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Les homos et l’adoption :
des fantasmes à gogo
par  la rédaction, le dimanche 9 octobre 2011, vu 428 fois

A 15 jours des élections fédérales, tour d’horizon des candidats au Conseil national sur le dossier épineux de l’adoption pour les couples gay et lesbiens. Au-delà des blocs gauche-UDC et des préjugés, les lignes semblent bouger. Un peu.

Elle permet d’évaluer le profil politique des candidats aux différents élections helvétiques : la plate-forme Smartvote tourne à plein régime en ce moment, à deux semaines du vote qui renouvellera les deux chambres du Parlement suisse. Dans le questionnaire cette année, une question concerne plus particulièrement les gays et lesbiennes : la levée de l’interdiction faite aux partenaires enregistrés d’adopter.

Le survol des réponses données par 2716 sur les 3435 candidats inscrits dans la course au Conseil national montre, évidemment, des positions assez tranchées de la gauche (minoritaire) à la droite populiste et conservatrice (voir graphique ci-dessous). Le soutien à l’adoption pour les couples pacsés s’élève (« oui »/« plutôt oui ») à 90% au PS et chez les Verts. En revanche, dans la mal-nommée Union démocratique du centre (UDC) ou au Parti évangélique (PEv), il atteint à peine les 5%. Quant à la marginale Union démocratique fédérale (UDF), pourfendeuse des gay prides, ses candidats votent comme un seul homme, contre la levée de l’interdiction.

  • Tiraillements

Dans le camp du centre bourgeois, c’est la division qui prédomine, avec du 50/50 au sein du Parti libéral-radical (PLR). Les listes jeunes de cette formation semblent toutefois pousser en faveur d’une reconnaissance des familles homoparentales. Quant au Parti démocrate-chrétien (PDC), il est tiraillé entre sa gauche sociale et urbaine et sa droite chrétienne et rurale : 30% pour, 70% contre ; une proportion que l’on retrouve au sein des candidats du petit Parti bourgeois démocrate.

Dans le détail, beaucoup de candidats ont livré un commentaire avec leur « note ». Martelé sur tous les tons, on retrouve sans grande surprise le « droit » de l’enfant « d’avoir un papa et une maman ». De manière plus folklorique, certains n’hésitent pas à invoquer l’« ordre naturel » et la « volonté divine » (au PDC et, bien entendu, à l’UDF). Cela passe parfois par une drôle de préoccupation pour la reproduction (de la race ?), par exemple chez Konrad Kretz (PEv/LU) : « Tant qu’il y a assez de couples mariés et qualifiés (sic !), je ne vois pas pourquoi on irait contre la nature. » D’autres lancent un cri du coeur. « On est en pleine décadence de la société ! », s’exclame ainsi l’UDC vaudois Pierre-Alain Karlen.

  • Tactique du salami

Plusieurs prétendants au Conseil national en profitent pour dire leur amertume de voir le « consensus » sur le partenariat enregistré remis en cause. En 2004, l’interdiction de l’adoption et de l’insémination artificielle pour les couples de même sexe partenariés avait permis le vote de la Loi sur le partenariat par une partie de la droite parlementaire. Une « tactique du salami », qui consisterait à faire avaler une à une les revendications LGBT, qui reste en travers de la gorge de nombreux UDC et PDC.

  • Au cas par cas

Mais dans ce front du refus, il y a aussi des brèches. Ainsi nombreux sont ceux, parmi les démocrates-chrétiens par exemple, qui disent non à l’adoption « à moins qu’il s’agisse de l’enfant du partenaire ». Une position que l’on retrouve aussi chez quelques PEv et même UDC plutôt hostiles ou hostiles à cette question. C’est aussi le cas à gauche et au PLR, où certains candidats sont plutôt réticents à légiférer. Ils semblent préférer des règlements « au cas par cas ». « Voir venir », « laisser mûrir »... est l’approche favorite des libéraux, qui semblent ne pas vouloir trop se mouiller. Typique de ce point de vue : le Bernois Marius Redli, qui prône des « expériences pilotes avant de se décider définitivement sur la question ». Il n’est, de loin, pas le seul à débarquer de la Lune. Bien des candidats paraissent assez mal connaître le sujet. Il y a ceux qui citent le foyer homoparental comme une alternative préférable... à l’orphelinat. Ou le Jeune libéral-radical vaudois Romain Miceli, qui se dit plutôt favorable à l’adoption pour « ne pas favoriser les bébés "échangés" entres couples homosexuels ». Mais où vont-ils chercher tout ça ?

Source : 360°


Positions par parti (listes jeunes comprises) à la question « Les couples homosexuels sous le régime du partenariat enregistrés devraient-ils pouvoir adopter des enfants ? »