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Un crime nommé homosexualité
par  Frédéric Gloor, le lundi 3 octobre 2005, vu 561 fois
Tags : - Homophobie - Législation - Iran

Le 19 juillet dernier, deux jeunes Iraniens ont été pendus sur la place publique, accusés du crime d’homosexualité.

On n’arrive pas à savoir parmi les divers articles écrits sur le sujet quel était l’âge des deux jeunes, pendus pour avoir eu des relations homosexuelles. Il se peut qu’ils n’aient pas eu 18 ans. Quelques semaines après cette execution, lILGA (International Lesbian and Gay Association) adopte la version officielle de l’histoire qui dit qu’ils ont été pendus pour avoir eu une relation sexuelle avec un autre jeune, âgé de 13 ans. Le jeune garçon n’ayant pas atteint l’âge de consentement, il échappe à une condamnation mais fait des deux autres des violeurs d’enfants. Avant cette exécution, les deux jeunes ont été emprisonnés 14 mois et ont reçu 228 coups de fouet.

Le 16 août, un homme de 27 ans est condamné et exécute dans la ville d’Arak pour un motif similaire. Le 27 août, un quatrième est mis à mort.

La terrible loi

L’homosexualité, masculine comme féminine, est considérée comme illégale en Iran. La loi condamne la sodomie par la mort. Le “frottement” de deux corps masculins l’un contre l’autre coûtera 100 coups de fouet aux protagonistes. A la troisième récidive, la punition sera la mort. Si deux hommes se tiennent nus dans le même endroit sans nécessité, tous les deux seront punis de 99 coups de fouet. Embrasser avec plaisir est condamné par 60 coups de fouet. Le lesbianisme est puni de 100 coups de fouet. Le transsexualisme par contre est accepté. Il n’est nullement condamnable de vouloir changer de sexe.

OutRage ! estime à 4 000 le nombre de gays et lesbiennes exécutés depuis l’arrivée au pouvoir des ayatollahs en 1979. Dans ces années-là, 70 personnes ont été exécutées pour avoir essayé de créer une association gay. En 1992, suite à une descente de police dans une fête privée, près de 100 homos ont été condamnés à mort.

Ailleurs en Islam

L’homosexualité est illégale dans 26 pays islamiques. Seuls 3 n’ont pas de loi contre les homosexuels : l’Egypte, l’Indonésie et l’Irak. Parmi ceux qui la condamnent, certains renforcent l’interdiction par la peine de mort : l’Iran, la Mauritanie, l’Arabie saoudite, le Soudan et le Yémen. Le Pakistan semble être parmi les plus coulant avec une peine de deux ans d’emprisonnement et quelques centaines de coups de fouet. En Malaisie, on écope de vingt ans d’emprisonnement. Mais la loi islamique dans ce pays ne s’applique qu’envers les musulmans pratiquants : les autres citoyens y échappent.

Comment se débarrasser d’un ennemi gênant ?

En 1992, un leader musulman sunnite, opposant au gouvernement en place, a été liquidé après avoir été accusé d’homosexualité. L’homosexualité génère un mépris profond dans la population, c’est l’accusation idéale si vous voulez vous débarrasser d’une personne gênante. Le chef de l’Etat et leader suprême de la République islamique d’Iran condamne l’Angleterre et les USA pour promotion des relations homosexuelles, clamant que les deux pays ont légalisé le mariage gay. L’homosexualité est présentée comme un symptôme de décadence et de corruption de la culture occidentale. Si George W. Bush savait ça... Si l’on peut se poser la question de savoir pourquoi l’Iran a annoncé cette exécution et diffusé les photos des deux garçons, yeux bandés et corde au cou, on pourrait avancer l’hypothèse de la provocation. En effet, alors que Bush a renforcé son discours face à l’Iran, ce dernier souhaiterait démontrer que ces mises à mort contre des “dégénérés” soulève des protestations dans l’Occident décadent. Or, si les organisations ont réagi, ce ne sont que quelques hommes politiques qui ont condamné ces mises à mort. En France, le président et son premier ministre se sont bien abstenus de commenter le triste événement.

Vers la reconnaissance de l’homosexualité comme motif d’asile

En Suisse, la LOS et Pink Cross, ont demandé vendredi 26 août 2005 par voie de communiqué de presse l’arrêt immédiat des renvois des demandeurs d’asile iraniens homosexuels. La Suède et les Pays-Bas n’ont pas attendus pour bloquer les renvois. Cette sinistre affaire soulève dans les pays civilisés la question fondamentale d’ouvrir clairement les demandes d’asile aux homosexuels qui risquent la mort dans leur pays pour le simple fait d’exister.