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Société
Homophobie ? - les propos des Jeunes UDC du Valais romand 2/2 « (...) Grégory Logean persiste et signe
Jeunes UDC valaisans : le coming out des anti-homo ?
par  la rédaction, le mardi 9 juin 2009, vu 134 fois

Attention, c’est un beau cas d’homophobie revendiqué : Dans le canton suisse du Valais romand, les cathos intégristes font leur promo pendant la journée mondiale de lutte contre l’homophobie.

A l’occasion de la Journée contre l’homophobie du 17 mai, la formation politique a pris position contre la « banalisation de l’homosexualité » qu’elle considère comme un « comportement déviant. »

Dit-elle tout haut ce que beaucoup pensent tout bas ?

Voici leur déclarations :

NON à la banalisation de l’homosexualité !

A l’occasion de la Journée mondiale du 17 mai en faveur de l’homosexualité, les Jeunes UDC du Valais romand rappellent leur attachement au droit naturel et chrétien et condamnent fermement la banalisation de ce comportement déviant.

En effet, la nature de l’homme est régie par des lois qu’une conscience droite découvre sans difficulté. Une d’elles montre que la différence des sexes a pour but principal la procréation. C’est notamment par le respect de cet ordre que les êtres humains trouvent leur épanouissement.

Il est dès lors regrettable et scandaleux que des institutions publiques, tout comme malheureusement la majorité de la classe politique et l’Etat, se mettent à promouvoir un choix de vie qui s’inscrit contre la famille, lieu de perpétuation de la génération humaine et donc de la survie d’une nation.

En conséquence, les Jeunes UDC du Valais romand condamnent fermement la reconnaissance de cette … vicieuse Journée mondiale. Cette dernière ne vise en effet qu’un seul but : la banalisation d’un comportement qui s’inscrit contre la famille et également contre l’équilibre psychique et moral de la jeunesse. ” Jeunes UDC du Valais romand
Grégory Logean, Président et Conseiller municipal


Lu dans lesquotidiennes.com, journal suisse, mais, et c’est rassurant, des voies s’élèvent pour dénoncer cette homophobie …

Vicieuse, la Journée mondiale contre l’homophobie ?

C’est l’avis des Jeunes UDC du Valais romand, regroupant 200 membres. Dans une prise de position musclée, ils font état de leur attachement au « droit naturel et chrétien et condamnent fermement ce comportement déviant. » Comportement, martèlent-ils encore, qui « s’inscrit contre la famille, lieu de perpétuation de la génération humaine et donc de la survie d’une nation. » Quatre ans après l’entrée en vigueur de la loi sur le partenariat entérinée par 58% des citoyens suisses, ces propos génèrent quelques légitimes crispations (participez à notre débat).

  • « Médias gay friendly »

« Le langage des médias est très gay friendly », note Jean-Paul Guisan, secrétaire romand de Pink Cross, association faîtière des organisations homosexuelles en Suisse. Cette unanimité ne se retrouve pas dans la population, estime-t-il, cependant. « Une minorité est encore clairement homophobe. L’acceptation de l’homosexualité n’est parfois qu’une façade. »

L’historien Thierry Delessert, qui rédige actuellement une thèse sur l’homosexualité masculine pendant la Seconde Guerre mondiale, se montre préoccupé. « Je décèle dans cette prise de position la réactualisation du vocabulaire de la déviance et de la naturalité employée jusqu’à la fin de la guerre 39/45. »

  • Arguments d’avant-guerre

L’universitaire constate que de nombreuses personnes envisagent l’homosexualité comme un choix de vie tout à fait délibéré. Cette conception lui apparaît comme nettement rétrograde. « L’un des arguments en faveur de la dépénalisation des actes homosexuels en Suisse intervenue en 1942 était précisément qu’il ne s’agit pas d’un choix. Remettre cela en question me paraît dangereux. » Thierry Delessert est surtout inquiet que l’intolérance envers les homosexuels puisse devenir un argument politique.

L’Union démocratique fédérale (UDF) a également développé un argumentaire de réprobation de l’homosexualité. Le président de la section vaudoise précise cependant que le parti n’a rien à reprocher à la Journée contre l’homophobie. « Bien au contraire, insiste Jérôme Wulliamoz. Nous ne condamnons pas les personnes. Nous sommes contre le fait que l’homosexualité déborde de la sphère privée et impose des exceptions juridiques. »

  • « Banalisation de l’homophobie »

Lorsque Filippo Rivola, 25 ans, a lu les propos des jeunes UDC valaisans dans la presse, il a d’abord jugé inutile de réagir. « Mais il y a des choses qu’il ne faut pas laisser passer. On assiste à une banalisation de l’homophobie. » Cet étudiant lausannois, engagé dans diverses associations de défense des droits des homosexuels, a créé sur Facebook un des deux groupes exprimant leur désapprobation. L’un compte plus de 800 membres, et l’autre quelque 1500.

Christian Leu, étudiant en histoire à l’Université de Berne, attire l’attention sur les dangers engendrés par de tels propos. Il a publié un récent rapport démontrant que les adolescents homosexuels et bisexuels présentent un risque de suicide significativement plus élevé que la moyenne. Le malaise d’une partie de ces jeunes vient en effet de réactions intolérantes qui leur transmettent une mauvaise image d’eux-mêmes. « Le communiqué haineux de l’UDC peut être de nature à faire baisser l’estime de soi de certains homosexuels. » Christian Leu se réjouit des réactions critiques envers la formation politique valaisanne . « Souhaitons qu’elles soient nombreuses. Cela montrera que les positions homophobes émanent d’une minorité. »

Source : Actualité des Gays