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« Les droits des gay sont des droits humains »
Hillary Clinton
par  la rédaction, le mercredi 7 décembre 2011, vu 634 fois

Saluée par une standing ovation, Hillary Clinton a lancé hier à Genève un appel en faveur d’une reconnaissance universelle des droits des LGBT. Elle a plaidé pour un dialogue accru, y compris avec les régimes les plus hostiles. Extraits.

Devant le Conseil des droits de l’homme de l’ONU, qui en juin avait adopté une résolution historique en faveur des minorités sexuelles, la secrétaire d’État américaine a adressé un appel vibrant à l’inclusion des minorités sexuelles dans les normes onusiennes – une « longue route » selon elle, qui ne pourra être parcourue que par le dialogue. Hillary Clinton a, à cette occasion, annoncé la création d’un fonds mondial pour l’égalité doté de 3 millions de dollars. Ils seront consacrés au soutien des organisations de la société civile luttant contre la discrimination et les persécutions basées sur l’orientation sexuelle et l’identité de genre.

« Je veux parler aujourd’hui du travail qu’il nous reste à accomplir pour protéger un groupe dont les droits humains sont encore niés dans de trop nombreuses parties du monde, a commencé Hillary Clinton. De beaucoup de manières, ils sont une minorité invisible. Ils sont arrêtés, battus, terrorisés, voire exécutés. Beaucoup sont traités avec mépris et violence par leurs concitoyens tandis que les autorités censées les protéger détournent le regard ou, trop souvent, participent aux abus. Ils sont privés de travail et d’éducation, jetés dehors de leurs foyers et de leurs pays et forcés de réprimer ce qu’ils sont afin de se protéger des mauvais traitements. Je parle des personnes gay, lesbiennes, bisexuelles et transgenres, d’êtres humains nés libres et investis de l’égalité et de la dignité, et qui ont le droit de les réclamer. Ceci reste l’un des défis des droits humains à l’heure actuelle. Je parle de ce sujet tout en sachant que le bilan de mon propre pays est loin d’être parfait dans ce domaine. Jusqu’en 2003, c’était toujours un crime dans certaines parties des États-Unis. Bien des Américains LGBT ont subi la violence et le harcèlement dans leurs propres vies, et pour certains, y compris des jeunes, le bullying et l’exclusion sont leur lot quotidien. »

  • Forger un consensus mondial

Le discours de la ministre a accordé une large place au nécessaire dialogue avec les pays hostiles aux droits des LGBT. « Le fait d’aborder cette question est, je le sais, sensible pour bien des gens. Les obstacles qui se dressent sur la route vers une protection des droits humains des personnes reposent sur des valeurs personnelles, politiques culturelles et religieuses. Je me présente donc devant vous avec respect, compréhension et humilité. Même si les progrès sur ce front ne sont pas faciles à accomplir, nous ne pouvons plus retarder l’action. C’est dans cet esprit que je veux parler des questions difficiles et importantes que nous devons aborder ensemble pour forger un consensus mondial qui reconnaisse partout les droits humains des citoyens LGBT. »

Hillary Clinton a d’abord relevé les objections concernant le caractère prétendument particulier des LGBT, non mentionnés dans la Déclaration universelle des droits de l’homme, datant de 1948. Elle rappelle que les populations indigènes, les enfants ou les handicapés n’y étaient alors pas non plus explicitement cités. Et pourtant, leurs droits se sont imposés. « Cette reconnaissance ne s’est pas faite instantanément. Cela a évolué dans le temps. Ce faisant, nous avons compris que nous honorions des droits que ces populations avaient toujours eus, plutôt que de créer des droits nouveaux ou spéciaux. Comme le fait d’être une femme, d’appartenir à une minorité raciale, religieuse, tribale ou ethnique, le fait d’être LGBT ne vous rend pas moins humain. C’est pourquoi les droits des gays sont des droits humains, et les droits humains sont les droits des gays. »

Deuxième objection, typique de l’opposition menée par les pays de la Conférence islamique au sein de l’ONU : l’homosexualité serait un « phénomène occidental ». La secrétaire d’État poursuit : « En réalité, les personnes gay naissent et appartiennent à toutes les sociétés du monde. Ils sont de tous les âges, de toutes les races, de toutes les confessions ; ils sont docteurs et enseignants, paysans et banquiers, soldats et athlètes. Que nous le sachions ou non, que nous l’admettions ou non, ils sont notre famille, nos amis, nos voisins. » Et de prendre les cas de la Constitution sud-africaine post-Apartheid, qui garantit les droits des LGBT, d’un arrêt anti-discrimination de la Cour suprême du Népal ou d’une récente loi allant dans le même sens en Mongolie – autant d’exemples de reconnaissance non occidentale des minorités sexuelles.

  • Un luxe ?

Protéger les droits de ces minorités serait-il un luxe que seul les nations riches pourraient se permettre ?, se demande alors la secrétaire d’État. Certes, appliquer des lois coûte de l’argent, mais, argumente-t-elle, « il y a des coûts également à ne pas protéger ces droits : dans les vies d’homosexuels et d’hétérosexuels perdues dans la maladie et la violence, dans le fait de réduire au silence les voix qui pourraient renforcer les sociétés, dans les projets que des entrepreneurs gay ne pourraient jamais mener à bien. »

Madame Clinton met alors l’accent sur le fait que la tradition et la religion ne peuvent être vus comme des barrières au respect des droits des LGBT. Elle rappelle que la défense de l’esclavage comme la lutte contre cette pratique se sont enracinés, tous deux, dans des valeurs religieuses. Mais la première étape est de vaincre les préjugés. « Tous les gays sont des pédophiles, l’homosexualité est une maladie qui peut être guérie, les gays recrutent d’autres individus pour les rendre gays : eh bien, ces notions sont tout simplement fausses. Mais elles ne disparaîtront pas si ceux qui les professent ou les acceptent sont disqualifiés plutôt qu’invités à partager leurs peurs et leurs préoccupations. Personne n’a jamais abandonné une conviction parce qu’il y était forcé. » Une invitation au dialogue, dont la No.2 de l’administration Obama reconnaît qu’il sera ardu : « Cela demande de la volonté de voir dans les différences extrêmes de convictions une raison d’entamer le dialogue, et non de l’éviter. »

  • « Le lois ont un effet pédagogique »

Ce qui n’empêche pas Hillary Clinton de penser que la loi peut précéder et accompagner le changement de mentalités. « Le lois ont un effet pédagogique, affirme-t-elle. [...] Celles qui exigent des protections égales renforcent l’impératif moral d’égalité. D’un point de vue pratique, il arrive souvent que les lois doivent changer avant que les peurs inspirées par le changement se dissipent. »

« Le progrès se réalise quand on est prêt à se mettre dans la peau d’autrui. Nous devons nous demander : Comment me sentirais-je si le fait d’aimer la personne que j’aime était un crime ? Comment me sentirais-je si j’étais discriminé pour quelque chose en moi que je ne peux pas changer ? Chacun de nous se confronte à ce défi quand on réfléchit sur ses convictions profondes, quand on travaille à atteindre la tolérance et le respect de toutes les personnes et quand nous on s’engage humblement au côté de ceux avec lesquels on n’est en désaccord afin d’engendrer davantage de compréhension. »

« Comme il en a été tant de fois par le passé, on assistera à une convergence d’opinion vers la vérité, la vérité immuable, que tous les individus naissent libres et égaux en dignité et en droits, conclut la secrétaire d’État. Nous sommes appelés une fois de plus à réaliser les mots de la Déclaration universelle. Répondons à cet appel. Plaçons-nous du bon côté de l’histoire, pour notre peuple, pour nos nations et pour les générations futures dont les vies seront façonnées par le travail que nous accomplissons aujourd’hui. J’ai grand espoir et confiance que cette route, aussi longue soit-elle, nous la parcourront ensemble avec succès. »

Source : François Touzain pour 360°


Allocution de Mme Clinton à Genève à l’occasion de la Journée mondiale des droits de l’homme Texte Complet traduit en Français

C’est pour moi un grand honneur et un vif plaisir que d’être parmi vous. Je tiens à remercier le directeur général Tokayev et Mme Wyden ainsi que d’autres ministres, ambassadeurs, excellences et partenaires de l’ONU.

