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Société
On choisit l’EPFL, pas son orientation sexuelle ! Dépénalisation de l’homosexualité Festival du film et forum (...)
L’homophobie ne passera pas par l’EPFL
par  la rédaction, le vendredi 26 février 2010, vu 511 fois

SENSIBILISATION - L’institution a consacré hier une journée à la question de l’homosexualité. Un sondage révèle qu’elle est plutôt bien perçue sur le campus.

Les gays et lesbiennes se sentent-ils à l’aise sur le campus ? La question relève de la santé publique pour l’EPFL, qui compte vraisemblablement entre 300 et 700 étudiants homosexuels (5 à 10% de la population générale est concernée).

L’institution a fait œuvre de pionnière, en organisant hier une journée de sensibilisation à l’homophobie, sous l’impulsion de Didier Trono, doyen de la Faculté des sciences de la vie, et d’Elisabeth Thorens-Gaud, auteure d’Adolescents homosexuels - Des préjugés à l’acceptation. L’association d’étudiants Plan Queer, créée en 2007 pour augmenter la visibilité homosexuelle dans les Hautes Ecoles, assurait les animations sur l’Esplanade.

« Les étudiants qui sont en crise par rapport à leur orientation sexuelle, ou qui subissent de l’homophobie, décrochent de leurs études plus que les autres et se suicident à des taux beaucoup plus élevés », souligne Bill Ryan, professeur à l’Université McGill de Montréal. Ce spécialiste mondial des questions de diversité sexuelle donnait hier soir une conférence sur le thème : « On choisit l’EPFL, pas son orientation sexuelle ». L’occasion, pour le chercheur, de balayer quelques tenaces préjugés et de rappeler que « la détresse émotionnelle, psychologique et familiale est très élevée parmi les jeunes homosexuels ».

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A l’appui de son propos, Bill Ryan souhaitait disposer de données locales. Un sondage express a été réalisé ces dernières semaines auprès des étudiants, du corps professoral et du personnel technique et administratif, afin d’évaluer la perception de l’homosexualité à l’EPFL. Deux cents réponses ont été récoltées dans le cadre de cette étude « artisanale ». Sans prétention scientifique, elle donne le pouls de la situation : rien d’alarmant.

  • Pas de gros malaise

« En général, les trois populations étudiées sont assez ouvertes, apprécie Bill Ryan. 70% des gens se déclarent très à l’aise ou à l’aise avec l’homosexualité. Les hommes un peu moins que les femmes, mais ce n’est pas une tendance propre à l’EPFL, on la retrouve partout. »

Pas d’homophobie criante sur le campus, mais tout de même. Si près de 99% des sondés déclarent n’avoir aucun problème à collaborer à un projet d’équipe avec un gay ou une lesbienne, 37% d’entre eux anticipent qu’ils seraient mal à l’aise, voire très mal à l’aise, si leur enfant dévoilait son homosexualité. « Ce n’est pas un malaise énorme, mais il y a des points où il faut encore travailler beaucoup », relève Bill Ryan. Notamment sur la question des droits des couples homosexuels : 30% des sondés refusent l’idée qu’ils puissent adopter un enfant. « Au Canada, où la loi autorise le mariage homosexuel et l’adoption depuis plusieurs années, l’acceptabilité sociale est beaucoup plus importante. Des jeunes de 15 ans sont plus ouverts face à ces questions que les étudiants de l’EPFL. »

Source : 24Heure :

  • Texte de Joëlle Fabre.
  • Photo de Chris Blaser.