Accueil du site > Infos > International > L’Amérique latine à l’heure des droits (...)
International
Lituanie : la loi sur la protection des mineurs ne mentionne plus (...) Madrid : croisade hispano-papiste contre le mariage gay
L’Amérique latine à l’heure des droits homosexuels
par  la rédaction, le jeudi 24 décembre 2009, vu 125 fois

Les droits des homosexuels ont progressé en Amérique latine avec la légalisation cette semaine à Mexico du mariage de couples du même sexe, une première dans la plus grande région catholique du monde, réputée pour son machisme.

Les députés de l’Assemblée du District fédéral mexicain, autrement dit de la capitale du Mexique, ont modifié lundi l’article du code civil qui spécifiait que "le mariage est l’union librement consentie entre un homme et une femme".

Si la ville de Buenos Aires, ou des pays comme l’Uruguay et la Colombie autorisent les unions civiles, le mariage homosexuel n’est possible nulle part ailleurs dans l’immense région qui s’étend du Rio Grande à la Patagonie.

Mais globalement les droits progressent et l’espoir grandit, selon les défenseurs de la cause homosexuelle.

"Egalité !", "qu’ils se marient !". Voici l’ambiance électrique qui régnait le 1er décembre au registre de l’état civil de Buenos Aires. Deux hommes autorisés par une juge à se marier venaient d’être privés de leur cérémonie au dernier moment par une décision de justice contradictoire.

Loin de baisser les bras, la Fédération des Lesbiennes, Gays, Bisexuels et Trans, a annoncé qu’elle présenterait 50 recours en justice pour que le mariage ait lieu.

L’organisation compte également sur un sursaut du Parlement argentin, appelé à examiner en 2010 une réforme du Code civil qui permettrait ces unions, jugées "immorales" par l’église catholique.

La controverse sur le mariage englobe l’adoption. A Mexico, le texte l’autorise, et l’opposition conservatrice a annoncé qu’elle introduirait un recours.

La revendication a également été exaucée cette année en Uruguay, qui a réformé à cet effet le Code de l’Enfance.

Ce petit pays entre l’Argentine et le Brésil s’est illustré, sous le premier gouvernement de gauche de son histoire, par plusieurs mesures contre la discrimination des homosexuels, dont l’une autorisant leur enrôlement dans l’armée.

"Le progrès le plus important se situe peut-être au niveau social et culturel, plus qu’au niveau politique", estime Mauricio Coitino, de l’ONG Ovejas negras.

Le grand voisin, le Brésil, a lancé en 2009 un plan national pour les droits des homosexuels incluant la formation de fonctionnaires et professeurs, le financement de défilés gays ou la défense d’un projet de loi punissant l’homophobie.

Cette année, le géant latino-américain a battu son record de défilés : 189 organisés dans les villes de plus de 200.000 habitants. "C’est un grand progrès", selon Toni Reis, président de l’Association brésilienne de Gays, Lesbiennes et Transgenres (ABGLT).

La Cour suprême a été saisie de deux demandes pour la reconnaissance de l’union stable entre personnes du même sexe.

Dans d’autres pays, comme au Salvador, la tentative d’interdire explicitement les mariages gays a échoué, tandis que la Bolivie et l’Équateur ont interdit la discrimination sexuelle dans leur Constitution.

En Colombie, le combat vise maintenant l’adoption, explique German Rincon, de l’ONG Colombia Diversa.

Et à Cuba, où les homosexuels étaient envoyés dans des camps de rééducation dans les années 1960-70, le Parlement pourrait examiner un projet de loi légalisant les unions civiles et l’adoption.

Mais tout n’est pas rose. Au Costa Rica, la justice a rejeté en mai une tentative de légalisation des unions homosexuelles. Et le gouvernement péruvien a promulgué un règlement sanctionnant sévèrement les agents de police gays, qui donneraient une mauvaise image de l’institution.

Source : E-llico


Sur le même sujet : Têtu Où en sont les droits des homosexuels en Amérique latine ?