Ce week-end, nous célébrerons la Journée des droits de l’homme, l’anniversaire de l’une des grandes réalisations du siècle dernier. À partir de 1947, des délégués de six continents se consacrèrent à la rédaction d’une déclaration devant incarner les libertés et droits fondamentaux des peuples, en tous lieux. Dans le sillage de la Deuxième Guerre mondiale, beaucoup de pays plaidèrent pour l’adoption d’un texte de cette nature, soucieux qu’ils étaient tant de prévenir la perpétration de futures atrocités que de protéger l’humanité et la dignité inhérentes à tous les peuples.

Les délégués se mirent donc au travail. Ils passèrent des milliers d’heures à discuter, à rédiger, à relire, à réviser, à réécrire.

Ils incorporèrent les suggestions et les révisions émanant de gouvernements, d’organisations et de particuliers du monde entier.

Et à trois heures du matin le 10 décembre 1948, au bout de près de deux années passées à rédiger et d’une dernière longue nuit à discuter, le président de l’Assemblée générale de l’ONU soumit le texte final à un vote. Quarante-huit pays votèrent pour, huit s’abstinrent, aucun ne vota contre, et ainsi naquit la Déclaration universelle des droits de l’homme. Elle proclame une idée simple et puissante, à savoir que tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits.

Cette Déclaration fait clairement ressortir que ce ne sont pas les gouvernements qui confèrent ces droits. Tout le monde les acquiert à la naissance. Peu importe le pays où l’on vive, l’identité de ceux qui nous dirigent ou même notre identité personnelle. Parce que nous sommes des êtres humains, nous avons des droits. Et parce que nous avons des droits, les gouvernements sont tenus de les protéger.

Au cours des 63 années qui se sont écoulées depuis l’adoption de la Déclaration, beaucoup de pays ont réalisé de gros progrès pour ce qui est de faire des droits de l’homme une réalité de l’humanité. Petit à petit, on a vu tomber les barrières qui empêchaient les individus de jouir de la pleine mesure de la liberté, de la pleine mesure de la dignité et de la pleine mesure des bienfaits qui appartiennent à l’humanité.

Dans bien des endroits, les lois racistes ont été abrogées. Les pratiques juridiques et sociales qui reléguaient les femmes au rang de citoyennes de seconde classe ont été abolies. Les minorités religieuses ont obtenu de pratiquer librement leur foi.

Dans la plupart des cas, ces acquis n’ont pas été faciles à obtenir. Des gens se sont battus, ils se sont organisés, ils ont fait campagne sur les places publiques et dans des espaces privés pour changer non seulement les lois, mais aussi les cœurs et les esprits. Et grâce à l’action de générations entières, des millions d’individus dont le quotidien était naguère limité par l’injustice sont aujourd’hui en mesure de vivre plus librement et de participer plus pleinement à la vie politique, économique et sociale de leur pays.

Comme vous le savez tous, il reste encore beaucoup à faire pour concrétiser cet engagement, cette réalité et ces progrès pour tout le monde. Aujourd’hui, je voudrais vous parler du travail qui nous reste à accomplir pour protéger une catégorie de personnes encore privées de leurs droits fondamentaux dans trop d’endroits à travers le monde d’aujourd’hui.

À bien des égards, elles forment une minorité invisible. Elles sont arrêtées, tabassées, terrorisées, exécutées même. Beaucoup sont traitées avec mépris et violence par leurs compatriotes, tandis que les autorités chargées de les protéger détournent leur regard ou, trop souvent, participent aux mauvais traitements qui leur sont infligés. Elles se voient privées des possibilités de travail et d’éducation, chassées de leur foyer et de leur pays et contraintes de dissimuler leur nature, voire de la nier, pour se protéger.

Je parle des homosexuels, des lesbiennes, des bisexuels et des transsexuels - des êtres humains nés libres et qui se sont vu donner, conférer l’égalité et la dignité, et qui ont le droit de les revendiquer. C’est bien l’un des derniers défis de notre époque en matière de droits de l’homme.

J’aborde ce sujet sachant pleinement que le bilan de mon propre pays sur ce thème est loin d’être parfait. Jusqu’en 2003, c’était encore un crime dans certains endroits. Beaucoup d’Américains LGBT ont été en butte à des violences et au harcèlement. Pour certains d’entre eux, y compris beaucoup de jeunes, le harcèlement psychologique et l’exclusion font partie de leur quotidien. Les États-Unis, comme tous les pays, ont encore du pain sur la planche pour protéger les droits de l’homme sur leur territoire.

Je sais bien que cette question est délicate pour beaucoup de gens et que les obstacles à la protection des droits de l’homme de la communauté LGBT sont ancrés dans des convictions personnelles, politiques, culturelles et religieuses profondes. Je m’adresse donc à vous avec respect, compréhension et humilité. Même s’il n’est pas facile de progresser dans cette voie, nous ne pouvons pas pour autant tarder à agir.

Dans cet esprit, donc, je veux soulever les questions difficiles et importantes auxquelles nous devons nous attaquer ensemble pour parvenir à un consensus mondial qui tienne compte des droits fondamentaux de tous les membres de la communauté LGBT, en tous lieux.

La première question touche le cœur du sujet. D’aucuns avancent que les droits des homosexuels et les droits de l’homme sont deux affaires séparées et distinctes. En fait, ils ne font qu’un.

Évidemment, il y a 60 ans, les gouvernements qui rédigèrent et adoptèrent la Déclaration universelle des droits de l’homme n’avaient pas réfléchi à la manière dont elle s’appliquait à la communauté LGBT.

Ils n’avaient pas pensé non plus à la manière dont elle s’appliquait aux populations autochtones ou aux enfants ou aux handicapés ou aux autres groupes marginalisés.

Or au cours des 60 dernières années, nous avons fini par comprendre que les membres de ces groupes avaient droit à la pleine mesure de la dignité et des droits parce que, au même titre que tout le monde, ils partagent une humanité commune.

Cette prise de conscience ne s’est pas produite du jour au lendemain. Elle a évolué au fil du temps et, ce faisant, nous avons compris que nous honorions des droits qui avaient toujours existé, au lieu d’en créer de nouveaux ou spécialement pour ces personnes. Tout comme le fait d’être une femme ou d’appartenir à une minorité raciale, religieuse, tribale ou ethnique, le fait d’être LGBT ne vous rend pas moins humain. Voilà pourquoi les droits des homosexuels sont des droits de l’homme, et les droits de l’homme ceux des homosexuels.

Les droits de l’homme sont bafoués quand des gens sont battus ou tués en raison de leur orientation sexuelle, ou parce qu’ils ne se conforment pas aux normes culturelles imposant ce à quoi les hommes et les femmes doivent ressembler ou comment ils doivent se comporter. Les droits de l’homme sont bafoués quand des gouvernements déclarent l’homosexualité illégale ou laissent impunis ceux qui font du mal aux homosexuels. Les droits de l’homme sont bafoués quand des lesbiennes ou des transsexuelles sont soumises à des viols dits de correction ou qu’elles se font infliger des traitements hormonaux, quand des homosexuels se font assassiner après des appels publics à la violence contre eux ou quand ils sont contraints de fuir leur pays et de demander l’asile ailleurs pour avoir la vie sauve.

