entretien avec Maurocat
DEPUIS QUELQUES TEMPS UN CERTAIN MAUROCAT APPARAIT SUR LES FLYERS DE SOIREES DANS LA REGION LEMANIQUE. QUI EST MAUROCAT ?
Maurocat est actuellement et surtout un « promoteur » et organisateur de soirées à tendance gay, sous l’enseigne « CATPAT PRODUCTIONS ». Lorsque les possibilités se présentent, je me mets aussi dans la peau de « booker de dj’s » pour d’autres organisateurs de soirées. En effet, j’adore dénicher des jeunes talents-dj’s qui n’ont pas encore accumulé de mega-experiences mais qui toutefois méritent de l’écoute. Le « charisme » est aussi essentiel dans ce champ d’expression artistique. Ces activités représentent à mon avis l’aboutissement logique et conséquent de mon expérience acquise dans le domaine de dj pour des soirées en Suisse romande, alémanique et à l’étranger.
C’est surtout une forte envie de partage, de communication, (à la limite d’une communion), en matières de musique et de « fête » qui me pousse à exploiter mes diverses expériences dans le domaine du « sound & ambient ».
QUELLE EST L’HISTOIRE DE MAUROCAT ?
Tout d’abord, j’admets ne pas bénéficier de « dizaines » d’années d’expérience dans la « promotion et organisation de parties ». Toutefois, je m’efforce au mieux de profiter de mes expériences de « dj » et autres aventures et trips sonores accumulés durant cette longue période vécue dans le monde de la musique et dans la scene gay.
J’ai commencé mes activités de dj en 1980, à l’age de 18 ans et ceci dans une boite -disco gay à Genève (le Musicol) qui d’ailleurs marqua mon Coming Out dans le milieu gay.
La radio locale, d’abord en France chez KTFM et ensuite pour Radio Cité à Genève, n’a fait qu’accroître l’envie de communiquer et partager avec mes auditeurs noctambules mes opinions assez transgressives d’un jeune révolutionnaire des 80’s. Dans les années 90 mes sets en clubs ont été marqués par la House music. Vers la fin du millénaire, en quête de nouvelles émotions musicales, j’ai commencé à mixer dans des « lounge-bars et chill-out » de la Jazzy Drum ’n’ Bass, de la Ambient Trip Hop, de la Broken-beat et de la House Nu-Jazz aux résonances électroniques.
AUJOURD’HUI MAUROCAT AURAIT ABANDONE SES ACTIVITES DE DJ ?
Non, absolument pas !! Simplement je les ai réduites aux lieux tels que des lounge bars, restos, clubs, endroits branchouilles et radios qui me tiennent les plus à coeur. À mon avis, il n’est pas possible de vouloir « tout faire à tout prix ». Je préfère actuellement approfondir mes activités de - promoteur de soirées - à tendance gay qui permettent aussi de faire passer mon message, tout aussi bien que derrière les platines. Les moyens changent, l’envie de partager et d’offrir reste intacte.
Je m’amuse aussi à composer quelques titres et remixer des anciens classiques, pour mon plaisir et pour celui des autres, du moins je le souhaite. Une de mes productions musicales va sortir sur une compile, dès mai 2003. À suivre…
IL Y A EU DES SOIREES « DETOUR » AU CULT A LAUSANNE, POURQUOI NE SE FONT-ELLES PLUS ?
Il y a eu uniquement deux soirées DETOUR « gay friendly » au Cult Club de Lausanne, en 2002. Elles ont eu lieu une fois tous les deux mois, le 3e vendredi du mois. Ce concept, pour un vendredi soir, était à tous comptes faits assez disproportionné et trop ambitieux au niveau du choix des dj’s et de performances. DETOUR se voulait plus qu’une soirée « clubbing » en comparaison aux soirées « VIRAGE » de Genève ! Le Cult Club, par sa structure, se prête bien à des soirées « évènementielles » enrichies de show-performances et large espace-dance. Au même temps, j’avais trop envie de faire passer un message musical aux sonorités plus « techno & elektro » pointues (pas - trance - , comme d’autres clubs lausannois nous proposent déjà le vendredi, à juste titre). Dès la première soirée, la clientèle avait saisi le message, le concept, l’idée de base pour un nouveau vendredi « gay friendly lausannois ». Quant à la rentabilité d’une telle soirée, un vendredi soir, disons qu’elle était à peine suffisante pour rassurer les proprietaires du Cult Club. D’autre part, il faut reconnaÎtre que certains établissements craignent de voir leur « boîte » envahie de gays « bien à l’aise dans le corps et l’esprit », surtout un vendredi ou un samedi soir… Ceci dit, les soirées DETOUR restent en « stand-by », dans un tiroir, dans l’attente de nouvelles propositions venant d’autres établissements de Romandie, voir d’outre Sarine.
