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GaySurvey 2009 Résultat de l’enquête sur le comportement face au VIH des hommes (...)
GaySurvey 2009
Analyse des résultats
par  la rédaction, le jeudi 28 octobre 2010, vu 224 fois

Réalisée pour la neuvième fois en 2009, l’étude GaySurvey montre que l’exposition au risque de transmission du VIH augmente, particulièrement au sein des couples stables.

GaySurvey est une enquête menée périodiquement en Suisse depuis 1987 par l’Institut Universitaire de Médecine Sociale et Préventive (IUMSP) du CHUV à Lausanne sur mandat de l’Office fédéral de la santé publique (OFSP) auprès des hommes qui ont des relations sexuelles avec des hommes (HSH). Elle fait partie du dispositif de monitoring du VIH et IST, établi par l’Office fédéral de la santé publique, pour le suivi des comportements et attitudes face au VIH/sida dans cette population.

L’enquête utilise un questionnaire anonyme diffusé par la plupart des associations homosexuelles, les principaux journaux gais et mis à disposition de la clientèle de nombreux établissements gais : bars, saunas et sex-clubs. Depuis 2004, l’enquête est également réalisée sur Internet à l’aide d’un questionnaire en ligne annoncé sur des sites gays. En 2009, 1936 HSH ont répondu au questionnaire (596 au questionnaire imprimé et 1340 au questionnaire Internet). Le succès de l’enquête est dû en large part au soutien dont elle bénéficie dans la communauté gaie.

  • Activité sexuelle :

Stabilité du niveau d’activité sexuelle et diversification des pratiques sexuelles

Concernant l’activité sexuelle dans les 12 mois précédant l’enquête, le nombre médian de partenaires sexuels masculins reste globalement stable aux alentours de 6 partenaires. La proportion de personnes rapportant plus de 10 partenaires sexuels est en diminution. Depuis 2004, on remarque une grande stabilité concernant le nombre médian de partenaires (2 partenaires) avec lesquels les répondants ont pratiqué la pénétration anale. Un tiers des répondants a eu des relations sexuelles à plusieurs durant cette période. La consommation de produits lors de relations sexuelles reste fréquente : 55% rapportent avoir consommé de l’alcool, 27% des poppers, 15% du cannabis.

  • Exposition au risque :

Stabilité de la fréquence des rapports non protégés avec un partenaire de statut sérologique différent ou inconnu

Près d’un répondant sur cinq a eu un tel rapport non protégé au cours des 12 derniers mois. Cette exposition au risque est fortement associée au fait d’être séropositif et d’avoir de nombreux partenaires. Les raisons les plus souvent citées sont la confiance en le partenaire, l’aspect excitant de ce type de situation et la baisse d’excitation attribuée au préservatif. 10% des répondants concernés donnent comme explication une charge virale indétectable chez eux et 10% une charge virale indétectable chez le partenaire.

  • Partenaire stable :

Augmentation de la pénétration anale et diminution de l’utilisation systématique de préservatifs

Deux tiers des HSH mentionnent avoir un partenaire stable et deux tiers d’entre eux entretiennent aussi des relations sexuelles avec un ou des partenaires occasionnels, cette situation étant inchangée. La plupart des HSH ont évoqué, avec leur partenaire stable, la manière de se protéger du risque d’infection et une partie d’entre eux ont choisit de faire le test au sein du couple et d’abandonner le préservatif en cas de séroconcordance. Cependant, un quart des couples ne connaissent pas le statut sérologique de leur partenaire et presque la moitié d’entre eux ne se protègent pas systématiquement. Il persiste donc un sérieux risque de transmission du VIH et des autres IST au sein des couples.

  • Partenaires occasionnels :

L’utilisation systématique de préservatifs est en augmentation alors que le fait de recevoir du sperme dans la bouche est en diminution

Trois quarts des HSH rapportent avoir des relations sexuelles avec des partenaires occasionnels, proportion en légère diminution. En revanche, la diversification des pratiques sexuelles avec ces partenaires et l’augmentation de la pratique de la pénétration anale se poursuivent. Par ailleurs, une partie des personnes rapportant des situations de pénétration anale non protégée mentionnent aussi utiliser des pratiques dites de réduction des risques telles que le sérosorting  [1], le positionnement stratégique [2] ou le retrait avant éjaculation.

  • Test VIH :

La proportion de personnes testées récemment continue d’augmenter

Environ 40% des répondants ont effectué un test VIH dans les 12 derniers mois, une proportion en augmentation. La prévalence [3] rapportée du VIH est stable et se situe entre 6.4% (répondants Internet) et 10.2% (répondants au questionnaire imprimé). Même si le dépistage est de plus en plus proposé de routine, cela semble insuffisant dans une population où la probabilité d’être confronté à un test positif n’est pas négligeable. Trois quart des répondants séropositifs sont en traitement en 2009 (en augmentation).

La prophylaxie post-exposition (PEP) semble bien connue des HSH mais assez peu utilisée, seuls 5% des HSH en ont déjà eue une. Le niveau d’information sur la phase de primo-infection est encore insuffisant, un peu plus d’un quart seulement des répondants se disent bien informés à ce sujet. Il reste donc une marge d’intervention sur ce thème.

L’école joue un rôle important sur les premiers conseils de prévention VIH concernant les relations sexuelles entre hommes : 40% des moins de 25 ans ont mentionné l’école comme source principale de premiers conseils, suivi des médias (34%) et des organisations gaies (12%).

Pour plus d’informations : Rapport GaySurvey 2009

Notes

[1] Sérosorting  : choix des partenaires sexuels en fonction de leur statut sérologique déclaré

[2] Positionnement stratégique  : lors d’un rapport sexuel pénétratif non protégé, choisir préférentiellement le rôle insertif / "actif" celui-ci exposant statistiquement moins au risque de transmission du VIH que celui de réceptif / "passif".
Pour autant, cela ne signifie nullement que les insertifs/"actifs" ne courent aucun risque de contraction du VIH.

[3] Prévalence  : proportion de personnes infectées (ici par le VIH) au sein d’une population (ici les HSH suisses) à un moment donné (ici 2009)