Et les droits de l’homme sont bafoués quand des soins d’importance vitale sont refusés à des personnes parce qu’elles sont homosexuelles, ou quand l’accès égal à la justice leur est refusé parce qu’elles sont homosexuelles ou quand la place publique leur est interdite parce qu’elles sont homosexuelles. Peu importe notre aspect, nos origines ou notre identité : nos droits fondamentaux et la dignité humaine nous appartiennent à tous.

La seconde question est celle de savoir si l’homosexualité est le fait d’une région particulière du monde. Certaines personnes semblent penser qu’il s’agit d’un phénomène occidental et que, partant, ceux qui vivent en dehors de l’Occident ont un motif pour le rejeter. En réalité, les homosexuels naissent et ont leur place dans toutes les sociétés du monde. Ce sont des gens de tous âges, de toutes races et de toutes religions. Ils sont médecins et enseignants, agriculteurs et banquiers, soldats et athlètes. Que nous le sachions ou non ou que nous le reconnaissions ou non, ce sont des membres de notre famille, nos amis et nos voisins. Être gay n’est pas une invention occidentale. C’est une réalité de l’humanité.

Et protéger les droits de l’homme de tous les gens, gays et hétérosexuels, n’est pas le seul fait des gouvernements occidentaux. La constitution de l’Afrique du Sud, rédigée après le démantèlement de l’apartheid, protège l’égalité de tous les citoyens, y compris des homosexuels. En Colombie et en Argentine, les droits des gays bénéficient également de la protection de la loi. Au Népal, la Cour suprême a décrété que l’égalité des droits s’appliquait aux citoyens LGBT. Le gouvernement de la Mongolie s’est engagé à faire adopter de nouvelles lois contre la discrimination envers les homosexuels.

D’aucuns s’inquiètent que la protection des droits de l’homme de la communauté LGBT ne soit un luxe que seules les nations riches peuvent se permettre. Mais en fait, quel que soit le pays, il y a un prix à payer quand on ne protège pas ces droits, quand la maladie et la violence coûtent la vie à des individus tant gays qu’hétérosexuels, quand des voix et des opinions sont réduites au silence alors qu’elles pourraient enrichir les communautés, et quand des projets d’entreprise ne se concrétisent jamais parce que le hasard veut que leurs auteurs soient gays.

Des coûts sont assumés chaque fois qu’un groupe est traité en inférieur, qu’il s’agisse de femmes, de minorités raciales ou religieuses, ou de gays, de lesbiennes, de bisexuels ou de transgenres. L’ancien président Mogae du Botswana a récemment noté qu’aussi longtemps que les individus LGBT seraient relégués dans l’ombre, il ne saurait y avoir de programme de santé publique efficace contre le VIH et le sida. Et cela est tout aussi vrai par rapport aux autres défis.

Le troisième problème, et peut-être celui qui est le plus difficile, est celui des valeurs religieuses ou culturelles dans lesquelles certains se drapent pour bafouer ou pour ne pas protéger les droits des LGBT. Cela n’est guère différent de la justification invoquée pour les pratiques violentes exercées à l’égard des femmes telles que les crimes d’honneur, l’immolation des veuves ou la mutilation génitale féminine. Certains défendent encore ces pratiques dans le cadre des traditions culturelles, mais la violence contre les femmes n’est pas culturelle : elle est criminelle - de même pour l’esclavage qui autrefois était justifié au nom de Dieu sans être honni comme il se doit en tant que violation immorale des droits de l’homme.

Dans chacun de ces cas, nous avons appris qu’aucune pratique ou tradition ne peut éclipser les droits de l’homme qui nous appartiennent à tous.

Et cela s’applique aussi aux LGBT, qu’il s’agisse de la violence qui leur est infligée, de la criminalisation de leur statut ou comportement, de leur expulsion de leur famille et de leur communauté, ou de l’acceptation tacite ou explicite de leur exécution.

Il est bon de noter évidemment qu’il est rare qu’une tradition culturelle ou un enseignement religieux s’avère incompatible avec la protection des droits de l’homme. En effet, notre religion et notre culture sont sources de compassion et d’inspiration à l’égard de nos concitoyens de toute la planète. Ceux qui ont invoqué la religion pour justifier l’esclavage n’étaient pas les seuls à l’invoquer : ceux qui ont voulu abolir l’esclavage l’ont invoquée aussi.

Et gardons à l’esprit le fait que notre engagement à protéger la liberté de religion et à défendre la dignité de la communauté LGBT émane d’une même source. Pour la plupart d’entre nous, la foi et la pratique religieuses nous donnent un sens et une identité, et sont fondamentales à notre personne. De même, pour la plupart d’entre nous, les liens d’affection et de famille que nous forgeons nous donnent également un sens et une identité, et notre attachement à d’autres reflète notre pleine nature humaine. Car cette expérience humaine est universelle et les droits de l’homme sont universels et identiques dans toutes les religions et toutes les cultures.

Le quatrième aspect est la leçon que l’histoire nous a apprise eu égard à la réalisation de progrès pour garantir les droits de tous. Le progrès commence par un débat honnête. D’aucuns diraient, et pensent, que tous les gays sont des pédophiles, que l’homosexualité est une maladie que l’on peut attraper ou qui peut être guérie, ou encore que les gays peuvent recruter d’autres personnes pour devenir gays à leur tour.

Eh bien, ces notions sont tout simplement erronées. Mais elles ne disparaîtront pas si on feint d’ignorer ceux qui les avancent ou les acceptent sans les inviter à parler de leurs craintes et de leurs inquiétudes. Personne n’a jamais cessé d’être convaincu d’une chose parce qu’on l’y contraignait. Les droits de l’homme universels comprennent la liberté d’expression et la liberté de conviction, même si par nos paroles et nos croyances nous dénigrons l’humanité des autres. Cependant, bien que nous soyons tous libres de croire en tout ce que nous voulons, nous ne pouvons pas faire tout ce que nous voulons - pas dans un monde où nous protégeons les droits de l’homme de tout un chacun.

Il faudra plus qu’un discours pour parvenir à une entente sur toutes ces questions. Il faudra une conversation. En fait, il faudra toute une suite de conservations, qui se tiendront dans des forums grands et petits, et il faudra faire preuve de bonne volonté pour lancer un dialogue sur la base des différences profondes entre les croyances, au lieu de d’éviter de l’entamer. Mais le progrès provient aussi des changements dans les lois. Dans de nombreux endroits, y compris dans mon pays, les protections juridiques ont précédé, et non suivi, le respect généralisé des droits. Les lois nous enseignent certaines choses. Les lois qui sont discriminatoires valident d’autres discriminations ; les lois qui exigent des protections égales renforcent l’impératif moral de l’égalité. Et souvent, dans la pratique, il faut que les lois changent avant que la crainte du changement ne se dissipe.

Un grand nombre de mes concitoyens ont cru que le président Truman avait eu tort d’ordonner la déségrégation raciale de nos forces armées. Ils soutenaient qu’elle minerait la cohésion de nos unités militaires.

Et ce n’est qu’après qu’il l’eut mise en œuvre que nous avons vu comment cette déségrégation a renforcé le tissu de notre société de nombre de façons que même les partisans de cette initiative n’avaient pas envisagées.

De la même manière, certains dans mon pays s’inquiétaient de l’abrogation de la politique de l’armée de « ne rien demander, ne rien dévoiler » [« Don’t ask, don’t tell »], craignant un effet négatif sur nos forces armées. Aujourd’hui, le commandant du Corps des marines, qui était l’un des adversaires les plus farouches de cette abrogation, a reconnu que ses craintes étaient sans fondement et les marines ont adopté le changement.

Enfin, le progrès découle de notre volonté de nous mettre à la place de quelqu’un d’autre. Nous devons nous demander : Que ressentirais-je si c’était un délit d’aimer la personne que j’aime ? Que ressentirais-je si je faisais l’objet de discrimination pour un aspect de ma personne que je ne peux pas changer ? Le défi de répondre à ces questions s’impose à nous tous alors que nous nous penchons sur nos croyances les plus profondes, alors que nous cherchons à faire preuve de tolérance et de respect pour la dignité de toutes les personnes et que nous tendons la main avec humilité à ceux avec lesquels nous sommes en désaccord dans l’espoir d’arriver à une meilleure entente.

