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Inde - Le ministre de la Santé qualifie l’homosexualité de maladie
par  la rédaction, le mercredi 6 juillet 2011, vu 164 fois

Les mouvements indiens de défense des droits des homosexuels se sont déclarés mardi choqués par les remarques du ministre de la Santé qui a décrit l’homosexualité comme une "maladie" et les relations sexuelles entre hommes comme "anormales".

Lors d’une conférence sur le sida à New Delhi, le ministre Ghulam Nabi Azad a déclaré lundi que "les relations sexuelles entre homme étaient anormales et pas bonnes pour l’Inde. C’est une maladie venue d’autres pays".

"Ces personnes sont très nombreuses dans notre pays mais il est difficile de les identifier dans la mesure où ils ne vivent pas regroupés comme les femmes prostituées", a ajouté le ministre.

Ces remarques ont déclenché les foudres des mouvements indiens de défense des droits des homosexuels qui, après une longue bataille, ont obtenu en 2009 la dépénalisation des relations homosexuelles.

"L’homosexualité fait tout à fait partie de la nature et on en trouve même des références dans les textes religieux. Dire que c’est (une pratique) anormale est absurde", a réagi Mohnish Kabir Malhotra, défenseur des droits des homosexuels.

"Je pense que le ministre doit s’excuser immédiatement. Il a insulté toute la communauté homosexuelle", a-t-il ajouté.

"Nous ne sommes pas anormaux et nous ne souffrons d’aucune maladie. Oui, nous sommes gay, nous reconnaissons et nous sommes ouverts à propos de notre sexualité et nous méritons le respect", a ajouté Sylvester Merchant, un militant gay de l’Etat du Gujarat.

Même si les relations homosexuelles ont été légalisées en 2009, le sujet reste tabou pour la plupart des Indiens.

Aucune personnalité du monde sportif, politique ou du spectacle ne s’est ouvertement déclarée gay ou lesbienne.

  • Le ministre se défend

Le ministre s’est défendu affirmant que les propos choquants lui ayant été prêtés étaient "totalement déformés". "Comme ministre de la Santé, je sais qu’un homme ayant des relations sexuelles avec un homme, ce n’est pas une maladie", a-t-il déclaré lors d’un point presse organisé après la vague de protestations. Lorsqu’il parlait de "maladie", il se référait au virus du sida, et non à l’homosexualité, a prétendu le ministre.

  • Réactions de protestation

Les propos du ministre ont provoqué des protestations, aussi bien d’autorités sanitaires que d’associations.

Le ministre a tenu des remarques "irresponsables" et "homophobes", ne pouvant qu’"avoir un impact négatif sur les vies des homosexuels, qui se battent déjà contre la discrimination", a estimé Bertrand Audoin, directeur exécutif de la Société internationale du sida, qui organise les conférences mondiales sur le sujet.

Il a rappelé que la stigmatisation des homosexuels "les éloigne de la prévention du virus du sida, du traitement et des soins dont certains ont dramatiquement besoin".

L’Onusida "rejette les préjugés et les idées fausses" sur les homosexuels, et "ne considère pas l’homosexualité comme une maladie", a souligné Michel Sidibé, directeur général de l’organisation.

En France, Bruno Spire, responsable de l’organisation Aides, s’est dit "consterné" devant de tels propos, "totalement contraires à la science et aux impératifs de santé publique".

Jean-Luc Romero, président d’Elus Locaux Contre le Sida, s’est dit "sidéré" par les propos "inacceptables" du ministre indien, "de nature à justifier les discriminations, voire à provoquer des violences homophobes".

Source : AFP via E-llico