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Société
Gays au travail Il fallait oser ! L’UDF l’a fait.
Olivier Fleury fait un amalgame inacceptable entre homosexualité, zoophilie, pédophilie et toxicomanie
par  la rédaction, le vendredi 17 février 2012, vu 1104 fois

L’association Dialogai s’insurge contre les propos outranciers d’Olivier Fleury dans le mensuel Impulsion de janvier 2012 et dans le journal Le Matin du 15 février 2012 qui assimilent l’homosexualité à la zoophilie, la pédophilie et la toxicomanie.

Dans une tribune parue dans la publication nationale de l’Union Démocratique Fédérale (UDF), le directeur du mouvement chrétien « Jeunesse en Mission » pour la Suisse Romande s’insurge contre le fait que l’on puisse enseigner à ses enfants que l’anus est une zone érogène dans les cours d’éducation sexuelle assurés par la Fondation Profa.

Et pourtant, M. Fleury, l’anus est bien une zone érogène. C’est aussi, et surtout, une porte d’entrée majeure pour le virus du sida. Présenter les rapports anaux sous un jour positif ne fera pas de vos enfants des homosexuels, M. Fleury, car, d’une part, la pénétration anale n’est pas l’apanage des homosexuels et, d’autre part, l’homosexualité ne s’enseigne pas. Cela pourrait contribuer toutefois, en levant le tabou, à réduire les infections au VIH et aux autres infections sexuellement transmissibles dans notre pays.

Alors que les jeunes homosexuels sont trop souvent isolés et discriminés, souffrent deux fois plus de dépression et ont de cinq à sept fois plus de risque de commettre une tentative de suicide (chiffres Enquêtes Santé gaie), présenter l’homosexualité comme positive, aide également les jeunes concernés à ne pas sombrer dans la détestation de soi et sensibilise leur entourage. Nous nous réjouissons que l’école offre cette possibilité.

En tant que spécialistes de la santé gaie et de la lutte contre le VIH/sida depuis 30 ans, nous apportons donc tout notre soutien à la Fondation Profa et à ses équipes qui sont régulièrement en butte à des attaques injustifiées, notamment de la part des mouvances fondamentalistes, quand elles tentent d’apporter aux jeunes les notions de prévention nécessaires.

  • Amalgame entre homosexualité, zoophilie, pédophilie et toxicomanie

Interrogé par le journal Le Matin suite à cette tribune, M. Fleury enfonce le clou dans son accusation de prosélytisme à l’école en osant comparer homosexualité et toxicomanie. Non, M. Fleury, l’homosexualité n’est pas une drogue et les intervenants en santé sexuelle ne sont pas des dealers qui en veulent à vos enfants. Les limites de l’acceptable sont franchies quand M. Fleury, emporté dans sa fougue, fait ensuite l’amalgame entre homosexualité, zoophilie et pédophilie.

Notre association en peut tolérer de tels amalgames, malheureusement trop courants, particulièrement quand ils sont véhiculés par des partis politiques. Nous ne pouvons admettre que de tels propos aient été cautionnés par Maximilien Bernhard, porte-parole de l’UDF et membre du comité éditorial d’« Impulsion » dans le même article du Matin. Nous regrettons une nouvelle fois que de tels dérapages ne puissent être poursuivis en Suisse, faute de loi condamnant les propos homophobes, et demandons aux plus hautes instances de l’UDF de condamner les prises de position de MM. Fleury et Bernhard.

Source : Guillaume Mandicourt pour Dialogai.


Les oublis de l’éducation sexuelle

Il est midi, mes deux enfants arrivent bruyamment de l’école. Mon aîné, de 14 ans, nous dit avec sa voix qui vient juste de muer et un sourire jusqu’aux oreilles :

  • Ce matin, on a parlé sexe à l’école, c’était trop drôle ! Effectivement, quelques jours auparavant, nous avions reçu une circulaire, écrite avec beaucoup de diplomatie, expliquant que les enfants de cet âge devaient impérativement recevoir une information sur le sida à l’école, journée du sida oblige.
  • Alors dis-moi, qu’as-tu appris ? A moitié gêné et à moitié hilare, mon fils me répond :
  • Comment mettre une capote sur un pénis en sagex !
  • Et, y a-t-il quelque chose qui t’a frappé ?
  • Oui, j’ai appris que les zones les plus sensibles chez le garçon sont le pénis et l’anus !

Il y a comme une grosse colère qui gronde dans mon for intérieur. A votre avis, pourquoi explique-t-on aux jeunes garçons et fi lles de 13 et 14 ans comment mettre un préservatif ? Les jeunes risquent de se dires : maintenant  : « Je sais comment “faire l’amour” puisque je sais mettre une capote sur mon “biiip” ! »

Est-ce que cela vous choque qu’on leur explique que les zones érogènes du garçon sont le pénis (ça, tout le monde le savait) et l’anus ? Qu’on leur dise que l’anus est une zone érogène, que cela soit vrai ou pas, me fâche. Les jeunes sont en quête de vérité, de repères, mais également de découverte et d’aventure. Si on leur dit que l’anus est une zone de plaisir, ne pensez-vous pas qu’ils vont essayer ? Je n’en serais pas surpris.