Et la cinquième et dernière question est de savoir comment nous pouvons faire notre part pour encourager le monde à respecter les droits de l’homme de toutes les personnes, y compris les LGBT. Il est vrai que les individus LGBT doivent prendre la tête de ces efforts, comme un grand nombre d’entre vous l’ont déjà fait. Leur savoir et leurs expériences sont inestimables, et leur courage, une inspiration. Nous connaissons les noms de ces militants et militantes gays, lesbiennes, bisexuels et transgenres courageux qui ont littéralement sacrifié leur vie à cette cause, et il y a beaucoup d’autres dont les noms ne seront jamais connus.

Mais souvent, ceux qui sont privés de leurs droits sont les moins capables de réaliser les changements qu’ils souhaitent. En agissant seules, les minorités ne peuvent jamais devenir la majorité qui peut apporter le changement politique.

Donc, quand n’importe quelle catégorie humaine est mise en marge de la société, nous ne pouvons pas rester les bras croisés. Chaque fois qu’un obstacle au progrès a été éliminé, il l’a été grâce à la coopération de gens situés des deux côtés de la barrière. Dans la lutte pour les droits des femmes, le soutien des hommes demeure crucial. La lutte pour l’égalité raciale a compté sur les contributions des peuples de toutes les races. Combattre l’islamophobie ou l’antisémitisme est une tâche qui incombe aux adeptes de toutes les confessions. Et cela est vrai aussi, s’agissant de cette lutte pour l’égalité.

En revanche, lorsque nous voyons les droits de l’homme refusés ou bafoués et que nous n’agissons pas, nous transmettons le message à ceux qui les refusent ou les bafouent qu’ils n’ont pas à subir les conséquences de leurs actes, et ils persévèrent.

Mais lorsque nous passons à l’action, nous transmettons un message moral puissant. Ici, à Genève, la communauté internationale a agi cette année pour renforcer le consensus sur les droits de l’homme des gays, lesbiennes, bisexuels et transgenres. Au Conseil des droits de l’homme, en mars, 85 pays de toutes les régions du monde ont appuyé une déclaration appelant à mettre fin à la criminalisation (des LGBT) et à la violence contre les personnes en raison de leur orientation et leur identité sexuelles. Aux sessions suivantes du conseil en juin, l’Afrique du Sud a parrainé un projet de résolution sur la violence à l’égard des LGBT. Sa délégation s’est exprimée éloquemment sur l’expérience de la lutte pour l’égalité et l’indivisibilité humaines en Afrique du Sud. Lorsque la mesure fut adoptée, elle devint la toute première résolution des Nations unies à reconnaître les droits de l’homme des gays dans le monde entier.

À l’Organisation des États américains cette année, la Commission interaméricaine des droits de l’homme a créé une unité sur les droits des personnes LGBT - une étape qui conduira, du moins nous l’espérons, à la création d’un rapporteur spécial. Maintenant, nous devons aller plus loin et travailler ici et dans chaque région du monde en vue de mobiliser davantage de soutien en faveur des droits de la communauté LGBT.

Aux dirigeants des pays où des gens se font emprisonner, battre, voire exécuter parce qu’ils sont gays, je vous demande de considérer ceci : le leadership, par définition, signifie que l’on doit guider son peuple lorsque les circonstances le veulent. Cela signifie que l’on doit monter au créneau pour défendre la dignité de tous les citoyens et pour persuader son peuple de faire de même. Cela signifie que l’on doit faire en sorte que tous les citoyens soient traités comme des égaux devant la loi, parce que - soyons clairs - je ne dis pas que les homosexuels ne peuvent pas commettre ou ne commettent pas de crimes, ils le peuvent et ils le font, tout comme les hétérosexuels. Et quand ils le font, ils doivent en répondre devant la justice. Mais cela ne devrait jamais être un crime d’être gay.

Aux peuples de toutes les nations, je dis que la défense des droits de l’homme est l’une des responsabilités qui vous incombent à vous également. La vie des gays est façonnée non seulement par des lois, mais aussi par la manière dont les traitent, chaque jour, leur famille et leurs voisins.

Eleanor Roosevelt, qui a tant fait pour promouvoir les droits de l’homme dans le monde entier, a déclaré que ces droits commencent dans des lieux familiers, près de chez soi : dans les rues où les gens vivent ; dans les écoles qu’ils fréquentent, dans les usines, dans les fermes et dans les bureaux où ils travaillent. Ces lieux constituent votre domaine. Par la façon dont vous y agirez, par les idéaux que vous y défendrez, vous pourrez déterminer si les droits de l’homme y régneront.

Enfin, aux hommes et aux femmes LGBT de par le monde, je voudrais dire ceci : partout où vous vivez et quelles que soient les circonstances de votre vie, que vous soyez connectés à un réseau ou à un groupe de soutien ou que vous vous sentiez isolés et vulnérables, sachez que vous n’êtes pas seuls. Dans le monde entier, il y a des gens résolus à vous soutenir et à mettre un terme aux injustices et aux dangers que vous rencontrez.

C’est certainement vrai pour mon pays. Vous avez un allié dans les États-Unis d’Amérique, et il y a des millions d’Américains que vous pouvez compter parmi vos amis.

Le gouvernement Obama défend les droits des personnes LGBT dans le cadre de sa politique globale des droits de l’homme : c’est une priorité de notre politique étrangère. Dans nos ambassades, nos diplomates expriment leur préoccupation au sujet de lois et de cas particuliers et s’emploient avec divers partenaires à renforcer la protection des droits universels de toute l’humanité.

À Washington, nous avons créé un groupe de travail au département d’État pour soutenir et coordonner ce travail et, dans les mois à venir, nous allons fournir à chaque ambassade une panoplie d’outils qui l’aideront à renforcer son action. En outre, nous avons créé un programme qui offre un soutien d’urgence aux défenseurs des droits des personnes LGBT.

Ce matin, à Washington, le président Obama a mis en place la première stratégie conçue par un gouvernement des États-Unis pour lutter contre les atteintes aux droits des personnes LGBT à l’étranger. S’appuyant sur les efforts en cours au département d’État et dans l’ensemble du gouvernement, le président a demandé à tous les organismes fédéraux engagés à l’étranger de lutter contre la criminalisation du statut et du comportement LGBT, de redoubler d’efforts afin de protéger les réfugiés et demandeurs d’asile LGBT vulnérables, de s’assurer que notre aide étrangère favorise la protection des droits des LGBT, d’enrôler des organisations internationales dans la lutte contre les discriminations et de réagir rapidement aux abus commis contre les personnes LGBT.

Je suis également heureuse d’annoncer que nous lançons un nouveau fonds mondial pour l’égalité, qui appuiera l’œuvre des organisations de la société civile qui travaillent sur ces questions à travers le monde. Ce fonds les aidera à recueillir des informations qui leur permettront de mieux cibler leurs activités de sensibilisation, à apprendre à se servir des lois existantes, à gérer leur budget, à former leur personnel et à créer des partenariats avec des associations féminines et d’autres groupes de défense des droits de la personne. Nous avons versé plus de 3 millions de dollars dans le démarrage de ce fonds, et nous avons bon espoir que d’autres se joindront à nous pour le soutenir.

Les hommes et les femmes - dont certains sont ici aujourd’hui avec nous - qui défendent les droits de la communauté LGBT dans des endroits hostiles, sont des êtres courageux et dévoués, qui méritent toute l’aide que nous pouvons leur donner. Nous savons que le chemin à parcourir ne sera pas facile. Une grande partie du travail reste à faire.

