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Malawi, Ouganda, Sénégal, etc. : les droits LGBT mis à mal en Afrique
par  la rédaction, le jeudi 31 décembre 2009, vu 197 fois
Tags : - Afrique - Homophobie - Législation

L’actualité de ces derniers mois illustre la répression croissante de l’homosexualité en Afrique et le constat est accablant. Le Burundi, l’Ouganda, le Malawi, le Rwanda ou encore le Sénégal resserrent actuellement l’étau autour des gays. “En Afrique, rien ne va plus pour les personnes LGBT, agissons !” s’indigne le Centre LGBT Paris IDF dans un communiqué.

Le malaise est là et la tendance n’est pas à l’assouplissement. Hier encore, mardi 29 décembre, un couple homosexuel a été arrêté au Malawi et inculpé “d’attentat à la pudeur” pour avoir organisé une cérémonie symbolique de mariage samedi dernier. Tiwonge Chimbalanga et Steven Monjeza ont été les premiers homosexuels de ce petit pays conservateur d’Afrique australe à célébrer symboliquement leur union en public, lors d’une cérémonie traditionnelle.

Au Malawi, l’homosexualité est illégale et la sodomie est passible d’une peine de 14 ans de prison, rappelle une dépêche AFP.

  • PÉNALISER ET CRIMINALISER L’HOMOSEXUALITÉ : UNE TENDANCE CROISSANTE

Les autres exemples de répression et de pénalisation des relations entre personnes de même sexe ne manquent malheureusement pas ces temps-ci en Afrique.

Le 24 décembre dernier, au Sénégal, 24 homosexuels présumés (sénégalais et français) ont été arrêtés par la police, alors qu’ils célébraient ensemble le réveillon de noël dans une villa d’une station balnéaire. Leur garde à vue a depuis été levée mais l’enquête continue et ils pourraient faire l’objet de poursuite.

Le gouvernement rwandais révise actuellement son code pénal et finalise l’article 217 visant à pénaliser fortement la conduite homosexuelle et à interdire toute initiative de protection des droits LGBT. Plus tôt cette année, le parlement rwandais avait déjà adopté l’article 191 qui dispose que “toute personne qui encourage ou sensibilise des personnes de même sexe à avoir des relations sexuelles ou n’importe quelle pratiques sexuelles, serait passible d’une peine de prison allant de cinq à dix ans et une amende de 50000 à 500000 francs CFA”, souligne le site sud africain Behind the mask.

En avril dernier, le Burundi a criminalisé pour la première fois de son histoire l’homosexualité. Le président a secrètement promulgué une loi, malgré le rejet de celle-ci par le sénat, qui prévoit des peines allant jusqu’à deux ans de prisons et des amendes de 100000 francs CFA.

L’Ouganda, plus sévère encore, atteint les sommets du non-respect des droits humains en invoquant la peine capitale. Le 13 octobre dernier, une proposition de loi a été déposée au Parlement de Kampala, sous le nom de “Anti-homosexuality Bill 2009″. Elle prévoit des peines d’emprisonnement à vie pour les homosexuels et des peines de mort pour les homos séropositifs, accusés alors d’homosexualité aggravée. La proposition, qui pourrait être modifiée, sous la pression internationale qui demande le retrait des dispositions les plus extrêmes, devrait être votée en janvier 2010.

  • UNE RELATIVE INDIFFÉRENCE INTERNATIONALE

Les cas de ces pays reflètent l’ambivalence de la majorité des pays africains, où les communautés homosexuelles tentent de plus en plus de s’organiser mais se heurtent à des tabous persistants. Sur le continent, où la pratique a longtemps été perçue comme importée de l’Occident, 38 des 53 États ont des lois pénalisant l’homosexualité et seule l’Afrique du Sud a légalisé les unions civiles entre personnes du même sexe.

Christine Le Doaré, présidente du Centre LGBT Paris-IDF, dénonce dans son communiqué de presse la relative indifférence internationale face à cette situation africaine et face aux violences, aux discriminations et à la clandestinité à laquelle sont réduits les gays, lesbiennes et trans’ dans ces pays.

“La situation des personnes LGBT en Afrique, devient particulièrement alarmante. (….) La Déclaration conjointe de dépénalisation mondiale de l’homosexualité portée par la France devant l’ONU fin 2008 et signée par 66 des 192 pays membres de l’Assemblée ne doit pas rester lettre morte et les Principes de Jogjakarta doivent être adoptés et respectés dans le monde entier”, conclut-elle.

Source : Audrey Banegas pour Yagg.com