Deux hommes qui se marie en Argentine, Mexico qui ouvre ses mairies aux mariages homos… Petit tour d’horizon d’un continent qui vient de faire des pas de géant vers l’égalité.

Les droits des homosexuels ont progressé en Amérique latine, la plus grande région catholique au monde, avec la célébration à Ushuaïa en Argentine du premier mariage civil gay, qui vient d’être légalisé dans une autre ville, Mexico.

Deux hommes se sont mariés lundi à Ushuaïa, dans le grand sud argentin, au cours du premier mariage gay de l’histoire de l’Amérique latine, autorisé par le gouverneur de la province de Terre de Feu, Mme Fabiana Rios (lire notre article). « C’est un événement historique », a estimé Claudio Morgano, le président de l’Institut argentin contre la Discrimination (Inadi).

  • « La méchanceté contre les gays est historique en Amérique latine »

Mais les mariés s’attendent maintenant à une bataille juridique visant à annuler leur union. « La méchanceté contre les gays est historique en Amérique latine », estiment-ils. Alex Freyre (39 ans) et José Maria Di Bello (41 ans) sont habitués aux rebondissements. Ils avaient déjà essayé de se marier le 1er décembre, autorisés par une juge de Buenos Aires, mais une décision judiciaire contraire avait empêché leur union au dernier moment.

Pour légaliser le mariage homosexuel, les associations gay comptent sur un sursaut du Parlement appelé à examiner en 2010 une réforme du Code civil qui légaliserait ces unions, jugées « immorales » par l’Eglise catholique. En tout état de cause « c’est un progrès important, l’Eglise a un pouvoir incroyable en Argentine », estime Maria Paz Gorostizaga, du collectif gay uruguayen Ovejas negras (moutons noirs).

  • « Résistance » contre le mariage gay au Mexique

Le mariage succède de peu à la légalisation de ce type d’union à Mexico, une première dans la région qui promet également de donner lieu à une bataille juridique. Les députés de l’Assemblée du District fédéral, autrement dit de la capitale du Mexique, ont modifié le 21 décembre l’article du code civil spécifiant que « le mariage est l’union librement consentie entre un homme et une femme », et autorisé l’adoption par les couples homosexuels.

Le Collège d’avocats catholiques du Mexique a annoncé qu’il entrait en « résistance pacifique jusqu’à ce que la définition de mariage revienne à son cours naturel ». Il demandera au gouvernement fédéral de se prononcer et fera intervenir les tribunaux.

  • Des unions civiles seulement en Uruguay et Colombie

Dans le reste de l’Amérique latine, seuls l’Uruguay et la Colombie autorisent les unions civiles tout comme la ville de Buenos Aires. L’Uruguay est particulièrement en pointe, autorisant l’adoption et la possibilité pour les transsexuels de changer officiellement de prénom. « Le progrès le plus important se situe peut-être au niveau social et culturel, plus qu’au niveau politique », estime Mauricio Coitino, d’Ovejas negras.

Le grand voisin, le Brésil, a lancé en 2009 un plan pour les droits des homosexuels incluant la formation de fonctionnaires et de professeurs, le financement de défilés gays ou la défense d’un projet de loi punissant l’homophobie. Cette année, le record de défilés a été battu : 189 ont été organisés. Et la Cour suprême a été saisie de deux demandes pour la reconnaissance de l’union stable entre personnes du même sexe.

  • Le Costa Rica, un des rares mauvais élèves

A Cuba, où les homosexuels étaient envoyés dans des camps de rééducation dans les années 1960-70, le Parlement pourrait examiner un projet de loi légalisant les unions civiles et l’adoption. Et en Bolivie et en Equateur, l’interdiction de la discrimination sexuelle a été inscrite dans la Constitution.

Mais au Costa Rica, la justice a rejeté en mai une tentative de légalisation des unions homosexuelles. Et le gouvernement péruvien a promulgué un règlement sanctionnant sévèrement les agents de police gays, qui donneraient une mauvaise image de l’institution.

Source : Têtu.com