Mais beaucoup d’entre nous ont vu de première main comment le changement peut survenir rapidement. Dans notre vie, les attitudes envers les homosexuels dans de nombreux endroits ont été transformées. Beaucoup de gens, et j’en suis, ont approfondi leurs propres convictions sur ce sujet, au cours des années où nous y avons réfléchi davantage, engagé des dialogues et des débats, et établi des relations personnelles et professionnelles avec des personnes qui sont homosexuelles.

Cette évolution est manifeste dans de nombreux endroits. Pour en citer un exemple, la Haute Cour de Delhi a dépénalisé l’homosexualité en Inde il y a deux ans, déclarant, et je cite : « S’il existe un principe dont on peut dire qu’il apparaît en filigrane dans la Constitution indienne, c’est celui de l’inclusion. »

Je suis persuadée que l’appui aux droits des LGBT ne cessera de croître car, pour de nombreux jeunes, l’affaire est simple : toute personne mérite qu’on la traite avec dignité et que ses droits de l’homme soient respectés, peu importe qui elle est et qui elle aime.

Il y a une expression qu’on emploie aux États-Unis pour exhorter les autres à soutenir les droits de l’homme : soyez du bon côté de l’histoire. L’histoire des États-Unis est celle d’une nation qui a maintes fois dû faire face à l’intolérance et à l’inégalité. Nous avons eu une guerre civile brutale au sujet de l’esclavage. D’un bout du pays à l’autre, des citoyens ont organisé des campagnes visant à faire reconnaître les droits des femmes, des peuples autochtones, des minorités raciales, des enfants, des handicapés, des immigrés, des travailleurs, et de bien d’autres encore. Et la marche vers l’égalité et la justice s’est poursuivie. Ceux qui préconisent d’élargir le cercle des droits de l’homme ont toujours été du bon côté de l’histoire, et l’histoire leur rend hommage. Ceux qui ont essayé de restreindre les droits de l’homme ont eu tort, et l’histoire reflète cela également.

Je sais que les idées que j’ai partagées aujourd’hui se rapportent à des questions sur lesquelles les opinions sont encore en évolution. Comme il est arrivé tant de fois auparavant, l’opinion va converger, une fois de plus, avec la vérité, la vérité immuable selon laquelle tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits.

Nous sommes appelés, une fois de plus, à concrétiser les préceptes de la Déclaration universelle. Répondons à cet appel. Soyons du bon côté de l’histoire - pour notre peuple, pour notre nation et pour les générations futures dont l’existence sera façonnée par le travail que nous faisons aujourd’hui.

Je m’adresse à vous pleine d’espoir et de confiance qu’aussi longue que soit la route, nous allons la parcourir ensemble, et aboutir.

Je vous remercie.

Source


Hillary Clinton On Gay Rights Abroad : Secretary Of State Delivers Historic LGBT Speech In Geneva Full Text

Good evening, and let me express my deep honor and pleasure at being here. I want to thank Director General Tokayev and Ms. Wyden along with other ministers, ambassadors, excellencies, and UN partners. This weekend, we will celebrate Human Rights Day, the anniversary of one of the great accomplishments of the last century.

Beginning in 1947, delegates from six continents devoted themselves to drafting a declaration that would enshrine the fundamental rights and freedoms of people everywhere. In the aftermath of World War II, many nations pressed for a statement of this kind to help ensure that we would prevent future atrocities and protect the inherent humanity and dignity of all people. And so the delegates went to work. They discussed, they wrote, they revisited, revised, rewrote, for thousands of hours. And they incorporated suggestions and revisions from governments, organizations, and individuals around the world.

At three o’clock in the morning on December 10th, 1948, after nearly two years of drafting and one last long night of debate, the president of the UN General Assembly called for a vote on the final text. Forty-eight nations voted in favor ; eight abstained ; none dissented. And the Universal Declaration of Human Rights was adopted. It proclaims a simple, powerful idea : All human beings are born free and equal in dignity and rights. And with the declaration, it was made clear that rights are not conferred by government ; they are the birthright of all people. It does not matter what country we live in, who our leaders are, or even who we are. Because we are human, we therefore have rights. And because we have rights, governments are bound to protect them.

In the 63 years since the declaration was adopted, many nations have made great progress in making human rights a human reality. Step by step, barriers that once prevented people from enjoying the full measure of liberty, the full experience of dignity, and the full benefits of humanity have fallen away. In many places, racist laws have been repealed, legal and social practices that relegated women to second-class status have been abolished, the ability of religious minorities to practice their faith freely has been secured.

In most cases, this progress was not easily won. People fought and organized and campaigned in public squares and private spaces to change not only laws, but hearts and minds. And thanks to that work of generations, for millions of individuals whose lives were once narrowed by injustice, they are now able to live more freely and to participate more fully in the political, economic, and social lives of their communities.

Now, there is still, as you all know, much more to be done to secure that commitment, that reality, and progress for all people. Today, I want to talk about the work we have left to do to protect one group of people whose human rights are still denied in too many parts of the world today. In many ways, they are an invisible minority. They are arrested, beaten, terrorized, even executed. Many are treated with contempt and violence by their fellow citizens while authorities empowered to protect them look the other way or, too often, even join in the abuse. They are denied opportunities to work and learn, driven from their homes and countries, and forced to suppress or deny who they are to protect themselves from harm.

I am talking about gay, lesbian, bisexual, and transgender people, human beings born free and given bestowed equality and dignity, who have a right to claim that, which is now one of the remaining human rights challenges of our time. I speak about this subject knowing that my own country’s record on human rights for gay people is far from perfect. Until 2003, it was still a crime in parts of our country. Many LGBT Americans have endured violence and harassment in their own lives, and for some, including many young people, bullying and exclusion are daily experiences. So we, like all nations, have more work to do to protect human rights at home.

Now, raising this issue, I know, is sensitive for many people and that the obstacles standing in the way of protecting the human rights of LGBT people rest on deeply held personal, political, cultural, and religious beliefs. So I come here before you with respect, understanding, and humility. Even though progress on this front is not easy, we cannot delay acting. So in that spirit, I want to talk about the difficult and important issues we must address together to reach a global consensus that recognizes the human rights of LGBT citizens everywhere.

The first issue goes to the heart of the matter. Some have suggested that gay rights and human rights are separate and distinct ; but, in fact, they are one and the same. Now, of course, 60 years ago, the governments that drafted and passed the Universal Declaration of Human Rights were not thinking about how it applied to the LGBT community. They also weren’t thinking about how it applied to indigenous people or children or people with disabilities or other marginalized groups. Yet in the past 60 years, we have come to recognize that members of these groups are entitled to the full measure of dignity and rights, because, like all people, they share a common humanity.

This recognition did not occur all at once. It evolved over time. And as it did, we understood that we were honoring rights that people always had, rather than creating new or special rights for them. Like being a woman, like being a racial, religious, tribal, or ethnic minority, being LGBT does not make you less human. And that is why gay rights are human rights, and human rights are gay rights.

It is violation of human rights when people are beaten or killed because of their sexual orientation, or because they do not conform to cultural norms about how men and women should look or behave. It is a violation of human rights when governments declare it illegal to be gay, or allow those who harm gay people to go unpunished. It is a violation of human rights when lesbian or transgendered women are subjected to so-called corrective rape, or forcibly subjected to hormone treatments, or when people are murdered after public calls for violence toward gays, or when they are forced to flee their nations and seek asylum in other lands to save their lives. And it is a violation of human rights when life-saving care is withheld from people because they are gay, or equal access to justice is denied to people because they are gay, or public spaces are out of bounds to people because they are gay. No matter what we look like, where we come from, or who we are, we are all equally entitled to our human rights and dignity.

The second issue is a question of whether homosexuality arises from a particular part of the world. Some seem to believe it is a Western phenomenon, and therefore people outside the West have grounds to reject it. Well, in reality, gay people are born into and belong to every society in the world. They are all ages, all races, all faiths ; they are doctors and teachers, farmers and bankers, soldiers and athletes ; and whether we know it, or whether we acknowledge it, they are our family, our friends, and our neighbors.

