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Société
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Homophobie : le climat s’aggrave
par  la rédaction, le mercredi 12 mai 2010, vu 283 fois

Les internautes se défoulent contre les homosexuels. Le phénomène est en pleine expansion. Le chanteur Michael von der Heide en est aussi victime.

L’homophobie existe dans tous les secteurs, au travail, en famille, en privé comme en public avec une progression sur Internet, voilà les conclusions du rapport de SOS homophobie rendu public mardi dernier à Paris. En 2009, le Web est devenu la principale préoccupation de l’association, qui note que beaucoup d’internautes se planquent derrière leur écran pour lâcher des horreurs. Si le Net est une projection virtuelle de la réalité, il semble effectivement crucial de rester vigilant. D’autant qu’il est difficile d’agir, la responsabilité des auteurs de propos discriminatoires étant rarement établie sur des sites qui sont souvent hébergés à l’étranger. Une information claire est donc nécessaire au quotidien ou à l’occasion de la Journée mondiale contre l’homophobie du 17 mai, sachant que ce n’est pas suffisant.

Selon Manon Pulver, rédactrice en cheffe du magazine 360°, qui vient de réaliser un vaste dossier sur le sujet : « L’homophobie, c’est la haine de l’autre. Cela ressemble à ces échardes qu’on croit avoir retirées mais dont des fragments s’enfoncent plus profondément dans les chairs. » Et de raconter comment Michael von der Heide, qui représentera la Suisse le 27 mai à l’Eurovison, est confronté à des réflexions désobligeantes. Le musicien s’inquiète : « Il n’y a qu’à aller voir les commentaires de ma chanson sur YouTube, ce que les gens disent sur moi, sur le fait que je sois homosexuel. Je trouve qu’il y a un climat qui s’aggrave ces derniers temps. »

  • « Une violence inouïe »

Yves de Matteis, conseiller municipal Vert à Genève et coprésident de Pink Cross (l’association faîtière des organisations gaies en Suisse), analyse : « Il y a quelques années, au nom du politiquement correct, il était mal vu de critiquer les minorités. Désormais, chacun prend le droit de s’exprimer sous couvert de la liberté de parole. Que ce soit à propos des étrangers ou des homosexuels, il y a une violence inouïe sur les forums des journaux, où l’on peut poster n’importe quoi sans dire son nom. » Il ajoute : « Comme pour le racisme, il faudrait mettre au point un observatoire sur l’homophobie, seule manière d’évaluer précisément la situation. Des journées sur l’homophobie comme à Genève ou celles prévue en Suisse romande permettent aussi d’y voir plus clair. »

Les problèmes liés à l’homosexualité sont bien réels. Et cela malgré la fierté affichée pendant une gay pride annuelle. Ils peuvent aussi devenir dramatiques à l’âge de la puberté, au moment des premiers émois. Preuve que cette période est extrêmement sensible, le nombre d’ados qui tentent de mettre fin à leurs jours : « Le suicide chez les jeunes touche seize fois plus les homos que les hétéros. Ce qui est très préoccupant. Un adolescent africain victime d’injures racistes souffre, mais il a au moins une famille prête à le réconforter. Un homo de 16 ans moqué par ses camarades de classe n’a pas forcément le soutien de ses parents. Il est seul, enfermé dans son silence », dit encore Yves de Matteis. Malgré le coming out de plusieurs stars américaines, l’homosexualité est donc toujours taboue en 2010. Sauf d’une manière anonyme sur Internet.

Source : Le Matin