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International
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Louis-Georges Tin :
« Les intégristes se servent de la foi pour justifier l’homophobie »
par  la rédaction, le mardi 18 mai 2010, vu 139 fois
Tags : - Homophobie - Journée mondiale contre l’homophobie - 17 mai

INTERVIEW. L’universitaire et créateur de la journée mondiale contre l’homophobie et la transphobie fait le point sur les moments forts de l’édition 2010, qui a lieu demain. Des actions sont prévues dans 40 villes en France, et à l’étranger.

Le 17 mai 1990, l’Organisation mondiale de la Santé supprimait l’homosexualité de la liste des maladies mentales. Depuis 2005, la journée internationale de lutte contre l’homophobie et la transphobie est organisée symboliquement à cette date. Une journée pour condamner les actes homophobes et mettre en avant les luttes des différentes associations LGBT. Après la transphobie en 2009, l’édition 2010 est consacrée plus spécifiquement à la religion. A ce titre de nombreuses actions porteront sur ce sujet, mais pas seulement... Louis-Georges Tin, créateur de l’événement, nous en dit plus.

  • TÊTU : Comment le thème de la religion a-t-il été choisi ?

Louis-Georges Tin : Chaque année je propose une thématique aux correspondants IDAHO, et nous en discutons ensemble. La thématique religion a semblé très justifiée tant il y a d’intégristes, partout dans le monde, qui utilisent la foi pour justifier leurs discours homophobes ou transphobes. Il était donc évident pour nous de travailler là-dessus

  • Que doit-on retenir du programme de la journée du 17 ? Quels seront les moments phares ?

Il y aura d’abord le colloque à l’Assemblée. C’est une initiative inédite à ne pas rater, car pour la première fois en France, les grands cultes seront représentés officiellement et prendront position sur l’homophobie et la transphobie. C’est une étape très importante.

Au-delà de ce colloque, signalons par exemple la mise en place d’une prière universelle contre l’homophobie et la transphobie, élaborée conjointement par le comité de pilotage IDAHO religion et l’Eglise de France. C’est une première ! Elle sera proposée aux paroisses en France, et au Canada, notamment.

En dehors de la religion, nous avons une campagne IDAHO Education très dynamique, également. Elle est portée par des associations comme la FIDL, le CAELIF, le MAG et bien d’autres. Nous demandons que les programmes scolaires intègrent une dimension LGBT. Nous souhaitons également que les questions LGBT soient intégrées à la formation que dispensent et que reçoivent les éducateurs sportifs et les éducateurs sociaux. Plusieurs ministères sont donc concernés. Nous attendons leurs réponses, qui sont justement annoncées pour le 17 mai. C’est un gros enjeu !

Il y a aussi Entrée payante, campagne présente dans toute la France, le « Kiss in » global, organisé dans 20 pays en même temps et dont les images seront diffusées sur internet, et bien d’autres opérations que je ne peux citer ici, mais qui figurent sur notre programme annuel.

  • Vous sentez donc une plus forte mobilisation que les années précédentes ?

Oui, cette journée prend de l’ampleur ! Pour 2010, il y a plus de 150 actions programmées dans plus de 40 villes de France. Je ne peux que saluer cet engagement. Je crois que la prise de conscience de l’existence de l’homophobie augmente et on ne peut que s’en réjouir car il n’y a pas de solution au problème sans conscience du problème.

Source : Têtu