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Société
Mes trois coups de cœur de la Gay Pride 2006 à Lausanne. Les Ours gay ou Un art de la décontraction
Gay Pride de Lausanne :
De la sympathique parade
au "village" de Montbenon
par  Frédéric Gloor, le lundi 17 juillet 2006, vu 740 fois
Tags : - Lausanne - GayPride

En 1998, la parade de la Gay Pride traversait la ville. Haut en couleur, et animé par plusieurs Drag Queen, certaines photos prise ce 4 juillet ont été largement resservies par les médias, alors qu’il fallait illustrer un article sur une Gay Pride. Huit ans plus tard, le cortège traverse une nouvelle fois la ville.

Deux passages dangereux pour cause de construction de métro ont fortement réglementé la participation en matière de véhicules. Les poids lourds n’ont tout simplement pas eu l’autorisation de parader. C’est donc une participation légère, comme le petit train touristique du club lesbigay 43&10 qui a été préférés aux camions de 20 tonnes. Le restaurant Le Raisin, pour sa part, à choisi un tracteur et une remorque pour une distribution de préservatif et messages de prévention.

En ouverture de parade, Amnesty a défilé, bouche bâillonnée, brandissant des textes sur la liberté bafouée. Un message fort.

Juragai a pour sa part choisi une interaction inédite. Distribuant dans un premier temps des papillons aux spectateurs sur lesquels étaient écrit des propos du genre « Lesbienne : camionneuses », «  Les homos ne pensent qu’au sexe », etc. Un deuxième groupe invitait à jeter à la poubelle les préjugés. Containers et corbeilles à papier étaient ainsi promenés le long du cortège.

D’autres associations ont choisi le thème de la proximité, brandissant des pancartes « Je suis votre pompier », « J’ai une carte cumulus », « Quand je serai grande, je me marierai avec Suzie ».


Sur l’esplanade de Montbenon, plusieurs personnes se demandent pourquoi le « village » n’est-il composé que de boutiques, bars et stands de nourritures ? A quelques kilomètres, aux Fêtes de la Cité, l’offre n’est pas bien différente.

En cherchant bien, on découvre dans les jardins du Casino un petit chapiteau en bambou et tissus : c’est le stand commun des associations. Le choix du lieu est idéal, on ne pouvait rêver un endroit plus calme… mais justement trop calme ! Pas même sur un passage, et mal indiqué.

C’est sous cette tente que se tiennent côte à côte des stands de prévention sida des associations Dialogai, VoGay, Sarigai, (tous proposent à quelques mètres de distance les mêmes prospectus), mais aussi Amnesty, Fels, Pink Cross, LOS, …

Drôle de volonté de la part des organisateurs que de placer ceux qui justifie la manifestation (les associations) à l’écart de celle-ci. C’est l’image d’une fête purement commerciale où la part belle est donnée aux stands qui rapportent de l’argent. Même la CSD zurichoise n’a jamais osé faire ça : les organisations LGBT y sont naturellement mélangées avec les stands d’animations.


Alors que Fribourg est déjà annoncé pour 2007, je me demande combien de temps encore les « Pride » se feront-elles ? Les revendications politiques se transforment lentement mais surement en des acquis légaux. Ne serait-il pas temps d’appliquer l’intégration et la normalisation de l’homosexualité tant revendiquée et souhaitée ? Les « Pride » ne pourraient-elles pas éclater en des présences aux multiples manifestations existantes ? Les chars des établissements commerciaux pourraient rejoindre les Lake Parade et Street Parade. Les bars et stands du « village » s’intégreraient dans les fêtes locales comme Le Festival de la Cité. Les stands des associations pourraient aussi bien se tenir sur les marchés.

A-t-on vraiment encore besoin d’une manifestation purement homosexuelle ?


Frederic - photo : Juragai lors de la parade