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OFSP - Spectra
Programmes nationaux de prévention
par  la rédaction, le lundi 10 janvier 2011, vu 124 fois

Programme national VIH et autres infections sexuellement transmissibles 2011–2017 (PNVI).

Le nouveau PNVI poursuit le travail fourni jusqu’ici en se fondant sur les récentes connaissances : pour la première fois, le programme intègre, en plus du VIH, d’autres infections sexuellement transmissibles (IST). Le PNVI met l’accent sur les groupes particulièrement à risque ainsi que sur les personnes déjà infectées et leurs partenaires. L’objectif principal est de faire baisser de manière significative le nombre de nouvelles infections par le VIH et d’autres IST et d’éviter les séquelles.

L’intégration des IST dans la stratégie tient à plusieurs raisons. D’abord, le nombre de nouvelles infections est en hausse, certains agents pathogènes étant même plus répandus en Suisse qu’en moyenne dans les pays d’Europe occidentale. Ensuite, les IST jouent un rôle moteur dans la propagation du VIH : une IST peut accroître l’infectiosité de personnes séropositives et nuire à l’efficacité de la thérapie contre le VIH. Enfin, la prévention des IST peut être facilement intégrée dans les structures actuelles de la prévention du VIH, les messages sont majoritairement les mêmes.

Les règles déjà connues du safer sex restent valables :

  1. Pénétration toujours avec un préservatif (ou Femidon).
  2. Éviter le contact de la bouche avec du sperme et du sang menstruel, ne pas avaler. L’intégration des IST a conduit à compléter ces deux règles par une troisième :
  3. En cas de démangeaisons, d’écoulements ou de douleurs dans la région génitale, consulter immédiatement un médecin.
  • Davantage de moyens de prévention pour les groupes à risque

La mise en œuvre de la présente stratégie coûtera 9 millions de francs par an à la Confédération, soit autant que le programme précédent. Ces ressources doivent toutefois être utilisées un peu différemment que dans le dernier programme, notamment en faveur des groupes-cibles particulièrement concernés par le VIH et les IST. L’accent sera mis sur les hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes (HSH), sur les migrant-e-s originaires de pays à haute prévalence, sur les consommatrices et consommateurs de drogue par injection, sur les professionnel-le-s du sexe et sur les personnes incarcérées. Cette concentration des mesures tient compte de la recommandation d’expert-e-s internationaux qui préconisent d’intensifier les efforts là où le VIH et les autres IST sont fréquents. Mais d’autres critères doivent aussi être pris en compte comme le fait que plus de 98% des HSH et plus de 80% des hétérosexuels contractent leur infection en milieu urbain. Pour la population générale, l’offre de base demeure. Il est ainsi prévu d’adapter et de poursuivre la campagne « LOVE LIFE STOP SIDA ».

  • Information du partenaire : une évidence

Les personnes touchées par le VIH ou une autre IST ainsi que leurs partenaires constituent un autre groupe-cible important. Dès le diagnostic posé, les personnes infectées bénéficieront d’un soutien du corps médical et d’une évaluation régulière de l’évolution de leur infection. Ces contrôles permettent au médecin d’identifier le bon moment pour commencer le traitement. Les contacts réguliers avec le système médical sont également importants pour la prévention : les personnes concernées sont sensibilisées à ne pas transmettre le virus. Si possible, elles sont conseillées en même temps que leurs partenaires. Un objectif majeur des prochaines années est d’opérer un changement de culture pour qu’il aille de soi d’informer spontanément ses partenaires. Les personnes infectées seront encouragées à informer leurs partenaires stables ou occasionnels du résultat positif d’un test VIH/IST. Les partenaires ont ainsi la possibilité de se faire conseiller, tester et éventuellement traiter rapidement. L’information spontanée des partenaires

Stratégie globale pour le VIH et autres infections sexuellement transmissibles est un élément important de la prévention pour briser la chaîne de contamination. Il faut veiller à ne pas abandonner à leur sort les personnes touchées mais à les soutenir au sein des systèmes de conseil et de soins. Pour ce faire, de nouveaux concepts et moyens de communications seront expérimentés et utilisés.

