre National de Référence pour le VIH et le pôle prévention du Syndicat National des Entreprises Gay (SNEG), cette recherche livre aujourd’hui ses premiers résultats sur le site de l’InVS :

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Premiers résultats Prévagay.

Lancée au printemps dernier, cette enquête s’inscrit dans le cadre du dispositif de suivi des comportements sexuels chez les HSH coordonné par l’Institut national de veille sanitaire comme l’Enquête Presse Gay (enquête relayée par la presse et les sites communautaires) ou le Baromètre Gay (enquête réalisée dans les lieux de convivialité gays) [1]. La prévention chez les HSH est également une priorité de l’ANRS qui soutient une dizaine de programmes de recherche sur cette question. PREVAGAY est la première du genre en France associant un prélèvement biologique à un questionnaire comportemental auprès d’HSH fréquentant des établissements de convivialité gays parisiens.

Soutenue par les associations de lutte contre le sida, l’enquête s’est déroulée du 28 avril au 5 juin 2009, 6 semaines durant lesquelles plus de 1500 hommes ont été sollicités dans 14 établissements commerciaux de convivialité gay parisiens ( bars [2], saunas, backrooms). Au total, 917 hommes ont accepté de participer, soit un taux d’acceptation de 58%. 886 tests VIH et questionnaires ont finalement été analysés, après validation et mise en concordance des données recueillies.

Sur ces 886 tests VIH et questionnaires, 157 participants ont été diagnostiqués séropositifs pour le VIH. Soit une prévalence biologique de 17,7% [ 15,3%- 20,4%]. Parmi ces HSH séropositifs pour le VIH, si 80% d’entre eux connaissaient leur statut sérologique, 20% méconnaissaient leur séropositivité.

Les résultats finaux de l’enquête, intégrant l’incidence pour le VIH et la prévalence des hépatites B et C, seront communiqués au cours du premier trimestre 2010 par l’Institut national de veille sanitaire. Ces résultats ne peuvent être généralisés à l’ensemble de la population des hommes ayant des rapports sexuels avec d’autres hommes. Ils confirment la nécessité de définir et de renforcer des stratégies de dépistage et de prévention ciblées et adaptées.

Source : Communiqué de presse de l’INVS


Yagg : Entretien avec Annie Velter, responsable de l’enquête Prevagay

Dans l’enquête Prevagay,
18% des homos sont séropositifs

Ce sont des chiffres auxquels nous nous attendions, mais qui sont préoccupants. Dans son interview vidéo, Annie Velter, responsable de l’enquête Prevagay livre en exclusivité pour Yagg les deux principaux chiffres de cette première enquête de prévalence grandeur nature (mesure de la proportion d’hommes séropositifs dans une population).

Parmi les 886 sérologies, 157 sont positives pour le VIH. Ce qui veut dire que 18% des hommes qui se sont prêtés à l’enquête sont atteints par le VIH. C’est plus que l’estimation nationale, qui tourne autour de 10 à 15%, et qui se base sur les déclarations des gays dans les enquêtes (Presse gay ou Baromètre gay).

MÉCONNAISSANCE DU STATUT SÉROLOGIQUE : UN CHIFFRE INQUIÉTANT

Autre chiffre très important : parmi ceux dont la sérologie était positive, un sur cinq avait déclaré un autre statut dans le questionnaire. Soit ils avaient déclaré être séronégatifs, soit séro-interrogatifs, soit pour certains d’entre eux, ils n’avaient jamais fait le test.

Rappelons que dans Prevagay, les hommes qui acceptaient de participer à l’étude se voyaient proposer de donner leur sang, par auto-prélèvement capillaire au bout du doigt, puis de compléter un questionnaire. Aucun résultat ne leur était remis, mais une offre de dépistage leur était proposée.

Début 2010, d’autres résultats de Prevagay, qui a été menée en collaboration avec le SNEG, seront publiés. Ils porteront notamment sur l’incidence du VIH parmi les homos : on pourra savoir si leur contamination a eu lieu il y a plus de six mois ou si elle est plus récente. Des informations importantes sur les Infections sexuellement transmissibles et les hépatites seront également communiquées.

En attendant, le message est clair : faites un test de dépistage, et faites-le très régulièrement.

Source : Yagg


[Mise à jour, 14h30] L’association Aides a réagi à la publication des premiers résultats de Prevagay. Dans son communiqué, Aides écrit : “Face à ces nouvelles données de l’InVS, AIDES appelle au renforcement de la mobilisation pour la prévention de la transmission du VIH/sida avec les gays et les bisexuels. Il est nécessaire de poursuivre et développer des actions spécifiques et variées de prévention permettant de toucher les gays. Notamment, le renforcement des actions de proximité sur les lieux de socialisation gay et celles facilitant l’accès au dépistage répété du VIH pour les hommes ayant des relations sexuelles avec les hommes.”


[Mise à jour, 15h46] L’Institut de veille sanitaire (InVS) publie un communiqué de presse et les premiers résultats de Prevagay sur son site.


[Mise à jour, 18h] Act Up-Paris réagit à son tour. Extrait du communiqué de l’association. “Cette étude met clairement en évidence une transmission particulièrement rapide du virus dans notre communauté. Si le renforcement du dépistage du sida est nécessaire chez les gays, ces résultats sont là pour rappeler que le seul dépistage ne protège pas du sida. L’importance des infections récentes constatées dans l’étude exige de ne pas perdre de vue la dimension comportementale de la prévention, particulièrement chez les gays où l’ampleur de la prévalence rend la lutte contre l’épidémie plus difficile qu’ailleurs.”



NDRL :

Notes

[1] ou encore le NetGay Baromètre

[2] dont des cruising bars