Being gay is not a Western invention ; it is a human reality. And protecting the human rights of all people, gay or straight, is not something that only Western governments do. South Africa’s constitution, written in the aftermath of Apartheid, protects the equality of all citizens, including gay people. In Colombia and Argentina, the rights of gays are also legally protected. In Nepal, the supreme court has ruled that equal rights apply to LGBT citizens. The Government of Mongolia has committed to pursue new legislation that will tackle anti-gay discrimination.

Now, some worry that protecting the human rights of the LGBT community is a luxury that only wealthy nations can afford. But in fact, in all countries, there are costs to not protecting these rights, in both gay and straight lives lost to disease and violence, and the silencing of voices and views that would strengthen communities, in ideas never pursued by entrepreneurs who happen to be gay. Costs are incurred whenever any group is treated as lesser or the other, whether they are women, racial, or religious minorities, or the LGBT. Former President Mogae of Botswana pointed out recently that for as long as LGBT people are kept in the shadows, there cannot be an effective public health program to tackle HIV and AIDS. Well, that holds true for other challenges as well.

The third, and perhaps most challenging, issue arises when people cite religious or cultural values as a reason to violate or not to protect the human rights of LGBT citizens. This is not unlike the justification offered for violent practices towards women like honor killings, widow burning, or female genital mutilation. Some people still defend those practices as part of a cultural tradition. But violence toward women isn’t cultural ; it’s criminal. Likewise with slavery, what was once justified as sanctioned by God is now properly reviled as an unconscionable violation of human rights.

In each of these cases, we came to learn that no practice or tradition trumps the human rights that belong to all of us. And this holds true for inflicting violence on LGBT people, criminalizing their status or behavior, expelling them from their families and communities, or tacitly or explicitly accepting their killing.

Of course, it bears noting that rarely are cultural and religious traditions and teachings actually in conflict with the protection of human rights. Indeed, our religion and our culture are sources of compassion and inspiration toward our fellow human beings. It was not only those who’ve justified slavery who leaned on religion, it was also those who sought to abolish it. And let us keep in mind that our commitments to protect the freedom of religion and to defend the dignity of LGBT people emanate from a common source. For many of us, religious belief and practice is a vital source of meaning and identity, and fundamental to who we are as people. And likewise, for most of us, the bonds of love and family that we forge are also vital sources of meaning and identity. And caring for others is an expression of what it means to be fully human. It is because the human experience is universal that human rights are universal and cut across all religions and cultures.

The fourth issue is what history teaches us about how we make progress towards rights for all. Progress starts with honest discussion. Now, there are some who say and believe that all gay people are pedophiles, that homosexuality is a disease that can be caught or cured, or that gays recruit others to become gay. Well, these notions are simply not true. They are also unlikely to disappear if those who promote or accept them are dismissed out of hand rather than invited to share their fears and concerns. No one has ever abandoned a belief because he was forced to do so.

Universal human rights include freedom of expression and freedom of belief, even if our words or beliefs denigrate the humanity of others. Yet, while we are each free to believe whatever we choose, we cannot do whatever we choose, not in a world where we protect the human rights of all.

Reaching understanding of these issues takes more than speech. It does take a conversation. In fact, it takes a constellation of conversations in places big and small. And it takes a willingness to see stark differences in belief as a reason to begin the conversation, not to avoid it.

But progress comes from changes in laws. In many places, including my own country, legal protections have preceded, not followed, broader recognition of rights. Laws have a teaching effect. Laws that discriminate validate other kinds of discrimination. Laws that require equal protections reinforce the moral imperative of equality. And practically speaking, it is often the case that laws must change before fears about change dissipate.

Many in my country thought that President Truman was making a grave error when he ordered the racial desegregation of our military. They argued that it would undermine unit cohesion. And it wasn’t until he went ahead and did it that we saw how it strengthened our social fabric in ways even the supporters of the policy could not foresee. Likewise, some worried in my country that the repeal of “Don’t Ask, Don’t Tell” would have a negative effect on our armed forces. Now, the Marine Corps Commandant, who was one of the strongest voices against the repeal, says that his concerns were unfounded and that the Marines have embraced the change.

Finally, progress comes from being willing to walk a mile in someone else’s shoes. We need to ask ourselves, "How would it feel if it were a crime to love the person I love ? How would it feel to be discriminated against for something about myself that I cannot change ?" This challenge applies to all of us as we reflect upon deeply held beliefs, as we work to embrace tolerance and respect for the dignity of all persons, and as we engage humbly with those with whom we disagree in the hope of creating greater understanding.

A fifth and final question is how we do our part to bring the world to embrace human rights for all people including LGBT people. Yes, LGBT people must help lead this effort, as so many of you are. Their knowledge and experiences are invaluable and their courage inspirational. We know the names of brave LGBT activists who have literally given their lives for this cause, and there are many more whose names we will never know. But often those who are denied rights are least empowered to bring about the changes they seek. Acting alone, minorities can never achieve the majorities necessary for political change.

So when any part of humanity is sidelined, the rest of us cannot sit on the sidelines. Every time a barrier to progress has fallen, it has taken a cooperative effort from those on both sides of the barrier. In the fight for women’s rights, the support of men remains crucial. The fight for racial equality has relied on contributions from people of all races. Combating Islamaphobia or anti-Semitism is a task for people of all faiths. And the same is true with this struggle for equality.

Conversely, when we see denials and abuses of human rights and fail to act, that sends the message to those deniers and abusers that they won’t suffer any consequences for their actions, and so they carry on. But when we do act, we send a powerful moral message. Right here in Geneva, the international community acted this year to strengthen a global consensus around the human rights of LGBT people. At the Human Rights Council in March, 85 countries from all regions supported a statement calling for an end to criminalization and violence against people because of their sexual orientation and gender identity.

At the following session of the Council in June, South Africa took the lead on a resolution about violence against LGBT people. The delegation from South Africa spoke eloquently about their own experience and struggle for human equality and its indivisibility. When the measure passed, it became the first-ever UN resolution recognizing the human rights of gay people worldwide. In the Organization of American States this year, the Inter-American Commission on Human Rights created a unit on the rights of LGBT people, a step toward what we hope will be the creation of a special rapporteur.

Now, we must go further and work here and in every region of the world to galvanize more support for the human rights of the LGBT community. To the leaders of those countries where people are jailed, beaten, or executed for being gay, I ask you to consider this : Leadership, by definition, means being out in front of your people when it is called for. It means standing up for the dignity of all your citizens and persuading your people to do the same. It also means ensuring that all citizens are treated as equals under your laws, because let me be clear – I am not saying that gay people can’t or don’t commit crimes. They can and they do, just like straight people. And when they do, they should be held accountable, but it should never be a crime to be gay.

And to people of all nations, I say supporting human rights is your responsibility too. The lives of gay people are shaped not only by laws, but by the treatment they receive every day from their families, from their neighbors. Eleanor Roosevelt, who did so much to advance human rights worldwide, said that these rights begin in the small places close to home – the streets where people live, the schools they attend, the factories, farms, and offices where they work. These places are your domain. The actions you take, the ideals that you advocate, can determine whether human rights flourish where you are.

And finally, to LGBT men and women worldwide, let me say this : Wherever you live and whatever the circumstances of your life, whether you are connected to a network of support or feel isolated and vulnerable, please know that you are not alone. People around the globe are working hard to support you and to bring an end to the injustices and dangers you face. That is certainly true for my country. And you have an ally in the United States of America and you have millions of friends among the American people.

