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Les candidat•e•s sont passé•e•s à la moulinette des lobbyistes
par  la rédaction, le mardi 6 mars 2012, vu 326 fois

Elections cantonales vaudoises | Battre le pavé ne suffit plus. Il faut répondre aux groupes de pression.

Quel point commun entre la section vaudoise de l’Association suisse des libres penseurs, deux associations d’homosexuel•le•s, celles des EMS, des handicapés et l’Eglise évangélique reformée vaudoise ? Au moins un. Toutes ont envoyé un questionnaire aux candidats aux élections vaudoises. Des questionnaires qui sonnent comme des engagements. Et fidèlement les candidat•e•s ont rempli leur devoir malgré des agendas chargés par la campagne électorale.

Le nombre de documents envoyés par les groupes de pression est cette fois-ci plutôt faible. « Pour les fédérales, nous avons été sollicités bien davantage. Je n’ai pas compté, mais j’en avais rempli plus de dix », relève la Vert’libérale Isabelle Chevalley. Ancienne lobbyiste, candidate aux élections vaudoises comme au Conseil national, elle peut se faire une bonne idée : « Les groupes de pression sont nettement plus présents au niveau fédéral. Rien qu’en décembre, j’ai reçu comme conseillère nationale 53 invitations de divers groupes. »

Elle note que les lobbies sont moins bien organisés au niveau cantonal que fédéral : « Je le voyais bien lorsque je sollicitais des députés vaudois, ils sont beaucoup plus attentifs et disponibles, parce qu’ils sont moins souvent approchés. » A cela, il faut sans doute ajouter la succession exceptionnelle de scrutins qui ont pris beaucoup d’énergie à tous les acteurs du canton et sans doute refréné les envies de questionner les candidats.

  • Usages divers

Les questionnaires varient passablement de l’un à l’autre et leur usage aussi : certains publient tous les noms avec les réponses. C’est le cas par exemple des Libres penseurs qui publient les 14 noms de courageux candidats qui sont en l’occurrence Verts, Vert’libéraux ou de La Gauche. Ils s’engagent pour un canton laïc qui ne finance plus les Eglises, renonce à l’enseignement religieux dans les écoles et interdit les symboles religieux dans l’espace public. D’autres se contentent d’analyser les résultats anonymement, comme VoGay et Lilith [1]. L’Eglise protestante garde pour sa part les réponses pour son édification personnelle, et les très nombreux candidats qui ont répondu aux neuf questions à choix multiples l’ont fait dans le secret du confessionnal.


Les politiques face à l’homosexualité

VoGay et Lilith, associations de défenses des personnes concernées par l’homosexualité, livrent une analyse très fouillée de leurs questionnaires auquel un quart des candidats ont répondu. La gauche y est mieux représentée que la droite. Mais la tendance générale montre une grande sollicitude de la classe politique à l’égard des problématiques liées à l’homosexualité, en tout cas en période électorale.

Une forte majorité des candidat•e•s qui ont répondu et une quasi-unanimité à gauche s’avèrent favorables à mentionner la lutte contre l’homophobie dans la Constitution vaudoise. Le soutien à une politique hostile à l’homophobie est fort, tout comme à une politique sanitaire préventive. La question de l’adoption par les couples du même sexe divise davantage. 59% des personnes qui ont répondu y sont favorables, mais des lignes de fractures sont nettes : les femmes sont plus d’accord que les hommes ; les jeunes que les aîné•e•s. Si les candidat•e•s de gauche disent leur adhésion à une très forte majorité, la droite est plus divisée : l’UDC est clairement opposée, les membres de l’Alliance du Centre et les libéraux-radicaux sont très partagé•e•s. Beaucoup apportent des nuances à leurs réponses. Ainsi certains acceptent l’adoption par un couple de femmes, mais pas d’hommes.

La majorité se fait évanescente lorsqu’il s’agit d’autoriser la procréation médicalement assistée pour les couples de femmes ayant conclu un partenariat enregistré.

Les auteurs de l’étude terminent en égrainant les « perles » de certain•e•s candidat•e•s : « L’homosexualité n’est pas un état normal. » « Je suis pour une famille formée d’un couple hétérosexuel et d’enfants. » Et de conclure : « Un travail d’information est un élément indispensable. »


Source : Justin Favrod - 24heures du 06.03.2012.

Notes

[1] Ndlr : rectification - L’ensemble des résultats sont nominativement disponibles sur le site www.lgbt-vd.ch