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L’Iran va lapider deux jeunes hommes en raison de leur homosexualité
par  la rédaction, le mercredi 19 janvier 2011, vu 363 fois

C’est ce qu’annonce le Comité international contre la lapidation (ICAS) dans un appel à la mobilisation. Les deux hommes auraient filmé leurs ébats avec leurs téléphones portables. Ils ont été condamnés à la lapidation au cours d’un procès sommaire.

On ne connaît pas leurs visages, seulement leurs prénoms et leur âge. Ayub et Mosleh, 20 et 21 ans. Voilà les deux nouveaux condamnés à mort du régime iranien. Arrêtés par des agents du régime, ils sont accusés d’« avoir eu des relations sexuelles entre eux et de les avoir filmées avec leurs téléphones portables ». Circonstance aggravante, des photos du président Ahmadinejad et une capture du visage du guide suprême Khamenei collées sur un âne auraient également été incorporées au film. C’est le Comité international contre la lapidation (ICAS), qui a donné l’alerte dimanche dernier dans un communiqué publié sur son site internet.

  • « DISTILLER LA PEUR AU PEUPLE IRANIEN »

Très actif, ce comité est largement médiatisé depuis qu’il a révélé le cas de Sakineh Mohammadi-Ashtiani – cette iranienne de 43 ans d’abord condamnée à mort pour le meurtre de son mari puis à la lapidation pour adultère – détenue depuis 2006 à la prison de Tabriz. « Le jugement provient d’un journal kurde et a été diffusé par l’ICAS. Il a depuis été confirmé par d’autres sources », selon le site d’information Pinknews, qui ne précise pas lesquelles.

Selon l’ICAS, « ce film est tombé dans les mains des agents du régime à Piranshahr [la ville où résidaient Ayub et Mosleh, ndlr], et un tribunal a immédiatement ordonné l’exécution des jeunes gens par lapidation, afin de distiller la peur au peuple iranien. Les nouvelles indiquent qu’ils vont être lapidés ce vendredi 21 janvier 2011 », ajoute l’ICAS. Les deux condamnés à mort seraient actuellement emprisonnés à Ourmia, au nord-ouest de l’Iran.

LE NOMBRE DE CAS SIGNALÉS A AUGMENTÉ Pourquoi tant de précipitation de la part des autorités ? Peut-être pour éviter un scandale mondial comme cela a été le cas pour Sakineh Mohammadi-Ashtiani. Sous la pression internationale, l’Iranienne, devenue le symbole de l’oppression du régime des Mollahs, a vu son exécution suspendue en septembre dernier, le temps que les autorités judiciaires réexaminent le dossier.

Les militants LGBT iraniens ont révélé que le nombre de cas signalés a augmenté ces dernières années. Toutefois, le gouvernement iranien a toujours affirmé que « la plupart de ces individus [les homosexuels, ndlr] sont inculpés pour viol ». Le journal kurde dont il est question plus haut affirme d’ailleurs que Ayub et Mosleh auraient violé un autre garçon. Mais peut-on parler de viol alors que l’Iran met sur le même plan l’homosexualité et la pédophilie ?

Car les lois sur la sodomie inscrites dans le Code pénal iranien – qui considère les rapports sexuels entre personnes du même sexe comme un crime punissable par la mort pour les hommes et par des coups de fouet pour les femmes – regroupent le viol, l’attentat à la pudeur, l’inceste et l’abus sexuel d’enfants. Ces lois permettent de juger les personnes LGBT comme des délinquants punissables par la loi au titre de déviants sexuels. Depuis 1983, les juges peuvent ordonner une exécution par lapidation en vertu de la Loi pénale islamique en vigueur dans le pays.

  • « PEU DE CHANCE DE RECEVOIR UN PROCÈS EQUITABLE »

En décembre dernier, Human Rights Watch (HRW) a publié un rapport à grande échelle sur la répression des personnes LGBT en Iran (une synthèse en français du rapport est disponible ), qui établit que les personnes accusées d’homosexualité ont « peu de chance de recevoir un procès équitable ». Il existe peu de statistiques fiables sur la fréquence à laquelle se déroulent les lapidations en Iran.

« Nous demandons aux gens partout dans le monde de diffuser la nouvelle de cet acte inhumain et médiéval dirigé contre Ayub et Mosleh et de faire tout ce qu’ils peuvent pour les sauver », poursuit le Comité dans son communiqué. « Après la campagne mondiale contre la lapidation de Sakineh Mohammadi-Ashtiani qui a conduit le régime islamique à une position de faiblesse et a révélé au monde les assassins du régime islamique et la lapidation, le régime islamique veut montrer que cette pratique dépravée ne s’arrêtera pas. Nous devons faire front contre la lapidation à Piranshahr », conclut l’ICAS.

UNE COURSE CONTRE LA MONTRE Mais en auront-ils, en aurons-nous le temps ? Car face à un régime passé maître dans l’art de louvoyer, c’est une véritable course contre la montre qui s’engage. En juillet 2005, deux jeunes iraniens de 16 et 18 ans ont été pendus au motif qu’ils avaient eu des relations sexuelles avec des hommes (voir la photo du haut). Avant leur exécution, ils avaient été emprisonnés 14 mois et avaient reçus 228 coups de fouet.

Plus récemment, c’est le jeune Ebrahim Hamidi qui a été condamné à la peine de mort après avoir été torturé et forcé à confesser des actes de sodomie. Et ce sans qu’aucune preuve tangible n’ait avéré « l’acte anal illicite » ; sur le seul fondement de la « connaissance du juge ». Et pour cause : Ebrahim Hamidi ne serait même pas gay. L’origine de ce procès serait en fait une banale dispute entre deux familles, soldée par une accusation lancée à la va-vite, et pourtant irrémédiable. En dépit des protestations internationales, la condamnation à mort est maintenue…

Source : Paul Denton pour Yagg