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"L’homoparentalité constitue une évolution irréversible"
par  la rédaction, le samedi 18 décembre 2010, vu 67 fois

Forte diminution des mariages, développement des familles recomposées, apparition de l’homoparentalité, essor de l’assistance médicale à la procréation : en trente ans, un véritable bouleversement a ébranlé l’univers de la parenté. Le Monde Magazine a demandé à l’un des plus grands anthropologues français, Maurice Godelier, de nous décrypter cette évolution. Maître assistant de Fernand Braudel et de Claude Levi-Strauss, M. Godelier, qui a été directeur scientifique du CNRS, est l’auteur des Métamorphoses de la parenté (Fayard 2004).

Pour Maurice Godelier, les mutations de la famille contemporaine sont liées à trois mouvements : le mouvement de promotion de l’individu, qui a abouti à ce que l’on mette l’accent sur le libre choix du partenaire et non sur les obligations sociales et familiales ; le mouvement d’égalité entre les sexes, qui a conduit à mettre fin, au sein des familles, à la "puissance paternelle", cette "séquelle du patria potestas antique qui, dans le monde romain, donnait au père de famille un droit absolu de vie et de mort sur ses enfants" ; et le mouvement de valorisation de l’enfance, amorcé au XVIIIe siècle par Jean-Jacques Rousseau, qui a conduit à donner des droits aux enfants.

"LA VÉRITÉ SUR SES ORIGINES"

Plutôt que de se lamenter sur le déclin de la famille traditionnelle, Maurice Godelier propose de s’ouvrir à ces évolutions. L’anthropologue plaide ainsi pour la reconnaissance des nouvelles formes de parentés sociales que sont les familles recomposées et les familles homoparentales.

"L’homoparentalité constitue une évolution irréversible, aucune loi ne pourra arrêter le mouvement, explique-t-il. Et dès lors qu’on ne peut pas l’arrêter, il faut le reconnaître et l’accompagner socialement pour qu’il acquière des structures et un encadrement légal."

Enfin, il pense qu’il faut lever l’anonymat sur les dons de gamètes, comme le prévoit, en partie, le projet de révision des lois de bioéthique du gouvernement. "Comme tout autre enfant, un enfant né d’un don de gamètes a droit à la vérité sur ses origines", affirme-t-il.

Source : Anne Chemin pour Le Monde