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Lausanne est-elle encore la capitale gay qu’elle était en 1992 (...) Mister Suisse romande Coming-out médiatique
Le MAD refoule des gays à sa soirée contre le sida
par  la rédaction, le jeudi 6 décembre 2007, vu 281 fois

LAUSANNE - Samedi soir, de nombreux homosexuels se sont vu interdire l’entrée à la soirée caritative organisée par la discothèque, car ils n’étaient pas accompagnés d’une femme.

« C’est tout simplement incroyable : la communauté homosexuelle, il y a vingt-cinq ans, a été la première à se mobiliser contre le sida et, aujourd’hui, on nous interdit tout bonnement l’entrée d’une soirée de récolte de fonds pour les associations qui luttent sur le terrain ! » Wylliam (25 ans) ne décolère pas : samedi soir, il s’est vu signifier, très poliment mais par voix de cerbères, que, sans femme à son bras, il n’était pas le bienvenu au MAD. « Le videur m’a expliqué que seuls les couples pouvaient accéder à la discothèque. Quand je lui ai dit que j’étais précisément accompagné de mon copain, il n’a rien voulu en savoir ! Pour lui, couple signifiait hétéros. » Et on ne badine pas avec le règlement : la moindre tentive d’explication attise les esprits et entraîne la menace d’expulsion du périmètre !

Chaque 1er décembre, le temple de la nuit lausannoise profite de la Journée mondiale contre le sida pour organiser – comme cela se fait un peu partout en Suisse romande – une grande soirée de solidarité : l’entier des entrées est reversé à Vogay, SID’Action, Point-Fixe, SID’Actuel et Arc-en-ciel. Une manne qui s’est montée cette année à 30 000 francs et qui, redistribuée, permettra aux organismes d’assurer une partie de leurs actions de prévention auprès de leur public cible.

Victimes des règles du jeu

A l’image du préservatif lumineux, qui décore le bâtiment, la solidarité affichée par le MAD ne serait-elle que de façade ? Samedi, Romain et des dizaines d’autres garçons, non accompagnés de filles, en ont bien eu l’impression. Tous se sont retrouvés refoulés par le personnel de la discothèque qui passe, pourtant, pour être l’une des plus gay-friendly de la capitale.

Le MAD se la joue-t-il antigay ? « Il est évident que la direction n’a jamais eu de politique homophobe, assure Alexandre Herkommer. Ces personnes ont simplement été victimes des règles habituelles du jeu. » Selon l’organisateur de la soirée, l’accès à la discothèque reste souvent limité aux couples, le week-end, afin d’éviter que des bandes de castagneurs ne viennent perturber la fête. Un moyen d’assurer, aussi, l’équilibre hommes-femmes, et de créer une ambiance dans laquelle tout le monde peut s’y retrouver. « Mais, puisqu’on savait précisément que, samedi, de nombreux hommes gays, se sentant concernés par la cause du sida, allaient venir, on avait expressément demandé que cette consigne soit assouplie, poursuit le responsable. Mais tous les employés ne l’ont pas compris. » Et l’organisateur de préciser qu’il est personnellement intervenu, autour de minuit, pour remettre les choses au point.

De son côté, Steven Deredinger, président de l’Association vaudoise de défense des droits des minorités, s’avoue très étonné d’apprendre l’incident : Vogay était précisément partenaire de la soirée. « Nous avons l’habitude de collaborer avec le MAD et n’avons jamais entendu parler de dérapages, même en dehors des événements gays. » Une réalité qui ne rassure qu’à moitié Wylliam et ses acolytes, qui persistent à croire qu’à l’entrée du MAD, il ne fait tout simplement pas bon être garçon.

Source : Gérald Cordonier - 24H