Certaines choses doivent être enseignées à l’école, d’autres à la maison. La sexualité relève de la sphère privée. En famille, nous n’avons pas attendu qu’ils aient des cours d’éducation sexuelle pour en parler. A chaque âge sa nouvelle révélation sur ce sujet si « sensible ».

En tant que citoyen, je ne peux pas accepter passivement les décisions du monde politique et du corps enseignant, qui pensent que l’Etat doit intervenir dans tous les domaines.

Ces derniers revendiquent haut et fort la séparation de l’Etat et de l’Eglise. Pour ma part, j’aimerais crier haut et fort la séparation de l’Etat et de l’éducation sexuelle.

Ne serait-il pas possible, avec le nombre de gens remplis de bon sens, de dire stop à cette politique « intrusive » de l’éducation sexuelle parmi les jeunes enfants et adolescents  ? En lançant par exemple un référendum ou une initiative pour que la Suisse puisse remettre « l’église au milieu du village » et la sexualité dans le cadre familial ?

Quand l’école nous a écrit pour nous informer qu’il y aurait une éducation sexuelle, c’était comme si elle essayait de nous faire « avaler la pilule ». Avait-elle besoin de se justifi er ? Lors du cours, il n’a pas été question de respect du corps humain et d’autrui, il n’a pas été dit que « faire l’amour » devrait être vécu dans un cadre d’amour, dans un engagement à long terme. N’est ce pas cela ce qui nous distingue des animaux ?

Olivier Fleury,
directeur de Jeunesse en Mission Suisse romande

Source : Impulsion de janvier 2012


« L’école n’a pas à parler de la sensibilité de l’anus »

Le journal du parti chrétien UDF a publié une tribune hyper-virulente d’un papa contre « l’intrusion » de l’école dans la sexualité des enfants.

« Qu’on dise [aux enfants] que l’anus est une zone érogène, que cela soit vrai ou pas, me fâche ». Papa de deux garçons de 14 et 12 ans, le directeur du mouvement chrétien « Jeunesse en Mission » pour la Suisse Romande, Olivier Fleury, n’y va pas par quatre chemins pour exprimer son refus de l’éducation sexuelle moderne, telle que dispensée à l’école. En novembre dernier, ce papa a vu son aîné revenir tout sourire d’une leçon consacrée à la prévention du sida, et lui expliquer en rigolant qu’outre les recommandations sur le bon usage du préservatif, il avait aussi appris en classe que l’anus figurait, aux côté du pénis, au panthéon des zones les plus sensibles chez les garçons.

« Si on leur dit que l’anus est une zone de plaisir, ne pensez vous pas qu’ils vont essayer (sic) ? », demande ce chrétien engagé dans « Impulsion », le journal de l’UDF. Contacté, il ne craint pas d’affirmer qu’un tel enseignement peut conduire un ado à découvrir l’homosexualité, ou du moins à s’adonner à des pratiques sexuelles anales « par exemple avec un stylo ». « Si mon fils n’est pas toxicomane et qu’on lui dit « l’ecstasy c’est très bien », à l’école, il risque aussi d’expérimenter ». Et le Vaudois d’affirmer encore qu’il serait très fâché d’entendre l’école dire à son gosse qu’il peut « tout essayer : l’homosexualité, la zoophilie, la pédophilie… » Il exige de pouvoir assister à la prochaine leçon du même style que suivra son fils de 12 ans, d’ici un ou deux ans.

  • Une vaste offensive des conservateurs

Du côté de la Fondation Profa, responsable des cours d’éducation sexuelle dans les écoles du canton de Vaud, on n’est pas surpris par la teneur des propos d’Olivier Fleury. Ils s’inscriraient dans une vaste offensive menée depuis quelques mois par la droite chrétienne, pétition à l’appui, contre la « sexualisation » de l’école. Martine Desplands, cheffe du service d’éducation sexuelle, rappelle toutefois que les enfants peuvent être dispensés de telles leçons, si elles choquent pareillement leurs parents. Selon elle, les réactions outrées d’adultes sont souvent le fait de chrétiens évangéliques, beaucoup plus rarement de musulmans.

Maximilien Bernhard, député UDF et membre du comité éditorial de l’édition d’« Impulsion » dans lequel sont parus les propos d’Olivier Fleury, admet pour sa part que la charge de son coreligionnaire est rude. Il reconnait aussi s’inquiéter de la « banalisation de l’acte sexuel dans les cours d’éducation sexuelle ». Il se réjouit du fait que le texte d’Olivier Fleury, par sa virulence, « crée le débat ».

Source : Le Matin du 15 février 2012