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Société
Un gay se fait refuser son sang
Independance Gay
- 4 juillet 1998 -
Les extraterrestres débarquent à Lausanne
par  Frédéric Gloor, le samedi 4 juillet 1998, vu 506 fois
Tags : - Lausanne - GayPride - Association LGBT

Le samedi 4 juillet 1998, n’était pas seulement la journée de l’indépendance américaine, mais la permière gay pride de Lausanne, considérée comme la journée d’ "indépendance" gay. La parade n’est pas un simple cortège tel celui de "La fête du bois" (qui s’est déroulé deux jours plus tôt sur le même lieu).

C’est un défilé de revendications :

  • pour l’égalité des droits et contre les discriminations.
  • pour une reconnaissance juridique des couples de même sexe.
  • pour une véritable reconnaissance de l’homosexualité dans la vie quotidienne.

La Gay Pride s’effectue en souvenir de la nuit du 27 juin 1969, où les clients d’un bar gay new-yorkais ont résisté aux agressions injustifiées de la police. La Pride se fait pour continuer à revendiquer l’égalités de droits. Pour en savoir plus, je conseille à tous le film "Stonwall" qui retrace cette histoire.

Pour se faire, commerçants et associations s’associent à la gay pride pour que la fête retentisse dans toute la région.


Raisons de la Pride 98


Ce texte est tiré du site officiel de la Pride_98

  • Revendications et dénonciations :
  • Sur le plan international :

De nombreux pays condamnent encore l’homosexualité par des peines allant de l’incarcération à la peine capitale (cf. rapport d’Amnesty International concernant la pénalisation et la répression des homosexuels dans certains pays ; par exemple la peine de mort en Iran et au Soudan).

  • Sur le plan international / national :
    • Solidarité contre le racisme :

La nécessité d’émancipation ne peut se limiter à certaines catégories de personnes, comme les homosexuel(le)s, mais doit s’étendre à toutes les catégories qui font l’objet de discriminations. Ceci pour un meilleur respect du principe d’égalité et de dignité humaine.

    • Sur le plan national :

Inclusion dans l’article 7 (anti-discriminatoire) de la Constitution fédérale de l’interdiction de toute discrimination fondée sur l’orientation sexuelle. En effet, dans le cadre de la révision de la Constitution, le Conseil fédéral a dressé la liste des motifs pour lesquels la loi stipule que la discrimination est interdite : seule l’orientation sexuelle n’y était pas mentionnée…

Cette motion a été au dernier moment supprimée de la liste par le département de M. Arnold Koller sous prétexte qu’elle aurait créé des problèmes juridiques et politiques. Pour vérifier le bien-fondé de cette argumentation, le collectif de la Lesbian and Gay Pride & Friends et Pink Cross ont commandé en juin 1997 à l’institut Link un sondage portant sur un échantillon de 519 personnes de Suisse romande et alémanique, âgées de 15 à 74 ans, dont nous vous livrons les résultats (voir sondage des 16-17 juin 1997 ci-joint).

A noter qu’en Suisse les sondages sur l’opinion de la population, à l’égard des homosexuel(le)s, sont quasiment inexistants.

  • Sur le plan national / local :
    • Partenariat :

Reconnaissance juridique des couples non-mariés (solidarité des homos / hétéros au niveau du concubinage). Élaboration d’un contrat de vie commune permettant de combler les lacunes juridiques dans divers domaines (assurances sociales, hospitalisation, succession, droit du bail ; cf. également le sondage Link).

  • Sur le plan régional / local :
    • Soutien aux associations :

Il y a urgence à considérer les associations homosexuelles comme associations d’utilité publique (contrairement aux arguments présentés par certains gouvernements pour refuser tout subside) - indépendamment du volet sida - pour améliorer leurs conditions de vie et la diversité de leurs activités.


Le slogan de cette Pride est

« Je t’aime comme tu es, je m’aime comme je suis ».

Ce slogan reprend une des idées-force du logo : le sentiment humain, l’amour. Mais il le démultiplie en deux mouvements. Le premier, « Je t’aime comme tu es », représente le besoin de tout être humain d’être aimé, reconnu et respecté par ses amis, sa famille, ses proches, ses voisins, etc. Et les homosexuel(le)s n’y font pas exception. La deuxième partie, « Je m’aime comme je suis », renvoie au besoin qu’a tout être humain de s’accepter soi-même, en tant que tel, sans devoir se mentir continuellement ou se cacher. Et là aussi, les homosexuel(le)s ne sont pas différents des autres personnes.

L’association lesbian and gay pride & friends :

L’association lesbian and gay pride & friends est une association sans but lucratif au sens des art. 60 et ss du Code civil suisse. Elle a été créée le 12 novembre 1997, et son siège est au domicile du coordinateur.

Les buts sont

  • de promouvoir l’intégration et la reconnaissance des homosexuel(le)s (gays et lesbiennes) dans leur vie personnelle, familiale et professionnelle ;
  • la défense de leur dignité ;
  • d’associer à ses activités les ami(e)s « friends » afin de créer un cadre de réflexion libre de toute ségrégation ;
  • de créer ainsi un lieu de coordination et d’échange d’idées entre les diverses associations de la région (Suisse romande, France voisine, Italie du nord et autres) ; de redistribuer les bénéfices obtenus par l’Association afin de soutenir des associations, divers projets ainsi que pour alimenter des fonds de soutien et de solidarité.

