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Hormones sur internet : la tentation des jeunes trans
par  la rédaction, le jeudi 7 avril 2011, vu 174 fois

La disponibilité d’œstrogènes et de testostérone sur la Toile pousse un nombre croissant de jeunes transgenres américains vers l’automédication. Avec des conséquences potentiellement graves pour leur santé.

« Je sais comment prendre soin de moi-même », c’est la réplique de Meisha lorsqu’on l’interroge sur ses prise d’œstrogènes. La jeune transsexuelle de 21 ans achète et s’administre elle-même l’hormone, qu’elle commande sur internet, après qu’une erreur dans la gestion de son dossier médical l’en a privée. Depuis, elle a définitivement opté pour l’automédication. « C’est bien plus facile », explique-t-elle, en reconnaissant prendre la dose maximale.

En dépit des graves problèmes hépatiques, sanguins ou du risque de cancer qui peuvent, entre autres, en résulter, l’autoprescription d’hormones se généralise dangereusement chez les jeunes transgenres américains, rapporte le quotidien « AM New York ». « Pour chaque gamin qui voit un médecin, dix ne consultent pas », estime Johanna Olson, professeure assistante dans une clinique pédiatrique de Los Angeles. Les causes de ce phénomène sont multiples. Selon une étude de 2009 de l’« American Journal of Public Health », le manque de spécialiste du transsexualisme, ou plus généralement de médecins sensibles à cet état, est le principal obstacle à la prise en charge des personnes concernées. La précarisation de nombreux jeunes trans, rejetés par leurs familles au point de se retrouver sans couverture santé et parfois sans abri, est également mise en avant.

Toutefois, ces facteurs ne sont pas seuls en cause. Trinity, 22 ans, n’a pas de problème d’assurance. Elle achète ses œstrogènes à « une amie » par flacons. Elle a confiance : les emballages à 70 dollars pièce « sont scellés ». Trinity avoue seulement n’avoir « pas envie de voir un médecin ». Un sentiment que partageait Jakhari, un trans FTM du même âge – jusqu’à ce qu’un de ses amis se retrouve hospitalisé pendant presque un an après s’être autoprescrit de la testostérone achetée au noir. Et probablement frelatée. D’après lui, le principal danger ne réside pas nécessairement dans le système de santé, mais dans l’« impatience » que manifeste la plus jeune génération de trans. « L’urgence d’être soi-même est sans équivalent, confirme le Dr Johanna Olson. C’est si puissant que l’on est capable de mettre sa propre vie en péril. »

Source : 360°