The Obama Administration defends the human rights of LGBT people as part of our comprehensive human rights policy and as a priority of our foreign policy. In our embassies, our diplomats are raising concerns about specific cases and laws, and working with a range of partners to strengthen human rights protections for all. In Washington, we have created a task force at the State Department to support and coordinate this work. And in the coming months, we will provide every embassy with a toolkit to help improve their efforts. And we have created a program that offers emergency support to defenders of human rights for LGBT people.

This morning, back in Washington, President Obama put into place the first U.S. Government strategy dedicated to combating human rights abuses against LGBT persons abroad. Building on efforts already underway at the State Department and across the government, the President has directed all U.S. Government agencies engaged overseas to combat the criminalization of LGBT status and conduct, to enhance efforts to protect vulnerable LGBT refugees and asylum seekers, to ensure that our foreign assistance promotes the protection of LGBT rights, to enlist international organizations in the fight against discrimination, and to respond swiftly to abuses against LGBT persons.

I am also pleased to announce that we are launching a new Global Equality Fund that will support the work of civil society organizations working on these issues around the world. This fund will help them record facts so they can target their advocacy, learn how to use the law as a tool, manage their budgets, train their staffs, and forge partnerships with women’s organizations and other human rights groups. We have committed more than $3 million to start this fund, and we have hope that others will join us in supporting it.

The women and men who advocate for human rights for the LGBT community in hostile places, some of whom are here today with us, are brave and dedicated, and deserve all the help we can give them. We know the road ahead will not be easy. A great deal of work lies before us. But many of us have seen firsthand how quickly change can come. In our lifetimes, attitudes toward gay people in many places have been transformed. Many people, including myself, have experienced a deepening of our own convictions on this topic over the years, as we have devoted more thought to it, engaged in dialogues and debates, and established personal and professional relationships with people who are gay.

This evolution is evident in many places. To highlight one example, the Delhi High Court decriminalized homosexuality in India two years ago, writing, and I quote, “If there is one tenet that can be said to be an underlying theme of the Indian constitution, it is inclusiveness.” There is little doubt in my mind that support for LGBT human rights will continue to climb. Because for many young people, this is simple : All people deserve to be treated with dignity and have their human rights respected, no matter who they are or whom they love.

There is a phrase that people in the United States invoke when urging others to support human rights : “Be on the right side of history.” The story of the United States is the story of a nation that has repeatedly grappled with intolerance and inequality. We fought a brutal civil war over slavery. People from coast to coast joined in campaigns to recognize the rights of women, indigenous peoples, racial minorities, children, people with disabilities, immigrants, workers, and on and on. And the march toward equality and justice has continued. Those who advocate for expanding the circle of human rights were and are on the right side of history, and history honors them. Those who tried to constrict human rights were wrong, and history reflects that as well.

I know that the thoughts I’ve shared today involve questions on which opinions are still evolving. As it has happened so many times before, opinion will converge once again with the truth, the immutable truth, that all persons are created free and equal in dignity and rights. We are called once more to make real the words of the Universal Declaration. Let us answer that call. Let us be on the right side of history, for our people, our nations, and future generations, whose lives will be shaped by the work we do today. I come before you with great hope and confidence that no matter how long the road ahead, we will travel it successfully together. Thank you very much.

Source : Huffington Post


L’offensive de Washington en faveur des homosexuels

La secrétaire d’Etat Hillary Clinton a livré un plaidoyer en faveur du droit des homosexuels, des bisexuels et des transgenres. Un discours qualifié d’historique par les activistes.

C’est l’un des derniers tabous des droits de l’homme contre lequel l’administration américaine vient de lancer une offensive diplomatique qui passe par Genève. Mardi soir, au Palais des Nations, Hillary Clinton a prononcé un grand discours appelant à lutter contre les discriminations et les violences dont sont victimes les lesbiennes, les gays, les bisexuels et les transgenres (LGBT). Au même moment, à Washington, Barack Obama faisait part d’une nouvelle stratégie d’aide extérieure du gouvernement américain qui devra désormais tenir compte des abus contre les homosexuels.

Sur la scène internationale, c’est un sujet très sensible. Loin de diminuer, les discriminations qui visent ce groupe connaissent d’inquiétants développements dans plusieurs pays d’Afrique et du Proche-Orient. Le thème du discours de la secrétaire d’Etat américaine a ainsi été tenu secret afin de s’assurer qu’il ne soit pas boycotté par une partie du corps diplomatique. Prenant prétexte du 63e anniversaire de la Déclaration universelle des droits de l’homme (10 décembre) pour intervenir à la tribune du siège européen de l’ONU, Hillary Clinton a surpris tout son monde en se focalisant sur les discriminations sexuelles alors qu’on l’attendait sur un discours diplomatique prenant acte des révoltes arabes ou de l’évolution de la Birmanie où elle a récemment rencontré la Nobel de la paix Aung San Suu Kyi.

« Tout comme pour les femmes ou les minorités raciales, religieuses, tribales ou ethniques, le fait d’être LGBT ne vous rend pas moins humain, a-t-elle expliqué. C’est pourquoi les droits des gays sont des droits de l’homme, et les droits de l’homme sont des droits des gays. »

La secrétaire d’Etat a dû rappeler que l’homosexualité n’est pas un phénomène occidental et que ni la religion ni les traditions ne pouvaient justifier les violences faites aux LGBT. Au terme d’un plaidoyer d’une demi-heure, l’ensemble de l’auditoire s’est levé pour l’applaudir. « C’est un moment historique. C’est le premier grand discours consacré au LGBT devant la communauté internationale. Et personne n’est parti », s’est réjouie Julie Dorf, conseillère du Council for Global Equality, une ONG américaine qui regroupe divers mouvements de défense des homosexuels.

Pour l’occasion, plusieurs activistes ont été invités par l’administration américaine à faire le déplacement de Genève. L’avocate camerounaise Alice Nkom compare cette intervention à celle qu’avait faite la même Hillary Clinton au sommet des femmes de Pékin en 1995. « C’est un immense discours, exceptionnel. Je vais le partager avec nos ministres. C’est tout notre pays qui aurait dû l’écouter. » L’homosexualité est réprimée au Cameroun où un débat est en cours sur sa criminalisation.

L’homosexualité est passible de la peine de mort en Arabie saoudite, proche allié des Etats-Unis. Elle pourrait également le devenir en Ouganda sous l’influence d’églises évangélistes ultra-conservatrices financées par des Américains. « On assiste à la même poussée fondamentaliste au Kenya », explique Pauline Kimani, une militante « queer » de 26 ans : « Les attaques contre l’homosexualité sont le seul terrain d’entente entre religieux chrétiens et musulmans. L’Afrique post-coloniale est très religieuse. Chez nous, l’Eglise anglicane joue un rôle néfaste pour les homosexuels. »

Sur le plan diplomatique, Hillary Clinton essaie d’être au front avec le soutien de l’Inde et de l’Afrique du Sud, explique Narraian Arvina, l’un des avocats à l’origine de la décriminalisation de l’homosexualité en Inde. « On assiste à de profonds changements dans l’opinion publique, dit-il. Ce discours va nous aider. » En juin, cette coalition est parvenue à faire voter une résolution au Conseil des droits de l’homme appelant à mettre fin à la violence faite aux personnes du fait de leur orientation sexuelle. C’est le premier texte de l’ONU reconnaissant les droits de l’homme pour les gays, estime Hillary Clinton.

Les droits des homosexuels devraient également s’imposer dans la campagne présidentielle américaine. Barack Obama doit s’assurer le soutien de cet électorat. Rick Perry, l’un de ses concurrents républicains, accuse son administration de « mener une guerre contre les valeurs américaines traditionnelles et les croyants ».

Source : Frédéric Koller pour Le Temps


Les lesbiennes et les gays, humains de pleins droits

Droits des homosexuels | En prenant Genève à témoin de son engagement à défendre les droits des homosexuels, les Etats-Unis ont fait bouger les lignes

Il aura fallu quelques jours pour mesurer toute l’importance du discours prononcé par Hillary Clinton à la tribune de l’ONU le 5 décembre dernier. En venant déclarer, à l’occasion de la Journée des droits de l’homme, que les droits des homosexuels étaient « l’un des derniers défis de notre époque », la secrétaire d’Etat américaine a scotché sur leurs sièges les diplomates présents.