Pour atteindre son but, l’Association entreprend toutes démarches afin de réunir lesbiennes, gays et amis lors d’événements festifs et politiques, et en particulier lors de la fête annuelle « lesbian and gay pride & friends » qui aura lieu chaque année dans une ville différente de Suisse romande.


Foin des préjugés !
Les "priders" fleurissent les pavés lausannois

Laurent Caspary - 24heures

La municipalité lausanoise vue par Burki

Plusieurs milliers de spectateurs se sont réunis samedi afin de suivre le défilé de la première Gay Pride dans la capitale vaudoise. Beaucoup se demandaient s’ils allaient "reconnaître quelqu’un dans le cortège".

Entre Lausanne et la communauté homosexuelle, l’histoire d’amour continue !

Bien au-delà des frontières helvétiques, la capitale vaudoise était déjà réputée pour être un lieu "chaud" en matière de soirées et d’événements gays (lire encadré). Les Lausannois l’ont confirmé, samedi, en réservant un accueil presque triomphal aux "priders" qui ont défilé dans les rues du centre-ville.

Ils étaient des milliers (près de 5000 selon la police, et plus de 10’000 selon les organisateurs) à s’être massés le long de l’avenue Jules-Gonin, sur la place Saint-François ou à la Palud ; le Grand-Pont était noir de monde. Des jeunes, mais également des parents avec leurs enfants et des personnes plus âgées. Pendant plus de deux heures, ils ont applaudi et encouragé ceux qui prenaient part au cortège.

Par curiosité

"Il paraît qu’ils finissent ce soir au Moulin à Danse, explique une dame retraitée, apparemment bien renseignée, à une autre, retraitée également. Nous habitons Ouchy, précisent-elles et nous sommes venues par curiosité. Mais attention, ce n’est pas une curiosité malsaine ; bien au contraire, nous voulions simplement ne pas rater l’événement !" Assises sur un banc du parc Montbenon, juste avant le défilé, deux autres dames n’ont pas manqué une miette du spectacle se préparant. "L’homosexualité a toujours existé, s’exclame l’une d’elles. A notre époque, ils se cachaient, c’est tout. Moi, je n’en suis pas... mais j’ai un neveu qui est gay, et vous ne trouverez pas un garçon plus adorable !" Dont acte.

Un melting-pot

Vers 16 heures, après les discours officiels, le cortège s’est lentement ébranlé depuis l’esplanade de Montbenon. Une vingtaine de chars et de véhicules, décorés par des associations ou par des entreprises commerciales (clubs "gays et lesbiennes", saunas, etc.), suivis par un melting-pot de drag-queens et de manifestants avec banderoles et pancartes. "Abondance d’homosexuels ne nuit pas" et "Donner des droits aux lesbiennes et aux gays n’enlève aucun droit à personne", pouvait-on lire notamment.

"Je me réjouis de les voir passer, dit un père de famille dans la foule. Je me demande si je vais reconnaître quelqu’un dans le défilé !" Dans cette ambiance bon enfant, les détracteurs ne semblaient pas donner signe de vie. Ou presque. "Leur côté provocant, la façon dont certains s’habillent me gêne un peu, tempère une jeune femme. Mais, après tout, ils sont libres de faire ce qu’ils veulent." Au début de l’après-midi, des rumeurs circulaient sur la présence d’un groupe distribuant des tracts au centre ville, affirmant que "l’homosexualité est une maladie mentale".

Du côté de la police municipale, on ne déplorait aucun incident. On regrettait toutefois que quelques consignes, comme les niveaux sonores de la musique diffusée, n’aient pas été respectées. De plus, le courant des lignes des transports publics a dû être interrompu durant le défilé, afin d’éviter des accidents aux porteurs de drapeaux. C’est finalement au Flon, dans le "village gay", que le cortège s’est dispersé au début d’une soirée qui s’annonçait déjà prometteuse.

Une nuit chaude et propice

De nombreux gays italiens du Val d’Aoste viennent régulièrement en Suisse romande pour danser et faire la fête. Comme bon nombre d’autres stands du "village gay" — une trentaine au total — celui de l’association italienne du "28 giugno" propose des informations sur la communauté (le 28 juin 1969 marque la date du premier soulèvement homosexuel aux Etats-Unis contre les violences policières). "Lausanne est très connue dans notre région, explique un membre. C’est une ville très bien pour les gays, et cette manifestation en est la preuve."

Entre les stands, les visiteurs dansent, mangent, font la fête. Certains musardent auprès d’un grand libraire — présent avec pas moins de 6000 livres traitant de l’homosexualité — d’autres découvrent les activités d’une association de lesbiennes ou celles d’un club... sadomasochiste. Le soir tombé, un défilé de mode proposé par deux boutiques lausannoises s’est déroulé sous l’écran géant situé en plein air.

C’est seulement vers 22 h que la partie nocturne de la manifestation a réellement débuté avec l’ouverture du MAD et du D !Club, qui étaient de la fête. Une chaude ambiance régnait ; le cinéma du MAD — qui proposait des films X — a fait le plein, et des danseurs (presque) nus se produisaient au-dessus de la piste principale. De son côté, le Casino de Montbenon a connu une fréquentation plus faible. Un peu excentré, le lieu n’avait été programmé qu’au tout dernier moment, à la place de la salle Métropole (24Heures du 26 juin). Une fois la fête terminée, les organisateurs étaient soulagés. "Nous sommes globalement très satisfaits, explique Alain Kissling, membre du comité d’organisation. Cette Gay Pride version 1998 s’est déroulée bien au-delà de nos espérances."