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Santé - Bien-être
Les gays suisses sont de gros consommateurs de sexe "Avec nos enfants, on forme une famille"
La sexualité est
un droit comme un autre
par  la rédaction, le samedi 24 décembre 2011, vu 170 fois

Santé sexuelle suisse et l’Aide suisse contre le sida ont organisé le 10 décembre dernier le premier colloque portant sur les droits sexuels. Les deux associations veulent que ces droits soient ancrés dans une loi nationale.

Entretien avec Anita Cotting, directrice de Santé sexuelle suisse.

Samedi 10 décembre a eu lieu à Fribourg le premier colloque sur les droits sexuels organisé conjointement par Santé sexuelle suisse et l’Aide suisse contre le sida. Ce colloque, qui a réuni une septantaine de personnes, s’inscrivait dans le cadre de la Journée nternationale des droits humains.

Quel but recherchiez vous en organisant ce premier colloque ?

Anita Cotting : Donner de la visibilité à cette question des droits sexuels. Même si nous vivons dans une société sexualisée, c’est une notion très peu connue, taboue. Ces droits sont dérivés de la Déclaration des droits de l’homme. La sexualité est un aspect fondamental de l’être humain. Ces droits doivent pouvoir être vécus sans contrainte, indépendamment de son orientation sexuelle ou de son état de santé. Dans ce cadre, tout un chacun a droit à disposer d’une bonne information.

  • Vous faites notamment allusion a l’éducation sexuelle dispensée dans les écoles. Le système actuel n’est pas suffisant selon vous ?

Tel qu’il est proposé en Suisse romande c’est assez bien organisé. Dans le programme d’études romand, il y a d’ailleurs une mention sur l’éducation sexuelle. Mais après, la compétence relève des cantons. En Suisse romande, l’avantage est que cette éducation est donnée par des personnes formées et non par les enseignants, qui estiment d’ailleurs que ce n’est pas leur rôle.

En Suisse alémanique, où on a tardé à parler de la sexualité à l’école, il y a un projet qui est en train de se mettre en place mais qui prévoit que ce sont les enseignants qui donneront ces cours. Et ça soulève pas mal d’oppositions, des parents notamment qui estiment également que ce n’est pas aux enseignants de le faire. Nous regrettons d’une manière plus générale que l’éducation sexuelle ne soit pas légitimée au plan national ni inscrite dans les programmes scolaires de tous les cantons.

  • Vous prônez la non discrimination totale en matière de droits sexuels, en étant par exemple favorable aux assistants sexuels pour personnes handicapées.

Ce n’est pas notre travail de former ces personnes, mais nous soutenons cette idée.

Les personnes handicapées ont des besoins qui appellent une réponse. C’est très difficile à faire passer car dans l’esprit de l’opinion publique, cela est associé à de la prostitution. Mais il faut reconnaître que la sexualité fait partie de la vie des personnes handicapées. Elles ont des besoins et des droits. C’est injuste de le nier. Samedi au colloque, nous avions deux personnes en situation de handicap : elles ne sont pas venues sur ce sujet spécifique, mais ont simplement rappelé qu’elles avaient besoin d’attention et d’être reconnues en tant qu’êtres humains sexués.

  • Si l’on reste dans le domaine de la non-discrimination, est-ce à dire que vous pourriez être favorable à l’adoption par les couples homosexuels ?

Mais oui : c’est un droit qui doit évoluer. Du moment qu’on admet que deux personnes de même sexe puissent vivre ensemble, je ne vois pas pourquoi on les empêcherait de fonder une famille. Si le droit de l’enfant, qui est d’avoir un accompagnement parental qui lui donne la sécurité ainsi que la protection est respecté, il n’y a pas opposition au désir d’adoption des couples homosexuels.

  • Quelle est la situation des droits sexuels des personnes migrantes en Suisse ?

Nous observons d’une manière générale que ces femmes ont moins facilement accès aux moyens de contraception. C’est une question de langue, de culture. Mais c’est aussi lié à un manque d’informations. La majorité des avortements en Suisse concernent les femmes migrantes. Et c’est préoccupant.

  • Vous espérez qu’il y ait une loi spécifique au plan national qui mentionne clairement les droits sexuels ?

Pas une loi spécifique, mais des ancrages. Nous demandons notamment aux autorités l’ancrage de la santé sexuelle dans une loi nationale, en préparation, sur la prévention. Santé sexuelle suisse et l’Aide suisse contre le sida demandent également la mise en oeuvre d’une loi fédérale sur l’égalité de traitement ayant pour objectifs de prévenir et éliminer toute forme de discrimination.

Source : La Liberté