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Malaisie et Singapour
par  Frédéric Gloor, le samedi 17 juillet 2004, vu 2606 fois
Tags : - Malaisie - Singapour

Beaucoup de personnes ont l’impression que la Malaisie, pays musulman, a complètement étouffé sa vie gay. Certes, la loi est stricte : ceux qui seront arrêtés peuvent être condamnés à 20 ans de prison et 5 coups de canne. Mais, en pratique, elle n’est appliquée qu’aux musulmans (or chacun peut choisir sa religion).

A Kuala Lumpur, le bar Liquid et la discothèque Blue Boy sont deux lieux ouvertement gay et n’ont aucun problème avec la police. Le Blue Boy se trouve dans une ruelle animée par des petits restaurant en plein air (chaises et tables en plastique, grains de riz de toutes les couleurs dans des casseroles) Le bar est très bien fréquenté en fin de semaine : on arrive encore à entrer avant minuit, mais il faudra bousculer si l’on reste plus longtemps. De jeunes et beaux danseurs animent la piste en se trémoussant devant des miroirs. Ils se produisent à l’occasion d’un petit spectacle tous les soirs vers 2h du matin.

La rue commerçante Jalan Bukit Bintang, où sont établis les Starbucks et autres Planet Hollywood, se fait appeler « The Catwalk » pour son ambiance gay-friendly tout au long de la journée. Il est donc conseillé de ne pas marcher trop vite si l’on veut se rendre compte comment fonctionne la drague là-bas.

Il existe bien entendu des mouvements anti-gay, mais il semble qu’ils n’aient pas grand poids.

Singapour

Singapour est une ville cosmopolite établie sur une île au sud de la péninsule formée par la Thaïlande et la Malaisie. Petit pays à peine plus grand que sa ville, Singapour est habité par une population hétéroclite dont beaucoup ont reconnu leur identité gay face aux pressions et à la discrimination officiellement tolérée.

Quoique l’homosexualité soit illégale et que les médias pratiquent la censure, Singapour n’est pas en arrière. L’accès global à l’information et le rapide développement économique ont permis à une nouvelle jeunesse de vivre dans un esprit ouvert et progressiste.

Héritage des lois britanniques, la fellation a été dépénalisée il y a peu de temps. Toutefois, la pratique reste interdite dans le cadre des relations entre hommes. On ne badine pas avec la majorité sexuelle : un scandale a éclaté en début d’année, révélant qu’un policier de 27 ans devait subir 2 ans de prison pour avoir reçu une fellation de la part d’une jeune fille de 15 ans.

Si la police intervenait fréquemment dans la vie gay il y a quelques années encore (rafles dans les saunas et pièges tendus dans les zones de drague en plein air), le gouvernement a récemment reconnu officiellement la nécessité d’une main d’œuvre gay dans un pays qui cherche avant tout a maintenir son image de « lion » asiatique entre deux voisins traditionnellement conservateur : la Malaisie et l’Indonésie.

Alors que le gouvernement encourageait il y a peu de temps encore une politique familiale (un seul enfant par couple), des avantages sont désormais offerts aux familles nombreuses. Peut-être est-ce un pas vers l’acceptation des homos que d’encourager les familles à faire des enfants afin de combler le déficit de naissance engendré par les gays et les lesbiennes qui ne peuvent procréer.

Le Backstage est certainement le bar le plus populaire de la ville. Au premier étage d’une superbe bâtisse au cœur du quartier chinois, son balcon est un must pour ceux qui se plaisent à observer ce qui se passe dans la rue. Le dimanche soir, le Trixx local s’appelle le Centro. Vêtu ce soir-là de pantalons trois-quarts, je me suis vu signifié par le portier que ma tenue n’était pas suffisamment décente pour y entrer...

Lors de mon voyage, je ne m’étais tout de même pas imaginé trouver autant de vie gay dans ces deux pays que je croyais farouchement conservateurs. Il n’y en a bien entendu jamais autant qu’en Thaïlande, mais il semble que l’évolution est en marche.


Petit réseau de prostitution gay démantelé en Chine

Un propriétaire de bar dans la ville de Nanjing a été condamné à 8 ans de prison et 7300 US$ d’amende pour avoir mis en place un réseau de prostitution gay.

Li Ning, 33 ans, recrutait des jeunes hommes pour travailler comme prostitués dans son bar. Il aurait gagné au cours des huit derniers mois la somme de 12 000 US$. C’est sans crainte qu’il publiait dans le journal local des petites annonces : « male public relation staff » en langage crypté chinois est, paraît-il, très explicite. Pour un jeune Chinois, la prostitution – qui se fait souvent à l’encontre de ses réels penchants sexuels – est une possibilité de gagner environ 25 US$ par jour. Dans le cas présent, une large part était prise par le souteneur. Dans une société où les gays vivent dans la clandestinité, beaucoup, comme Li Ning, sont mariés et la demande pour des prostitués (discrets) est très forte.