QUE VEUT DIRE « HOUSE DE QUALITE » EST-CE COMPARABLE AU NATURAPLAN ?

Effectivement cette expression peut afficher une image prétentieuse du message musical que CATPAT Productions offre lors de ses événements. « House de Qualité » est le résultat d’une alchimie résultant d’un minutieux et méticuleux choix de dj’s suisses et étrangers : la recherche sans cesse dans les diverses tendances et cultures musicales de la House, exprimée dans toutes ses variantes.
« House de qualité » symbolise aussi le sens d’une certaine provocation musicale : par exemple faire part aux gays romands d’une « house » aux résonances parfois transgressives, qu’elles viennent de Paris, Barcelone ou tout simplement d’outre Sarine, cette dernière souvent délaissée et pas importée aux gays romands (c’est tellement plus commode de se déplacer pour les écouter et - s’éclater – ailleurs…). À mon avis il faut donc oser, doser et distiller chez les gays des sonorités avant-gardistes telles que la « house-elektro-pop » ou encore la « Prog-Tek-House ».
MAUROCAT INTERVIENT-IL DANS LA SOIREE ?
J’interviens parfois au mix ou parfois en donnant des directives musicales aux dj’s. Le but est d’apporter une « touche personnelle » au vecu de l’événement. Je suis d’avis qu’un promoteur de soirées doit savoir décrypter à tout moment l’atmosphère de la fête et se comporter avec les dj’s tel un vrai chef d’orchestre : dans mon cas, démarquer des directives sonores et musicales qui s’identifient à CATPAT Productions, voir les limites/messages à ne pas dépasser ou, dans le cas contraire à accroître (Ca me sert à quelque chose d’être dj !). Dans de telles situations parfois difficiles à gérer il faut donc d’abord assumer ses propres responsabilités, faire passer clairement le message aux dj’s afin qu’ils reprennent la situation en main, rapidement, en cas de problèmes… En tant que directeur artistique et par mes expériences accumulées dans le domaine de dj, je me permets donc d’intervenir auprès d’eux, même pendant leurs sets si nécessaire, afin de les « remettre sur le rail de la soirée », si tel est le cas.
MAUROCAT EST DONC UN « TYRAN » ?
Les dj’s qui acceptent de mixer pour les soirées de CATPAT Productions font preuve d’une bonne coopération. Mes interventions ne les gênent pas : bien au contraire, ils ne demandent qu’à revenir mixer au plus tôt pour les mêmes soirées ! Aux yeux de certains de mes collègues promoteurs, cela peut apparaître comme un manque de respect ou de sagesse vis-à-vis du/des dj’s : j’essaie tout d’abord de rendre mes « clubbeurs » heureux et de satisfaire leurs attentes. Ils me font part, « dans tous les cas », de leur joie, satisfaction ou insatisfaction. Je les écoute attentivement et j’apprécie leur franchise, toujours la bienvenue.
COMMENT DIT-ON « SCREAM » EN ZUERITUTCH ?
La première « SCREAM » (en version zurichoise…) aura lieu le Samedi 12 juillet 2003 sous ma propre organisation (CATPAT Prod.) et avec l’aimable collaboration des promoteurs « ANGELS », bien connus pour leur « White Party » & « Black Party ». Te traduire le tout briévement en « zueritutch » ??!! En plus de l’aspect « happy, fun, fashion & sexy » que je developpe pour Scream @ Lausanne , le concept zurichois intégrera un coté beaucoup plus hard, SEX, ce genre d’ambiance que l’on ne peut pas (encore !) créer en Romandie.... Le logo « SM – Scream » aura alors toute sa raison d’être : Déco et performances accentuant le concept... Coté musique on aura les dj’s parisiens, les residents de Scream. Sonorités tech et progressives, la « transgressivité musicale » sera donc aussi de la partie.
Retrouvez les activités-dj et - events- de
MAUROCAT / CATPAT PRODUCTIONS
sur
www.maurocat.com


















