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Société
La lutte contre l’homophobie se fait une place à l’école Trois ados « cassent du pédé » dans l’indifférence
Nouvelles de France
Entretien exclusif avec Grégory Logean
par  la rédaction, le lundi 22 novembre 2010, vu 791 fois

"Nous on prie pour les homosexuels, on ne les pend pas !"

Grégory Logean est coprésident des jeunes UDC du Valais romand, membre du Comité exécutif de l’UDCVR, président de l’UDC du district d’Hérens et conseiller municipal à Hérémence. Âgé de 23 ans, il travaille dans une PME 70% de son temps et étudie en Economie d’entreprise les 30% restant. Il doit sa notoriété à un communiqué relatif à la Journée mondiale contre l’homophobie de 2009 (que la Télévision suisse romande avait, dans un lapsus révélateur, qualifié de "Journée mondiale en faveur de l’homosexualité") dans lequel il dénonçait la banalisation d’un "comportement déviant qui s’inscrit contre la famille et l’équilibre psychique et moral de la jeunesse". Et réaffirmait son attachement "au droit naturel et chrétien". Pour justifier son communiqué, Grégory Logean n’hésitait pas à citer le Nouveau catéchisme de l’Eglise catholique ("S’appuyant sur la Sainte Ecriture, qui les présente comme des dépravations graves, la Tradition a toujours déclaré que « les actes d’homosexualité sont intrinsèquement désordonnés. Ils sont contraires à la loi naturelle.") et prévenait "[qu’il ne changerait] donc pas une virgule de [son] texte pour les beaux yeux de personnes qui voient de l’homophobie partout." 42 plaintes pénales individuelles feront suite aux déclarations du jeune élu conservateur, bien décidé à s’exprimer librement sur ce sujet. La création d’une section "gay" à l’UDC ? "Une tumeur" qu’il faut soigner par "chimiothérapie", déclare-t-il encore au micro de Rhône FM, le 31 mai 2010.

Finalement, ni le juge d’instruction du Valais central, ni le tribunal cantonal du Valais ni le Tribunal fédéral ne retiendront les plaintes déposées contre lui. Les recourants doivent donc maintenant supporter les frais de justice de la procédure, fixés à 4 000 francs suisses. Ils pourraient saisir la Cour européenne des droits de l’homme, à Strasbourg...

C’est un Grégory Logean très en forme qui a accepté de répondre à nos questions.


  • Nouvelles de France : le 1er novembre, la cour de droit pénal suisse a rejeté les plaintes formulées contre vous. Soulagé ?

Grégory Logean : on est toujours soulagé quand on obtient gain de cause devant la justice même si j’étais confiant : le droit suisse ne va pas aussi loin que ce que souhaiterait le lobby homosexuel ou votre droit français. Il ne faut pas sous-estimer l’influence, l’importance des lobbies homosexuels mais le tribunal a reconnu que je ne m’en étais pas pris aux individus, que je respecte. Pour la protection des personnes, on a en Suisse un code pénal largement suffisant.

Des nouvelles du front ?

De plus en plus, on assiste en Suisse à la promotion du comportement homosexuel, à une sorte de prosélytisme. Là, ça nous rassure de voir qu’aujourd’hui, on peut s’exprimer sur cette question. Mais du coup, les militants homosexuels réclament déjà des dispositions pénales nouvelles, ils vont tenter de les faire passer au Parlement suisse. Temporairement, on pourra lutter. Mais c’est souvent une question de temps, ils sont très habiles. Pour faire passer le PaCS en juin 2005, ils ne réclamaient pas l’adoption. Ce qu’ils font maintenant. Ces gens-là ont la presse avec eux. Je ne nie pas qu’ils puissent être discriminés mais les premières victimes des discriminations sont les Suisses qui ont des idées conservatrices...

Bon, je ne me plains pas, on a la chance en Suisse d’avoir une population assez conservatrice, notament dans le Valais où le PaCS a encore été rejeté en 2009 et où la population a encore les pieds sur terre. Mais c’est comme l’eau sur la roche, il y a une érosion et de moins en moins d’hommes politique n’osent prendre position sur ces sujets. La faute aux campagnes de dénigrement qui s’en suivent immanquablement. Et ça, c’est inquiétant. Alors j’espère que ce jugement va encourager certains hommes politiques à prendre davantage la défense de la famille.

Est-ce que cela n’étonne pas vos adversaires politiques de voir un si jeune élu afficher un conservatisme aussi décomplexé ?

C’est vrai que ça les embête et met à mal la théorie du vieux conservateur rétrograde. Surtout que ma position est largement partagée par une bonne frange de la population. Je le constate en tant que conseiller municipal de Hérémence. Je peux vous dire que ça rassure l’ancienne génération de voir qu’il y a de la relève, des personnes âgées se réjouissent de constater qu’elles ne sont pas les seules à penser cela. C’est une question de bon sens, vous savez !

Est-ce que finalement, la plus grande victoire des associations homosexuelles n’est pas d’avoir réussi à donner mauvaise conscience à certains défenseurs de la famille ?

