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L’homophobie tue !
par  Frédéric Gloor, le mardi 10 décembre 2002, vu 311 fois
Tags : - Homophobie - Fribourg - Agression

Parue mercredi 4 décembre dans « La Liberté » de Fribourg, une lettre de lecteur interpelle la conseillère fédérale Ruth Metzler sur les dangers de l’homophobie. Une agression hélas banale qui rappelle dans une moindre mesure le meurtre de Reims en septembre dernier.

« Un soir du mois d’octobre dernier, notre fils de 23 ans a subi ce qu’il est convenu d’appeler une « tentative de meurtre ». Il buvait tranquillement un verre avec son copain à Matran. (…) Une petite frappe vindicative l’a bousculé et la mise à mort a commencé : 20 contre 2 ! A coups de bouteille, de tesson et de cendrier, puis quand ils étaient à terre, à coup de pied. Parmi les 300 personnes présentes, nul n’a bronché par crainte de se faire détruire. ( …) après interpellation ou arrestation on relâche. Les lois sont mal faites. Or, les lois, c’est vous qui les faites, Madame Metzler. Vous détenez l’autorité. Encore faut-il avoir les tripes pour protéger les petits à savoir les ans grade, les enfants, les jeunes, les homos. » Cette lettre de lecteur est signée Christiane et Dominique Cerantola à Sugiez (Fribourg).

Si il est souvent question de l’homophobie de l’Eglise catholique ou de la droite conservatrice, les agressions homophobes restent la plupart du temps dans l’ombre. Le silence règne sur ces cas de mise en péril de l’intégrité physique, car le tabou d’affirmer qu’on est homo et qu’on s’est fait « casser la figure » subsiste.

Dimanche 15 septembre dernier, le corps d’un jeune homme d’une trentaine d’année a été retrouvé dans un plan d’eau du parc Léo Lagrange à Reims en France. Si la police a d’abord affirmé qu’il s’agissait d’un « règlement de compte entre homosexuels », les trois meurtriers arrêtés ont reconnus avoir assassiné François Chenu parce qu’ils voulaient « casser de l’arabe ou du pédé ».

Agés de 16 à 20 ans, les trois jeunes seront jugés pour meurtre contrairement aux fribourgeois qui ont été relâchés après avoir été entendu par la police. Car si il existe une loi de protection face aux injures et aux comportements racistes, l’homophobie reste impunie. Faut-il dès lors laisser s’escalader la violence jusqu’au meurtre pour punir ? « Nul ne pourra être discriminé sur la base de son mode de vie » dit la Constitution Suisse garante des valeurs qui est sensée inspirer le législateur modifiant le code pénal. Hélas, l’inspiration n’a pas encore touché nos parlementaires.

Depuis le début de l’année, l’association VoGay à Lausanne possède son service de protection juridique grâce au gracieux concours d’un avocat de la place. Depuis le début de l’année, des problèmes d’homophobie au travail comme dans le voisinage ont pu trouver de relatives solutions. Toutefois, aucune association n’offre pour l’instant un service de protection d’éventuelles agressions qui pourraient avoir lieu dans les rues et qui menacent l’intégrité physique immédiate.