« Il y a beaucoup de membres de l’UDC qui sont gays et qui n’osent pas vraiment l’affirmer, car ils craignent d’être défavorisés. »
Ces propos ne sont pas tenus par un politologue ou un observateur extérieur mais par Thomas Fuchs, député UDC au grand conseil bernois et bisexuel.
Il explique à 20 Minuten que pour soutenir les gays de son parti et pour défendre les droits des homosexuels, il a décidé de créer la section des UDC gays. Le mouvement, alémanique uniquement pour l’instant, a depuis peu son site internet mais provoque des réactions très mitigées du côté de la centrale du parti. « Nous ne savons pas encore si nous pouvons utiliser le logo du parti », explique par exemple Beat Feurer, co-initiateur du mouvement.
« C’est clair qu’il y a des résistances émotionnelles au sein du parti, mais nous suivons la même ligne politique », insiste-t-il. Et de poursuivre : « Nous sommes ainsi contre la surpopulation étrangère et avons soutenu l’initiative anti-minarets. »
Ces propos de la ligne « rose » de l’UDC ne suffisent cependant pas à rassurer le parti. « Fondamentalement, l’orientation sexuelle de nos membres n’est pas un problème mais nous devons maintenant contrôler qui sont vraiment ces gens et voir comment fonctionne le mouvement », souligne Martin Baltisser, secrétaire général de l’UDC.
Source : Patrick Marbach pour 20 minutes
« L’UDC n’a pas besoin d’une section gay »
G. Logean, président jeunes UDC du Valais romand.
Connu pour ses propos chocs contre l’homosexualité, le jeune politicien valaisan se distancie de la nouvelle section gay. Comme d’autres membres du parti.
La création d’une section gay en Suisse alémanique divise la direction de l’UDC.
Pour plusieurs ténors du parti, une telle section est inutile. La direction de l’UDC a interdit l’utilisation du logo sur la page web de la section, actuellement en construction.
Le conseiller national valaisan Oskar Freysinger est contre des groupes parallèles à l’intérieur du parti, surtout lorsqu’ils défendent des positions différentes de la base, en l’occurrence le droit d’adoption pour couples homosexuels.
Son collègue zurichois, Hans Fehr, est du même avis. « Chacun peut vivre en privé comme il le souhaite, mais personne ne doit utiliser son homosexualité à des fins politiques » déclare-t-il à blick.ch.
Quant à Grégory Logean, qui avait défrayé la chronique durant l’été pour ses propos sur l’homosexualité, lui non plus ne voit pas la nécessité d’un tel groupe. « Je m’oppose à la banalisation de l’homosexualité et me distancie complètement de cette section. Nous ferions mieux de mettre notre énergie au service du parti. Je ne vois vraiment pas ce que ça peux nous apporter », estime-t-il.
Pour le jeune UDC, cette section est l’œuvre d’individus isolés qui cherchent, maladroitement, à attirer l’attention.
Co-initiateur du mouvement, le député bernois Thomas Fuchs est naturellement d’un tout autre avis : « 5 à 10% des Suisses sont homosexuels, et il n’en va pas autrement à l’UDC. Il est donc important que nous nous organisions. »
Source : Thierry Délèze pour 20 Minutes
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