Accueil du site > Infos > Suisse > Société > Les parents d’homos doivent eux (...)
Société
Homophobie : ce qui a changé en 30 ans Gays au travail
Les parents d’homos doivent eux aussi faire leur coming out
par  la rédaction, le mardi 20 décembre 2011, vu 398 fois

L’association genevoise Parents d’homos accompagne depuis cinq ans des parents dont les enfants ont dévoilé leur homosexualité.

« Papa, maman, il faut que je vous dise... je suis gay... » En l’espace de deux secondes, le monde des parents s’écroule. Celui dans lequel ils imaginaient leur fils se marier avec une femme qui leur donnerait deux beaux enfants qui viendraient leur rendre visite tous les dimanches... Pour des parents, apprendre que leur fils ou leur fille est homosexuel-le n’est pas toujours facile à accepter. Dans notre société bourrée de références hétéros, l’homosexualité est un « monde » qu’on connaît mal et sur lequel planent des préjugés fortement ancrés. Alors on la tolère, mais de là à la comprendre, voire à l’accepter au sein de sa propre famille, la distance est grande. Et c’est le grand défilé des sentiments : culpabilité, isolement, désarroi, ou encore remise en question.

  • Faire son deuil

Les membres de l’association Parents d’homos sont tous passés par là il y a quelques années. Maintenant, ils accompagnent les autres parents qui se retrouvent dans le même cas et qui ont besoin d’être écoutés, conseillés, aidés. Leur mission ? Dire aux parents que l’homosexualité n’est ni une maladie à guérir ni un choix, leur permettre de déculpabiliser, mais aussi les aider à établir un dialogue avec l’enfant concerné, et cela dans le but de comprendre et d’accepter ce qu’il vit. « Les parents aussi doivent faire leur coming out, explique Carole Jöhl, membre de Parents d’homos. Quand on le découvre, le choc est de taille car, dans la plupart des cas, on n’a rien décelé, rien vu. » Des enfants, devenus adultes, qui n’ont pas hésité à faire semblant de mener une vie d’« hétéro normal », pour ne pas faire tiquer leurs géniteurs. « Les parents sont en général les dernières personnes informées, constate Roudy Grob, membre fondateur de l’association. La révélation aux parents est un enjeu énorme pour l’enfant, l’épreuve la plus difficile car il a peur d’être rejeté. Parents d’homos s’est formé il y a cinq ans et compte huit membres permanents bénévoles. « Au début, nous avons cru que nous serions inondés d’appels », reconnaît Roudy Grob. En réalité, ce ne sont pas plus de dix personnes qui les contactent chaque année, des mamans surtout, issues de milieux aisés. Certaines s’arrêtant à la première discussion, d’autres s’engageant dans un processus de plusieurs mois. « Notre premier rôle est d’écouter, car nous sommes face à des parents dans l’urgence qui viennent de découvrir l’homosexualité de leur fils ou de leur fille et qui ont besoin d’exprimer ce qu’ils ressentent, de partager leur expérience. »

  • Une brochure pour comprendre

Bien que les prises de contact soient anonymes, décrocher le téléphone s’avère souvent un défi de trop grande taille. Parce qu’on a honte, qu’on a peur du qu’en dira-t-on ou qu’on préfère jouer la carte de l’indifférence : « Elle est lesbienne, c’est dit, c’est réglé... » Pour toutes les personnes qui n’osent pas, Parents d’homos a choisi de faciliter l’information et de diffuser sa propre brochure : « Homosexualité, parlons-en ! », un fascicule de trente-cinq pages qui aide à « comprendre pour accepter ». Mais l’association veut aller plus loin. « Nous aimerions sortir de l’attentisme et passer à un militantisme plus actif qui se véhiculerait par la prévention », indique Roudy Grob. Par exemple, prendre contact avec des associations de parents d’élèves. « Beaucoup de souffrance pourrait être évitée si on était mieux informé. » I

Plus d’informations sur : www.parentsdhomos.ch ;

Pour contacter Parents d’homos : info parentsdhomos.ch ; 022 752 34 69 ou 022 348 53 19.

Source : Le Courrier