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La Confédération veut des centres de santé spécialisés pour les homosexuels
par  la rédaction, le jeudi 21 juillet 2011, vu 191 fois

Les homosexuels devraient bénéficier de davantage de centres de santé spécifiques en Suisse, sur le modèle des « checkpoints » déjà existants à Genève et Zurich. L’Office fédéral de la santé publique (OFSP) soutient des initiatives privées dans ce sens.

L’idéal serait de constituer un réseau de cinq centres, à Bâle, Berne, Genève, dans le canton de Vaud et à Zurich », écrit l’OFSP dans l’édition de juillet de son bulletin d’informations mensuel « spectra ». Dans ceux de Genève et Zurich, les gays bénéficient de conseils, sont accompagnés et peuvent réaliser des tests sanguins, notamment pour le VIH et d’autres maladies sexuellement transmissibles.

  • Initiatives locales

Ces centres, également appelés « checkpoints », s’appuient sur des initiatives locales, a précisé Roger Staub, directeur de la section prévention et promotion de la santé à l’OFSP. Les Genevois ont repris une idée des Pays-Bas et les Zurichois ont encore développé le concept.

Aujourd’hui, le « checkpoint » de Zurich a déjà bien progressé sur la voie d’un centre de santé pour homosexuels, lit-on dans « spectra ». Il est à même de servir d’exemple pour les futurs autres centres.

Les gays y trouvent notamment des tests rapides, des conseils et un accompagnement. Le centre zurichois propose également des cours particuliers pour des hommes fraîchement infectés par le virus du sida, ainsi qu’un groupe d’aide aux hommes séropositifs, constitué d’experts.

  • Gays plus fragiles

Les homosexuels sont en moyenne davantage frappés dans leur santé que les hétéros, comme le montre une étude menée par Dialogai Genève et l’Université de Zurich ainsi que l’enquête GAY-SURVEY menée sur deux ans par l’Université de Lausanne. Et la tendance ne va pas s’améliorant, en particulier s’agissant de la santé mentale.

Les résultats de ces études confirment le fait que les jeunes gays sont nettement plus victimes de suicides que leurs contemporains en général. On y trouve les raisons dans les difficultés qu’ils rencontrent à révéler leur orientation sexuelle ("coming-out") et à la vivre au grand jour alors qu’ils sont confrontés à la discrimination et à l’homophobie d’autres jeunes et d’une partie de la population.

  • Soutien financier

Les experts sont dès lors convaincus qu’une offre sanitaire spécifique aux gays répond à un besoin. La Confédération est ainsi prête à soutenir financièrement de tels centres de santé.

Ceux de Genève et Zurich bénéficient déjà de la manne fédérale. Le « checkpoint » du bout du lac touche ainsi 100’000 francs par année et celui des bords de la Limmat 150’000 francs, soit un cinquième de son budget, a indiqué Roger Staub.

Des interlocuteurs possibles à Lausanne, Berne, Bâle et au Tessin ont ainsi été informés que la Confédération réagirait avec bienveillance à une demande de leur part. L’OFSP justifie ces bonnes dispositions par le fait qu’avec leurs offres de tests et de conseils, de tels centre réalisent un important travail de prévention.

  • En projet à Lausanne

Il est ainsi urgent de mettre en place de telles offres à Lausanne et à Bâle, ajoute M. Staub. Dans la cité rhénane, c’est l’association d’aide contre le sida des deux Bâle qui étudie la faisabilité d’un tel centre, pour l’heure à l’interne. Les premières démarches ont déjà été entreprises, a dit son directeur Daniel Stolz.

A Lausanne également, un projet existe. Coordonné par le médecin cantonal, il se heurte pour l’heure à certaines difficultés, en particulier celle de trouver les partenaires appropriés, selon l’ancien président de VoGay, Steven Derendinger.

Source : Le Matin


Pas d’argent public pour la santé des gays, réclame l’UDC

L’ouverture de trois nouveaux centres « Checkpoint » destinées aux homosexuels agace le parti populiste, qui s’oppose à leur financement par la Confédération.

Après les « Checkpoints » de Genève, ouvert en 2005, et de Zurich, trois structures de santé destinées aux hommes gay devraient voir le jour à Berne, Bâle et Lausanne, a récemmentannoncé l’Office fédéral de la santé publique. C’est à Lausanne que le projet semble le plus avancé, au point que l’ouverture d’un « Checkpoint » y avait déjà été annoncée pour 2010. Toutefois, il bute encore sur le « choix de partenaires appropriés », selon l’ancien président de Vogay Steven Derendinger cité par « Le Matin ».

Ce réseau, explique l’OFSP, répond aux conclusions d’études qui signalent une « détérioration de la situation sanitaire au sein de cette population ». Outre des tests du VIH et des infections sexuellement transmissibles, ces centres offriront une palette de services élargie, allant du suivi des personnes séropositives et de leur partenaire à un groupe de soutien par et pour les jeunes gays.

Comme on pouvait s’y attendre, l’utilisation des deniers publics à la création de centres de santé pour les gays a déclenché un flots de commentaires douteux sur les sites des journaux qui relayaient l’information. « Prévoiront-ils une pièce pour partouzes dans ces centres ? », s’interroge ainsi un internaute sur le celui du « Matin ».

  • « Pourquoi ne vont-ils pas chez le médecin ? »

Naturellement, l’UDC s’est également offusquée de l’enveloppe fédérale prévue pour ces centres – actuellement à 250 000 fr. par an. « De tels établissements doivent être financés par le privé », estime le député Toni Bortoluzzi dans le « Tages-Anzeiger ». Selon lui, « d’autres groupes auraient aussi besoin d’argent - mais ils s’organisent en groupe d’aide mutuelle. » Autrement dit, pour l’UDC, l’Etat n’a pas à se mêler des bobos de telle ou telle communauté. Le premier parti de Suisse est très à l’aise dans ce registre : il a régulièrement attaqué le financement public d’organisations telles que l’Aide suisse contre le sida. Et la conseillère nationale UDC Yvette Estermann d’enfoncer le clou en demandant « Pourquoi les homosexuels ne peuvent-ils pas simplement aller chez le médecin ? »

Pour la députée écologiste Katharina Prelicz-Huber, qui a contribué à la mise sur pied du « Checkpoint » zurichois, il est clairement « impensable » pour nombre de gays de consulter leur médecin de famille pour certaines questions de santé. « Les hommes homosexuels ont des besoins spécifiques. C’est pourquoi il leur faut une prise en charge spécifique », renchérit le conseiller national PDC et spécialiste de la médecine préventive Felix Gutzwiller.

Le soutien de la Confédération, il est indispensable « au démarrage » de ces centres, plaide Gutzwiller. A l’avenir, leurs coûts seraient pris en charge par les cantons, les villes et les caisses maladie. A ce sujet, Roger Staub, directeur de la section prévention et promotion de la santé à l’OFSP, rappelle toutefois que la gestion des maladies épidémiques, dont le VIH/sida et les infections sexuellement transmissibles, sont du ressort de la Confédération.

Source : 360°