  • Trois axes d‘intervention pour lutter contre le VIH et les IST

Pour la première fois, un modèle fondé sur trois axes d’intervention sera utilisé pour structurer et appliquer des objectifs et des mesures. Cette approche s’articule autour de réflexions sur la prévalence des infections et la vulnérabilité des groupes-cibles. L’axe d’intervention 1 concernant l’ensemble de la population vivant en Suisse, présente les bases du travail de prévention. L’axe 2 s’adresse aux personnes qui adoptent un comportement à risque dans un environnement à forte prévalence. L’axe 3 s’adresse aux personnes infectées par le VIH ou une IST et à leurs partenaires.

  • La stratégie d’apprentissage demeure valable

Le PNVI s’inscrit dans la ligne des programmes précédents et se fonde sur la stratégie d’apprentissage : la prévention du VIH et des IST est réalisée en coopération avec les personnes concernées. La prévention, notamment dans un domaine aussi sensible que la santé sexuelle, ne peut réussir que s’il existe un rapport de confiance entre l’État, les fournisseurs de prestations et les personnes/groupes concernés ou menacés. L’application de mesures de politique d’épidémie mettrait cette confiance en péril et pourrait inciter les séropositifs à dissimuler leur infection ou à éviter les tests nécessaires.

  • Stratégie bénéficiant d’un large soutien

La loi sur les épidémies stipule l’obligation pour la Confédération d’édicter des directives pour lutter contre les maladies transmissibles ou ayant des conséquences graves pour la santé. Le PNVI constitue désormais une stratégie de liaison. Tous les acteurs importants ont été impliqués dans son élaboration : la Confédération, les cantons, les communes, les organisations non gouvernementales et de personnes concernées. Les différents acteurs décident désormais de l’application concrète dans leur secteur et de la manière d’utiliser les moyens existants. La mission de l’État est de coordonner les mesures.


« Le programme est dûment à l’écoute de
toutes les personnes concernées
 »

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5 questions au professeur Bernard Hirschel. Bernard Hirschel dirige depuis 1988 l’unité VIH/sida des Hôpitaux universitaires de Genève. Il est l’auteur de plus de 200 publications scientifiques, principalement sur les questions de déficience immunitaire et de thérapie antirétrovirale.

Quel est l’impact du nouveau Programme national VIH et autres infections sexuellement transmissibles (NPVI) sur votre travail ?

Le programme constitue le cadre de notre travail. Il fixe les lignes directrices de notre activité en matière de prévention du sida et d’autres infections sexuellement transmissibles.

Quels sont, à votre avis, les atouts du PNVI ?

Je pense que le programme peut contribuer à instaurer l’écoute qui est due à toutes les personnes concernées. Par ailleurs, l’intégration d’experts internationaux permettra d’avoir un regard extérieur précieux sur le travail de prévention suisse.

Quels sont, à votre avis, les faiblesses ou les déficits du PNVI ?

Il n’y a rien de vraiment innovant. De plus, je trouve que l’on accorde trop d’importance au politiquement correct, par exemple dans la formulation « travailleuses et travailleurs du sexe ».

Quel rôle l’Office fédéral de la santé publique devrait-il assumer, à votre avis, dans la prévention VIH/IST ?

Il est la référence pour les informations d’ordre épidémiologique. De plus, il défend le point de vue de l’intérêt public (« public health ») dans la prévention et le traitement des IST et coordonne les activités, pour autant que cela soit possible en Suisse.

Quels sont, à votre avis, les futurs défis du PNVI ?

J’en citerai deux : préserver l’équilibre en termes de moyens et de visibilité entre le VIH et d’autres IST ; et sur la question de la prévention sans répression où l’OFSP aura la lourde tâche de réussir un exercice de haute voltige entre les rôles de rabat-joie et de laxiste.

Source : Spectra - OFSP