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Retour sur la Pride 04 à Genève Rançon de la gloire et dignité du (...) Partenariat enregistré Le premier couple gay de Neuchâtel
Genève :
Un phare, un mot doux...
par  Frédéric Gloor, le lundi 16 août 2004, vu 348 fois
Tags : - Genève - Littérature

« Que serait la vie si on ne prenait pas quelques risques de temps en temps ? » relève François, l’audacieux créateur et animateur de la librairie gay Ô mots doux ouverte l’année dernière à Genève en même temps que le bar sans prétention Le Phare. Une année et une Pride plus tard, le libraire et le barman se confient en un double entretien.

Une librairie aux airs de centre culturel lesbigay

Si le concept de librairie/boutique gay et lesbienne n’est pas révolutionnaire, il se trouve que Ô mots doux est le seul lieu de ce type en ce moment en Suisse romande. « Vendre un livre ou un film, le conseiller, en parler, c’est très souvent un moment de partage privilégié avec le ou la cliente », relève François.

François développe en complément des rayonnages de livres, films, photos et gadgets, des réunions sur certains thèmes et des expositions sur ses murs. « Il est rare d’aborder l’érotique avec autant de simplicité » s’exclame admirativement Pierre du Phare. « J’espère que plein d’autres boutiques s’ouvriront, car alors j’aurai la preuve que le concept est viable » conclut le libraire.

Un Phare qui ne ressemble à rien

Ouvrir un petit bar, disposer des canapés et cuire des tartes, rien de nouveau sous le soleil de Genève. Dans un des derniers numéro du mensuel 360°, YGM a écrit : « Le Phare s’impose comme un joli morceau de n’importe quoi qui éclate de rire. » Pierre a trouvé cette définition parfaite : « Ces derniers temps, je me disais que le Phare était aléatoire et je tends à le rendre toujours plus aléatoire. Les gens se sentent un peu comme à la maison, finissent toujours par discuter avec quelqu’un, même inconnu. Je dirais que tout y est permis, et bienvenu. On y rencontre autant le costard cravate que le squatter. En fait, il n’y a pas d’unité ou alors celle formée par toutes ces différences. À part ça, il n’y a plus de canapés ni de tarte, mais un banc et des tapas, une bibliothèque et chaque 21 du mois, une nouvelle expo » . Si en été les animations du vendredi sont moins fréquentes, terrasse bondée oblige, Pierre espère développer à l’automne les concerts classiques du dimanche. « Je suis fier de ce lieu profondément convivial qui ne ressemble à rien ».

« Le Phare ? ... ? c’est pas un bar à pédés ??? » demande François. « Non sérieusement ce que Pierre fait au Phare est SUPER, l’ambiance qu’il insuffle dans ses locaux est positivement géniale. L’ouverture aux autres n’est pas un simple slogan publicitaire. L’énergie qu’il met à faire vivre son bar est tout simplement phénoménale !!! Les soirées thématiques, les expositions, les concerts... MAIS QUAND DORT-IL ? »

Un dernier mot sur la Pride

François : « Après une semaine de folie, un voile rose (évidemment) est retombé sur la cité de Calvin. Mais est-ce que tout est redevenu pareil ? Je n’en suis pas si sûr. Il me semble que certains discours flottent encore sur la Rade, que certaines images restent encore gravées au fond des rétines de certains participants et de certains spectateurs, et en allant faire un tour au Parc des Bastions j’ai cru apercevoir un peu de rose sur les joues des réformateurs. »

Pierre : « L’idée m’avait charmé : transformer un défilé suivi de fêtes en une semaine culturelle autour de... du cinéma, des expos, des conférences, des spectacles. Qui aurait pu croire que des gays puissent offrir cela à la communauté ? »