En effet, maintenant, les gens commencent toujours par "ça existe", "ils ont le droit de vivre" avant d’expliquer qu’ils sont contre les revendications homosexuelles. Nous ne disons pas le contraire ! Mais cela ne doit pas nous empêcher de défendre une vision traditionnelle de la société qui fait notre force et notre fierté. Je repense à cette campagne de publicité où on voyait deux hommes s’embrasser sur la bouche et dont le slogan était "Choquant ? Pour les homophobes". Or on peut tout à fait être choqué par cette photo et ne pas être homophobe. Ils en arrivent à culpabiliser les gens !

Il y a quelques mois, les médias ont annoncé la création d’un club "gay" à l’UDC...

Oui, un groupuscule a créé une section gay qui n’a aucun poids mais cela n’a pas empêché la presse de la mettre en avant. J’ai donné mon point de vue sur cette section avant d’avoir droit à une campagne de presse hostile... Je rappelle que ce groupuscule n’est pas reconnu par l’UDC et qu’ils n’ont normalement pas le droit d’utiliser notre logo. Mais à cause de la pression des médias, notre direction n’ose pas le leur rappeler... Ces individus ne sont pas UDC : ils nous traitent de nazis, c’est juste de l’entrisme. Comme il n’y a plus qu’à l’UDC qu’on s’oppose clairement à leurs revendications, ils s’y engagent pour changer les mentalités au sein du parti, comme ils disent. Au début, ça gueule et puis on s’y habitue... C’est gros comme une montagne.

Vous n’avez pas eu d’ennuis avec votre parti ?

L’UDC tolère encore qu’on s’exprime même si certaines sections cantonnales ont pris peur. Je pense à la section de Vaud qui m’a demandé ainsi qu’au groupuscule homosexuel de nous taire. Du coté de l’UDC Valais roman et d’Oskar Freysinger, le soutien a été total. Mais ce que je regrette, c’est la faiblesse, l’absence de réaction, le manque de mordant des milieux conservateurs, du lobby catholique. Pourtant, Dieu sait s’ils sont nombreux dans le Valais ! Alors qu’en face, le milieu homosexuel se déchaînait en envoyant des fax, des e-mails et mettait la pression sur l’UDC... On ne se rend pas compte comme cela peut jouer pour la suite, surtout vis-à-vis des état-majors qui veulent faire de l’électorat. Moi je sais pourquoi je me bats et d’ailleurs, la charte des Jeunes de l’UDC Valais romanmentionne "le droit naturel et chrétien". Les conservateurs doivent soutenir leurs élus lorsqu’ils prennent des positions courageuses. Il faut recréer un militantisme perdu, écrire aux partis, au courrier des lecteurs des quotidiens... Bien qu’une partie de l’électorat du PDC ait rejoint l’UDC, ils ont été anesthésiés.

Vos opposants sont-ils restés corrects avec vous ?

Non, ils m’ont accusé d’être un homosexuel refoulé, m’ont invité à aller consulter un psychiatre... Entre autres !

Vous n’avez pas été tenté de laisser tomber ?

A l’UDC, on a un rôle de réveil des consciences, chacun à son niveau. Même si la presse nous descend, les gens réalisent que sur le sujet de l’homosexualité, les associations vont trop loin. Le signal orange s’allume et les gens viennent nous féliciter discrètement. Et puis, si nous à l’UDC, on ne le fait pas, qui le fera ? On joue notre rôle et ce sont nos convictions.

Qu’avez-vous pensé du traitement médiatique des récents massacres de chrétiens à Bagdad ?

58 chrétiens tués font les titres pendant une journée mais quand certains menacent de brûler le Coran, la Terre s’arrête de tourner...

Malgré un message fort envoyé par les Suisses lors de l’approbation de votre initiative anti-minarets, votre pays continue-t-il à s’islamiser ?

Il y a 400 000 musulmans aujourd’hui en Suisse. On n’en est pas encore au niveau de la France mais on sent que l’islam, comme d’ailleurs le lobby homosexuel, réclame des droits spéciaux. Il y a même des Suisses qui militent pour que les autorités reconnaissent une partie de la charia. Je pense à ce musulman de Bâle qui disait qu’il était normal de battre sa femme si elle refusait les relations sexuelles... Le grand problème de l’Occident, c’est qu’on est en train de se vider de notre substance, de notre raison d’être. La force de l’expression de l’islam n’est autre que la faiblesse dans notre manière d’affirmer nos origines et nos racines. Nous, on prie pour les homosexuels, on ne les pend pas. Avec certains, c’est presque les hommes à la maison pour finir. Et je peux vous dire qu’ils ne seront pas les premiers bénéficiaires de l’islam. Leur attirance pour l’islam est une attirance de raison : ils luttent contre des fondements qui les dérangent, contre un ennemi commun. Ils auront un jour des surprises...

Des projets ?

Pourquoi pas une conférence sur le lobby homosexuel à Paris ? Si une association souhaite m’inviter à m’exprimer sur ce sujet, je viendrai avec plaisir. Car la balance ne nous est actuellement pas favorable. Alors si on peut créer des petits événements pour réveiller les réseaux catholiques ou conservateurs et prendre les médias à leur propre jeux, je suis partant même si je sais que ceux-ci ne diffuseront qu’une petite partie de mon message...

Propos recueillis par Eric Martin

_ Source : Nouvelles de France