  • Discours inattendu

Le contenu de son discours n’avait pas fuité et l’assistance s’attendait à un exercice convenu avec quelques allusions aux violations des droits de l’homme commis en Syrie ou en Iran. Mais Hillary Clinton était venue avec un autre projet en poche : mettre la question de la défense des droits des homosexuels au centre de sa diplomatie. Ce qui constitue « une véritable révolution copernicienne », pour Yves de Matteis, élu Vert et militant gay genevois. « C’est rare de voir une administration nationale déclarer que la question des droits LGBT (lesbiens, gays, bi, trans) est une priorité de sa politique », ajoute ce dernier.

Faut-il y voir une manœuvre, un calcul ? Pour s’attirer les voix de la communauté gay avant l’élection présidentielle ? Au regard du tollé que suscitent outre-Atlantique les déclarations de Hillary Clinton parmi les ligues de vertu, les communautés religieuses et les républicains, le raisonnement ne tient pas. Les homosexuels eux-mêmes n’y croient pas. « C’est vrai qu’il y a aux Etats-Unis une population de gays et lesbiennes qui représente 5 à 10% des habitants mais il y a un pourcentage élevé de la population qui reste réfractaire aux droits LGBT », explique Yves de Matteis.

Le discours prononcé par Hillary Clinton à Genève le 5 décembre dernier a bel et bien une portée historique. L’Amérique n’a pas hésité à puiser dans son passé pour oser ce coup d’audace. « Ceux qui préconisent d’élargir le cercle des droits de l’homme ont toujours été du bon côté de l’histoire, et l’histoire leur rend hommage. Ceux qui ont essayé de restreindre les droits de l’homme ont eu tort, et l’histoire reflète cela également », a rappelé la secrétaire d’Etat américaine. Un tel rappel n’était pas destiné aux Américains mais bien au reste du monde.

  • Positionnement tactique ?

Quelque 80 pays continuent à considérer l’homosexualité comme un délit ou un crime punissable d’une peine de prison, de châtiments et parfois de la peine de mort. Les pays qui pratiquent un islam rigoriste sont les plus rétifs à reconnaître les droits des homosexuels. Dans son sillon, le printemps arabe n’a pas desserré l’étau. Le débat poussé par les Etats-Unis n’a pas fini d’embarrasser les régimes islamistes. Est-ce là qu’il faut chercher la part de calcul de la diplomatie américaine ? Ce positionnement est-il tactique ?

Yves de Matteis se refuse de céder à la caricature qui ferait automatiquement d’un musulman un homophobe. Il rapporte de nombreux témoignages prouvant le contraire. Ce qu’il retient, et ce que retient la plupart des associations de gays et lesbiennes, ce sont les accents de sincérité de Hillary Clinton et l’émotion qui gouvernait à la lecture de son discours. « Que ressentirais-je si c’était un délit d’aimer la personne que j’aime ? Que ressentirais-je si je faisais l’objet de discrimination pour un aspect de ma personne que je ne peux pas changer ? » a-t-elle lancé à la tribune de l’ONU. Pour Yves de Matteis, il est clair que cette prise de position renforce à travers le monde les revendications des homosexuels pour le mariage et le droit à l’adoption.

A présent, les associations de gays et lesbiennes souhaitent voir la Suisse emboîter le pas des Etats-Unis. « Il faudrait que le Conseil fédéral débloque une ligne budgétaire pour alimenter un peu plus le travail consacré à cette thématique et qu’il porte, lui aussi, la question de la protection des droits LGBT au niveau de ses relations extérieures », suggère Yves de Matteis.

Source : La Tribune de Genève


US will use foreign aid to defend gay rights abroad, Clinton, Obama declare : culture no excuse

But the directive does not make foreign aid contingent on a nation’s gay rights record or include specific sanctions for poor performers, making the policy more of a moral challenge to other governments than a threat.

“The struggle to end discrimination against lesbian, gay, bisexual, and transgender persons is a global challenge, and one that is central to the United States’ commitment to promoting human rights,” Obama said in a statement.

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* ( Anja Niedringhaus / Associated Press ) - U.S. Secretary of State Hillary Rodham Clinton, left, shakes hands after her speech on human rights issues at the United Nations headquarters in Geneva, Switzerland, Tuesday, Dec 6, 2011. * ( J. Scott Applewhite, Pool / Associated Press ) - U.S. Secretary of State Hillary Rodham Clinton is greeted by members of the audience after she defended the rights of lesbian, gay, bi-sexual, and transgender persons from around the world on Human Rights Day in a speech entitled “Free and Equal in Dignity and Rights,” at the United Nations in Geneva, Switzerland, Tuesday, Dec. 6, 2011. * ( Anja Niedringhaus / Associated Press ) - U.S. Secretary of State Hillary Rodham Clinton during her speech on human rights issues in Geneva, Switzerland, Tuesday, Dec 6, 2011. Making an unusually strong statement in defense of gay rights, Clinton says they are equal to women’s rights and racial equality and should be universal human rights. She criticized nations that criminalize gay behavior or tolerate abuse of gay, bisexual or transgendered people, though she did not identify those nations by name.

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( Anja Niedringhaus / Associated Press ) - U.S. Secretary of State Hillary Rodham Clinton, left, shakes hands after her speech on human rights issues at the United Nations headquarters in Geneva, Switzerland, Tuesday, Dec 6, 2011.

Clinton’s audience in Geneva included diplomats from Arab, African and other nations where homosexuality is criminalized or where brutality and discrimination against gay and transgender people is tolerated or encouraged. Many of the ambassadors in the audience responded with stony faces and rushed out of the room as soon as she finished speaking.

In unusually strong language, the secretary of state compared the struggle for gay equality to difficult passages toward women’s rights and racial equality, and she said a country’s cultural or religious traditions are no excuse for discrimination.

“Gay people are born into and belong to every society in the world,” she said. “Being gay is not a Western invention. It is a human reality.”

Clinton also catalogued international abuses such as targeted killings of gays, “corrective rape” of lesbians or forced hormone treatments. She likened the targeting of gays for mistreatment to “honor killings” of women, widow-burning or female genital mutilation, examples of practices the U.S. decries but has not penalized friends including Afghanistan for carrying out.

“Some people still defend those practices as part of a cultural tradition,” she said. “But violence toward women isn’t cultural ; it’s criminal.”

Neither Clinton nor Obama named any individual countries with especially poor records on gay rights, although an annual State Department accounting of global human rights has cited abuses by such friends as Saudi Arabia.

Scott Long, former director of the Lesbian, Gay, Bisexual, and Transgender Rights Program at Human Rights Watch, said he was interested in watching the administration translate its broad statement of principle into a practical action plan that considers different countries’ views toward both gay people and the U.S.

“I would like to see them think strategically about what would work best to support activism on the ground,” Long said in an interview from Egypt, where he was meeting with local gay rights activists. “It’s going to differ from country to country based on that country’s relationship with the United States. There are places where an embrace from the U.S. could be the kiss of death for a social movement.”

Jessica Stern, acting director of the International Gay and Lesbian Human Rights Commission in New York, said the administration was wise not to tie gay rights to the provision or withdrawal of foreign aid because doing so could set lesbian and gay people up as scapegoats. Instead, the U.S. could assist gay rights groups with necessities like rent, salaries or an escape route from persecution, Stern said.

“If a grass-roots organization doesn’t have access to government ministers, maybe what they have is the police showing up at their doorstep every day,” she said. “That’s when they need the U.S. government to communicate with their allies in a foreign country, but the question is how to do it right, how can you do it discreetly ?”

Source : Washingtown Post