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Le culte du sexe
est-il soluble dans le pacs ?
par  Jean-Paul Guisan, le mardi 16 décembre 2003, vu 262 fois
Tags : - Union homosexuelle - Lpart

« Il faut cesser de cacher la réalité derrière l’image d’Épinal de l’homosexuel pacsé, en désir d’enfant. Le culte de la sexualité et le multi-partenariat appartiennent à l’identité gay. »

Cette affirmation de Christopher Park dans Le Temps du 1er décembre 2003 a toute sa pertinence dans le cadre de la réflexion sur la prévention et les comportements à risque. On ne peut pas faire de prévention en se cachant une partie de la réalité gay, en lui donnant des traits angéliques (par peur de la discrimination).

Il n’empêche que le partenariat enregistré est une formidable avancée politique et sociale qui concerne aussi les gays adeptes du culte de la sexualité. En donnant la possibilité d’une institutionnalisation des couples de même sexe, cette nouvelle loi réaffirme concrètement la dignité fondamentale de tous les homosexuels. C’est un signal dont la portée va bien au-delà des gentils et braves couples stables (dont on sait que tous ne sont pas monogames, à l’instar des couples hétéros). C’est ce que devraient aussi comprendre les gays hostiles à l’image d’Épinal, bourgeoise, rangée et tout ce que vous voudrez que représente le partenariat.

Pour gagner le référendum sur le partenariat, il faudra jouer sur le sentiment, il faudra jouer avec des images d’Épinal. C’est cette stratégie qui a permis de gagner à Zurich sur le pacs cantonal. Le culte de la sexualité et le multi-partenariat appartiennent largement à l’identité gay (masculine) et on n’a pas fini de débattre sur les tenants et aboutissants psycho-sociologiques de cette réalité. Le défi auquel les associations et la coordination pour le partenariat sont confrontées sera de faire passer le message idyllique tout en évitant de s’aliéner leur base et de se décrédibiliser à l’interne en jouant les (auto)censeurs et les castrateurs. On ne peut que leur souhaiter de réussir.