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France - Mariage homosexuel : le combat de Corinne et Sophie
par  la rédaction, le mardi 18 janvier 2011, vu 99 fois

Elles disent se battre pour leurs enfants... Des petits, Corinne Cestino et Sophie Hasslauer, la quarantaine, en couple depuis 13 ans, en ont quatre, dont trois qu’elles ont eus "ensemble". Et c’est un peu en leur nom qu’elles demandent à la justice de leur donner le droit de se marier, expliquent-elles.

Installées dans un village près de Reims, et conseillées par l’avocat Emmanuel Ludot, ces deux femmes ont choisi de contester l’interdiction du mariage de personnes de même sexe devant le Conseil constitutionnel, qui examinait la question en audience ce mardi 18 janvier 2011. Les sages se rendront leur décision le 28 janvier. "Elles ne sont pas dans un esprit militant ou politique", précise leur avocat, à propos de Corinne et Sophie, qui luttent pourtant pour le mariage homosexuel depuis six ans.

UNE STRATÉGIE DIFFÉRENTE DES "MARIÉS DE BÈGLES"

"On voulait faire des enfants toutes les deux. Et on voulait toutes les deux en porter", explique Corinne dans un reportage tourné par TF1 en août 2010. Corinne est pédiatre, Sophie est professeure d’anglais. Pacsées "il y a 10 ans", elles se sont tournées vers la Belgique, où la procréation assistée est autorisée pour les couples homosexuels. L’une a ainsi porté deux des trois garçons, l’autre un. Obtenus par insémination artificielle, ils ont aujourd’hui 6 à 10 ans, et forment une famille nombreuse avec une fille de 16 ans, issue d’une précédente union.

"Cette famille est bien acceptée dans le village où elles vivent, où d’ailleurs ceux qui les connaissent sont d’accord pour le mariage homosexuel", précise Me Emmanuel Ludot à l’Union, en septembre. Dans sa stratégie, l’avocat semble vouloir se démarquer d’un couple précédent resté dans les mémoires : les "mariés de Bègles", dont l’union avait été célébrée par l’écologiste Noël Mamère, puis annulée par la justice.

Corinne et Sophie se sont vu refuser un mariage par leur maire il y a six ans, racontent-elle à TF1. Elles se sont alors lancées dans une nouvelle procédure, qui permet au citoyen de contester la constitutionnalité d’une loi : en mai dernier, elles ont saisi le tribunal de grande instance de Reims, qui a transmis la requête à la Cour de cassation, laquelle a demandé au Conseil constitutionnel de se prononcer sur cette question prioritaire de constitutionnalité.

"DÉMARCHE ABSOLUMENT PERSONNELLE"

"Elles veulent se marier parce qu’elles considèrent que c’est l’outil indispensable pour construire une famille", insiste Me Emmanuel Ludot, pour lequel le mariage homosexuel reste mal accepté dans l’opinion et dans les partis. "Elles vivent une vie calme, rangée et discrète", renchérit-il dans l’Union : pour elles, se montrer serait le seul moyen de "faire avancer les choses".

"Notre démarche est absolument personnelle, et pas du tout en relation avec une quelconque association", ont précisé les deux femmes devant le Conseil constitutionnel, un peu agacées par la présence des associations SOS Homophobie et Association des parents et futurs parents gays et lesbiens (APGL).

"Si l’une de nous deux décède, nos enfants ne sont pas protégés", expliquent Corinne et Sophie au micro de RTL. "Cet enfant, il existe parce que j’existe. Je ne l’ai pas fait mais c’est comme pour n’importe quel couple stérile, explique l’une des femmes sur Europe 1. Il m’appelle ’maman’ mais je ne suis rien pour lui" Au-delà de leur statut juridique, les concubines soulignent que leur situation n’est pas facile à vivre pour leurs enfants, notamment à l’école.

Les associations craignent cependant que le Conseil constitutionnel ne renvoie la balle au Parlement, comme il l’avait fait sur l’homoparentalité.

Source : Alexandre Piquard pour Le Monde