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L’OFSP dévoile son plan d’action pour une diminution du VIH et des IST chez les gays
par  la rédaction, le mercredi 30 novembre 2011, vu 152 fois

Brochure OFSP
« Sexe entre hommes :
vers une meilleure santé sexuelle 2012 »

(cliquez pour télécharger le document en .pdf)

Si rien n’est entrepris, les cas de VIH et d’IST continueront d’augmenter chez les hommes gays malgré leur bonne observation des règles de safer sex. L’Office fédéral de la santé publique (OFSP) en explique les raisons dans sa nouvelle brochure « Sexe entre hommes ». Seule une action conjointe à différents niveaux pourra renverser la tendance. Si rien ne change, la vie sexuelle des gays deviendra toujours plus à risque. Ils seront toujours plus nombreux à prendre des médicaments et leur prise en charge coûtera d’autant plus cher.

Depuis dix ans, les nouvelles infections au VIH augmentent chez les hommes gays et les autres hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes, alors qu’elles diminuent dans le reste de la population. D’autres infections sexuellement transmissibles (IST) sont également en hausse. Au vu de cette évolution alarmante, l’OFSP a pris l’initiative de lancer la brochure « Sexe entre hommes : vers une meilleure santé sexuelle 2012 » et publie, pour la première fois depuis 25 ans, des recommandations ciblées à l’attention de cette population particulièrement à risque.

  • Mauvaise évaluation des risques

Les gays se protégeraient-ils mal ? « Non, de manière générale, les hommes gays se protègent encore très bien », répond Roger Staub, chef suppléant de la division Maladies transmissibles à l’OFSP. Néanmoins, l’augmentation observée des nouvelles infections à VIH est due le plus souvent à une mauvaise évaluation des risques. En effet, selon les résultats du modèle mathématique de l’OFSP, la moitié des transmissions VIH chez les HSH est issue de personnes nouvellement infectées qui transmettent leur virus dans les premières semaines ou les premiers mois de leur infection. Durant cette phase, dite de primo-infection, ces personnes sont 20 à 100 fois plus infectieuses qu’elles ne le sont par la suite. Durant cette période, les rapports anaux non protégés comportent le plus grand risque de transmission. Le virus se transmet et se propage facilement sans que les personnes touchées ne le sachent.

  • Principal problème : la primo-infection hautement infectieuse

Les relations sexuelles non protégées avec de multiples partenaires réguliers sont, de l’avis de l’OFSP, la principale raison de la propagation rapide du VIH parmi les homosexuels. Car il suffit qu’une personne soit en phase de primo-infection pour infecter rapidement toutes les autres. « C’est pourquoi nous concentrons nos efforts pour réduire le nombre d’hommes sexuellement actifs au stade de la primo-infection dans les milieux gays », dit Roger Staub. C’est l’objectif que veut atteindre l’OFSP avec son plan d’action concerté avec les Checkpoints de Genève et Zürich et l’Aide Suisse contre le Sida. Ce plan inclut une campagne annuelle d’un mois, « Break The Chain », durant laquelle les gays et autres HSH sont invités à réduire simultanément et si possible systématiquement leurs risques. Roger Staub explique la stratégie du plan : « Si nous parvenons ensemble à réduire le nombre de personnes au stade hautement infectieux de la primo-infection dans la communauté gay, les risques de transmission seront fortement réduits ».

  • Multiplier les tests

Un autre champ d’action consiste à multiplier les tests de dépistage VIH et d’autres infections sexuellement transmissibles (IST). « Les hommes non monogames qui ont des rapports sexuels avec d’autres hommes devraient se faire dépister au moins une fois par an pour le VIH et les IST les plus fréquentes », conseille Roger Staub, « et même plus souvent s’ils ont eu plus de 10 partenaires au cours des six derniers mois. » Les lieux idéaux pour effectuer ces dépistages sont les centres de santé pour hommes gays Checkpoints de Genève et Zürich. Un diagnostic rapide du VIH et des IST améliore les possibilités de traitement et contribue à éviter d’autres transmissions.

  • Une communauté où il fait mieux vivre

« Si nous n’agissons pas, le nombre d’hommes gays ayant besoin d’un traitement antirétroviral aura doublé dans les dix prochaines années », dit Roger Staub. Ce n’est dans l’intérêt de personne – ni des porteurs du VIH, ni de la communauté gay, ni de notre système de santé. Roger Staub compte donc sur la communauté gay et sur chacun de ses membres pour participer au plan d’action. Si tout le monde joue le jeu, le nombre de transmissions du VIH retombera à un bas niveau. « Nous serons tous gagnants », ajoute Roger Staub, « car chacun restera en bonne santé et contribuera à faire de la communauté gay un espace de vie plus sain et plus épanouissant. »

Toutes les informations sur la problématique du VIH chez les gays et sur le plan d’action de l’OFSP figurent dans la brochure « Sexe entre hommes : vers une meilleure santé sexuelle 2012 ». La brochure sera disponible dans tous les lieux publics fréquentés par les gays dès le 1er décembre 2011. Elle peut également être téléchargée depuis le site de l’OFSP ou commandée en version imprimée sur : www.shop.aids.ch