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Société
Les faits divers d’été sont (pas) gays Pride Genève 2004 - Quelle sera la couleur de la Pride (...)
Genève, sept ans plus tard.
D’une 1ère Pride à la prochaine.
par  Frédéric Gloor, le jeudi 11 septembre 2003, vu 1432 fois
Tags : - Genève - GayPride

Plus d’un millier de gays, lesbiennes, bisexuels, transgenres et leurs amis traversent Genève sous la pluie. Il dénoncent les discriminations dont ils sont victimes. On peut lire sur des pancartes “L’amour homosexuel ne détruit pas la couche d’ozone”. Nous sommes en 1997, la première grande lesbian and gay pride à l’époque des Drag Queen et d’une provocation aujourd’hui rangée dans le placard.

Sept ans plus tard, la ville internationale remet ça. Mais plus rien n’est comme avant. Retour sur le passé avec Philippe Scandolera qui a été le coordinateur de cette 1ère Pride et qui co-préside aujourd’hui l’association 360°.

Comment tout à commencé

A Genève, “La boîte à Brigitte” rythmait la vie culturelle gay et lesbienne alternative. Tous le monde était le bienvenu dans ce squat qui organisait régulièrement des soirées et des petites manifestations. “On mettait l’argent dans un pot commun” se souvient Philippe Scandoléra, “c’est là-bas que tout à commencé et qu’est né le collectif organisateur de la gay and lesbian Pride and friends”.

Tout Genève gay s’était rassemblé autours de ce projet :

  • Dialogai, association des gays masculins dont le travail de l’époque était presque exculisivement basé sur la prévention hiv/sida
  • Le Centre femmes Nathalie Barney, devenue depuis Lestime, association des femmes lesbiennes
  • Uni-gay, petite association d’étudiants dissoute depuis (et entre temps remplacée par Think Out, ndlr)
  • Le Squatt “La Boîte à Brigitte” ; - aujourd’hui fermé
  • Artamis, mouvement alternatif qui démarrait à l’époque, regroupant des artisans, des micro-entreprises, des bars alternatifs etc
  • les commerçants gay

Sans oublier bien sûr les individus, qui n’appartenant pas à une association précise avaient voulu rejoindre ce projet.

Dialogai, association structurée et reconnue par les pouvoirs publics, a permis d’envisager une Pride plus grande avec un certain retentissement” explique Philippe Scandolera.

Un événement qui a pris de l’ampleur au fil de son organisation

Tout s’est crée dans la foulée et l’événement a pris de ampleur.” explique Philippe Scandolera. De l’International au Local, le défilé partait de la Place des Nations Unies pour rejoindre le site d’Artamis. “Au début, on voulait faire la pride à l’Usine, centre alernatif, mais ça n’avait pas collé, notamment au niveau financier, ils étaient trop gourmands” raconte Philippe Scandolera. Toutefois, l’autorisation a eu de la peine à venir. Gerald Ramseyer, Conseiller communal, alors en charge de la Police, s’inquiétait que la manifestation ne tourne mal en occupant le site d’Artamis. Il n ‘a délivré l’autorisation que deux jours avant la manifestation.

Apprendre à se mélanger

Ce grand mélange genevois a été la première collaboration entre des groupes cloisonnés. “Certains ont pris du plaisir à travailler dans la mixité garçons, filles, homos, hétéros” explique Philippe Scandolera. “Dialogai traversait une crise, avec l’arrivée des tri-thérapies, et beaucoup de bénévoles se sont désengagés du travail de prévention sida par lassitude et croyant le combat terminé”. La Pride et cet esprit de travail collectif pluriel a donné des idées à certains qui ont formé 360°, première association LGBT and friends de Suisse. Mais la Pride n’a pas eu que des effets au bout du lac, les associations romandes se sont également retrouvées pour la première fois et, tous ensemble, ont approuvé ce principe d’itinérance unique à la Pride romande. Pas de comité directeur mais une association Pride qui se forme et se dissout d’année en année, le bénéfice étant redistribué aux associations.

En 2004, on remet ça !

Ca nous touche qu’elle revienne à Genève puisqu’on est né là dedans”. Un tour complet et on recommence, pour 2004, Philippe Scandolera souhaiterait que la Pride revienne a Genève pour sensibiliser sur les aspects international. “Je pense que ça va être bon pour les associations genvoises de se retrouver autour de ce projet fort” explique Philippe Scandolera, “sans oublier que nous seront en plein débat national sur le partenariat, nous aurons besoin de nous retrouver pour pouvoir parler d’une seule voix”.