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L’après partenariat :
Pink Cross a des Visions
par  Frédéric Gloor, le lundi 31 mars 2003, vu 241 fois
Tags : - Pink Cross

Afin de préparer déjà le «  baby blues » selon les termes de Christian Verdon, nouveau membre du comité Pink Cross, une petite conférence « VISION » a été organisée à l’issue de l’assemblée générale. Les intervenants semblaient unanimes à penser qu’il faudra poursuivre le travail.

Selon Alex Inderkum (jeune gay de Uri), il va s’agir d’intensifier les contacts personnels entre les homos et de faire mieux reconnaître et accepter la bisexualité « Certains gays pensent que ce sont des gens qui n’arrivent pas à se décider et que tôt ou tard ils nous rejoindront » ironise Alex. Il terminera par la lecture d’un texte magnifique dans lequel il se projette dans plusieurs années, confronté à devoir expliquer à un jeune gay ce que c’était que Pink Cross qui, autrefois, a dû se battre pour que les gays puissent avoir une reconnaissance politique et sociale.

Pour Yves de Mateis, membre actif d’une bonne dizaine d’association dont 360° (Genève), ILGA et Amnesty International, il va s’agir de diriger les actions sur la population qui sera peut-être encore en décalage avec la loi comme on peut l’observer pour les questions de racisme, également d’intensifier les contacts avec les autres minorités. Yves pense enfin qu’il sera de notre devoir que d’être actif pour les pays où l’homosexualité est encore pénalisé. La conférence de l’ILGA (International Lesbian and Gay Association) en 2005 devrait se tenir à Genève et coïncidera avec la demande de ce groupe à obtenir un statut de consultant à l’ONU.

Laurent Baud, président de Sarigai (Fribourg) pose un regard un peu plus inquiet et rappel que rien n’est jamais acquis. Si nous vivons une période d’avancées politique, rien ne nous assure que nous n’allons pas assister ces prochaines années à un retour des conservateurs -intégristes au pouvoir. « Même si il n’y aura pas forcément quelque chose à faire, il serait bien que Pink Cross demeure, du moins comme une veilleuse », affirme Laurent.

Lorsqu’une association s’impose un travail aussi conséquent que de faire voter une loi permettant aux couples de même sexe d’être reconnu par l’État, il est clair qu’une fois ce travail accompli, la question du maintient de l’association se pose. Dans plusieurs pays, notamment au nord de l’Europe, les associations ont eu vécu une démobilisation de leurs membres une fois les lois acceptées. Or, si l’avancée politique que cela va représenter sera de taille, on peut se demander si la population va suivre. Si les propos racistes sont punis par la loi, il ne demeure pas moins que les associations anti-racistes ont encore du travail afin de veiller que cette loi soit appliquée. Il y aura toujours le besoin d’un organe de surveillance comme SOS Homophobie en France, de plus, comme le propose Alex Inderkum, il sera important d’intensifier les contacts entre homos, car une fois l’acceptation politique, le risque de voir l’esquisse de « communauté » va s’intensifier et n’oublions pas que la loi reconnaîtra les couples et non les personnes seules. Alors, à quand une loi contre la solitude et l’isolement ?


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