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Les stratégies de lutte contre le sida chez les homosexuels à (...) Gaysurvey 2012
HSH : des constats partagés, des réponses discordantes
par  la rédaction, le mardi 7 août 2012, vu 141 fois

Longtemps négligée dans le cadre des conférences mondiales, l’épidémie chez les gays et autres hommes ayant des relations homosexuelles (HSH) fait désormais l’objet d’une multitude de présentations et sessions spécifiques. Si tout le monde s’accorde à souligner que dans les HSH représentent partout le groupe le plus touché, les avis divergent quant aux réponses à apporter.

Stefan Baral de la Johns Hopkins School of Public Health (USA) plaide pour des solutions visant à réduire l’infectiosité des HSH séropositifs, notamment via une meilleure couverture antirétrovirale de cette population. Dans un modèle publié dans un numéro spécial du Lancet et présenté mardi dernier à la conférence, Stefan Baral fait en effet l’hypothèse que la dynamique épidémique particulièrement active chez les HSH est moins due à des facteurs comportementaux (nombre de partenaires, nombre de relations sans préservatif, etc.) qu’à des facteurs biologiques. La probabilité de transmette le virus par acte sexuel serait en effet 18 fois plus élevée dans un rapport anal que dans un rapport vaginal (la paroi anale étant plus mince que la paroi vaginale et n’étant pas naturellement lubrifiée, elle est plus susceptible d’être blessée lors d’un rapport, ce qui facilite la transmission du virus). A cela s’ajoute le fait que les hommes peuvent être versatiles dans les rôles sexuels (avoir à la fois un rôle insertif et réceptif).

Ils ont donc en même temps une forte probabilité d’être infectés par le VIH (lorsqu’ils sont réceptifs) et de le transmettre (lorsqu’ils sont insertifs), alors que dans un réseau sexuel hétérosexuel, où les rôles sont figés, chaque partenaire est soit plus exposé au risque d’acquisition, soit au risque de transmission, mais non les deux en même temps.

  • Les traitements, ça marche... mais pas assez !

Baral a conclu en soulignant la nécessité d’agir sur les facteurs structurels (homophobie, discrimination envers les personnes séropositives) qui empêchent un meilleur accès aux traitements et aux soins pour les HSH dans le monde. Seule la réduction de la charge virale communautaire serait en effet à même de casser la courbe d’une épidémie qui, pour l’heure, ne donne aucun signe de ralentissement dans ces groupes.

Sans s’opposer radicalement à cette vision, la présentation que le sociologue Barry Adam de la Windsor University (Canada) a donnée mercredi dernier a mis en exergue les limites des stratégies misant complètement sur l’efficacité des traitements en prévention. Malgré un accès considérable au système de dépistage et de soin dans plusieurs pays riches, l’incidence parmi les HSH ne diminue toujours pas. C’est notamment le cas du Royaume-Uni, du Canada et de la France. Parmi les causes de cet apparent paradoxe, il y a très probablement le rôle majeur que joue la primo-infection (période pendant laquelle la charge virale est très élevée) et la présence d’autres épidémies d’infections sexuellement transmissibles (syphilis, gonorrhée, etc.) qui favorisent l’infection par le VIH. De quoi laisser croire qu’on aura encore et toujours besoin de stratégies d’adaptation comportementale.

Source : Sidaction (Fr)